Genève est sur la bonne trajectoire

SupercrossL’intensité des affrontements n’a jamais été aussi élevée. Le virage amorcé il y a douze mois s’est poursuivi cette année.

Avec un plateau très équilibré, chaque course a donné lieu à de belles bagarres.

Avec un plateau très équilibré, chaque course a donné lieu à de belles bagarres. Image: Keystone

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L’espace d’un week-end, Palexpo est devenu une enclave nord-américaine. Un État de plus sur la bannière étoilée, dont le nom s’écrit en lettres de feu, que l’on apprête à toutes les sauces, selon tous les goûts. Sono, laser, pom-pom girls, acrobates volants, cris, coups de gaz intempestifs et même, désormais, (trop) courts moments de silence pour apprécier autre chose, le souffle d’une moto électrique domptée par un Suisse plus connu aux États-Unis que chez nous, mais fidèle parmi les fidèles de ce rendez-vous de début décembre, où il était né, il y a longtemps déjà, à la gloire, «Mat» Rebeaud.

La volonté délibérée de proposer un plateau de pilotes le plus compact possible est une réussite totale. Même Justin Brayton, couronné pour la cinquième fois «King of Geneva» (le meilleur sur l’ensemble des deux soirées), n’a pas manqué de le souligner: «Chaque course était d’une densité folle, beaucoup plus que lorsque avec Marvin Musquin – absent cette année, le Français en est depuis l’an dernier à quatre sacres! – nous dominions peut-être un peu trop. Ce week-end, on a vu de nouveaux gars mener et remporter des manches, tout cela est très bien pour l’avenir de notre discipline.» Et pour la fierté de l’Amérique, bien sûr.

Preuve parfaite mais cruelle de cette intensité: le nombre de chutes survenues dans les tours décisifs, aussi bien vendredi que samedi. Des faits de course – personne n’a été blessé – qui n’ont pas épargné les plus grands, l’impressionnant de vélocité Zach Osborne samedi soir, Justin Barcia (vainqueur du deuxième jour) et Malcolm Stewart (le grand poissard du millésime) vendredi. Ces Messieurs ne se sont pas fait le moindre des cadeaux.

À l’intox…

Pour le seul plaisir des spectateurs? Pour quelques dollars de plus? Bien sûr qu’ils adorent à la fois soigner leur image et garnir leur compte en banque, mais il ne faut pas oublier un autre élément clef du succès de l’épreuve genevoise, de la fascination qu’elle provoque parmi les meilleurs spécialistes d’outre-Atlantique: «Pour les Américains, c’est une ultime occasion de se tester en compétition avant le début de leur championnat national, le premier week-end de janvier, à Anaheim. Alors, quand on imagine la part que prend le mental dans la performance, on comprendra qu’ils sont tous très intéressés à marquer leur territoire et à montrer à ceux qu’ils vont bientôt retrouver sur le chemin de la gloire qu’ils sont prêts», explique un spécialiste de la scène US.

Pour preuve, la petite altercation survenue entre le bouillant Justin Barcia et le prometteur Christian Craig lors de leur affrontement dans la «Duel Cup», un nouvel élément ajouté au programme du Supercross de Genève, qui se joue sur un tour et dont le premier freinage est toujours très, très chaud.

Le 33e Supercross international de Genève a donc vécu. Vive le 34e! Le «roi» Justin Brayton a déjà fait comprendre qu’il méritait de figurer au centre de la future affiche et le «prince» (vainqueur de la classe SX2) Cameron McAdoo, révélation du millésime, a pris goût aux folies genevoises. Sauce yankee, bien sûr…

Créé: 02.12.2018, 18h07

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Tim Jaunin perpétue la légende

Être «le» représentant genevois à Palexpo, perpétuer la légende née avec Serge David et Charly Tonus, prolongée par Marc Ristori et Julien Bill, puis par Arnaud Tonus: une sacrée gageure. Cette année, ce rôle a été dévolu à Tim Jaunin, qui a remporté les deux soirs le repêchage: «Gagner, c’est toujours sympa, même si ce ne furent pas les courses les plus prestigieuses du week-end», glisse-t-il. «Ce sont des moments importants, parce qu’il y a ce public, cette ambiance, mais c’est aussi positif parce que cela vous place dans de bonnes dispositions pour la finale.»

Douzième de la classe SX2 vendredi, 14e samedi, le Genevois a eu tout loisir de mesurer l’importance de l’entraînement spécifique au supercross. Alors que ses adversaires du SX Tour en étaient déjà à cinq week-ends de compétition – «Ils ont tous entre dix et quinze SX dans les pattes quand ils débarquent à Genève», Tim ne prenait que son deuxième départ dans la discipline cette année: «Et encore, c’était à Milan, dans ce qui était plus un motocross typé SX. Jusqu’en 2016, le SX Tour comprenait deux phases; après les épreuves en extérieur, les dix premiers du classement intermédiaire étaient qualifiés pour le indoor; le plateau était complété par quatre pilotes au bénéfice de wild cards. J’en avais alors profité. Désormais, il n’y a plus qu’un seul championnat et le promoteur privilégie logiquement ceux qui participent à toutes les courses. Or, il y a plusieurs collisions de dates avec le championnat de Suisse qui, pour nos partenaires, reste important.» J.-C.S.

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