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OmnisportsL'industrie britannique des paris va casquer

La crise liée au coronavirus met à mal une institution outre-Manche. Les faillites pourraient être nombreuses.

Comme les autres entreprises de paris, Paddy Power risque de payer un lourd tribut à la crise du coronavirus.
Comme les autres entreprises de paris, Paddy Power risque de payer un lourd tribut à la crise du coronavirus.
AFP

Avec la suspension des compétitions sportives en raison du coronavirus, l'industrie britannique des paris est durement frappée au portefeuille. Et ce manque à gagner risque d'être répercuté sur les clubs, en raison de la présence grandissante et controversée des bookmakers comme sponsors.

Depuis le «Gambling Act», la loi entrée en vigueur en 2007 pour libéraliser l'industrie du jeu en Grande-Bretagne, le secteur a connu une croissance constante, aujourd'hui menacée: car sans football ni sport en direct, c'est une partie très lucrative de ce secteur d'activité qui s'écroule. En 2018, le produit brut des jeux (PBJ) - sommes misées par les joueurs moins ce qui est reversé en gains - a atteint 16,3 milliards d'euros, contre 9,5 en 2011.

Au milieu d'activités variées - casinos en ligne, loterie nationale, jeux à gratter, casinos «réels» et bingos -, les paris, sportifs ou non, font figure de vache à lait avec 5,9 milliards d'euros de PBJ l'an dernier, dont 1,7 milliard sur le football.

«Beaucoup vont faire faillite»

L'impact de la suspension des matches de foot, mais aussi de rugby, de cricket, sans oublier les courses de chevaux, autre bastion traditionnel des paris, a été violent et immédiat.

Les avertissements sur résultats se sont succédé chez les principaux acteurs du secteur. William Hill, dont 53% du chiffre d'affaires vient des paris sportifs, a annulé le versement de son dividende et estimé à 120 millions d'euros l'impact possible de la crise sanitaire sur ses bénéfices.

«Flutter Entertainement's», maison-mère de «Betfair» ou «Paddy Power», est encore plus exposé avec 78% de ses revenus issus de paris sportifs. L'annulation du Grand National, la célèbre course de steeple-chase qui se déroule près de Liverpool début avril, amputera de quelque 110 millions d'euros le chiffre d'affaires des bookmakers, selon Barry Orr, porte-parole de «Betfair».

«Jamais, hormis en temps de guerre, il n'y a eu de telles turbulences», a assuré William Woodhams, président du bookmaker «Fitzdares». «C'est un tournant majeur dans l'industrie du sport et nous en paieront le coût pour de nombreuses années», a-t-il poursuivi, prédisant des temps encore plus difficiles pour les petits bookmakers et les indépendants: «C'est une véritable catastrophe, (...) beaucoup vont faire faillite.»

Présence envahissante

Malgré la passion pour le jeu, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de sympathie de la part de l'opinion publique britannique, pour une industrie souvent critiquée pour son manque d'action contre les addictions et pour sa présence envahissante dans le football ou le rugby.

En Premier League, la moitié des équipes (10 sur 20) ont des entreprises de paris sportifs comme principal sponsor maillot, et à l'étage en-dessous, en Championship (dont le sponsor-titre est d'ailleurs l'opérateur «Skybet»), la proportion atteint même 17 sur 24. Le toujours populaire championnat de rugby à XIII, la SuperLeague, est lui sponsorisé par «Betfred». Des tribunes, voire des stades entiers, ont été rebaptisés à la gloire des ces entreprises, comme le «Bet365 Stadium» de Stoke.

Le rôle joué par le casino en ligne «32Red» dans l'arrivée de Wayne Rooney à Derby County (D2) - une subvention spéciale avait été accordée au club pour payer le salaire de son futur numéro... 32 - avait aussi été perçu comme une distorsion de concurrence.

Le secteur a été exclu du plan d'aide britannique de sauvegarde de l'emploi, qui prévoit notamment que les salaires peuvent être pris en charge à 80% à concurrence de 2500 livres sterling (2800 euros) par mois.

Le réseau de 8300 boutiques en Grande-Bretagne et les 50'000 emplois du secteur pourraient donc payer un lourd tribut, malgré la progression ces dernières années des plateformes en ligne.

AFP

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