Contre Kyrgios, Federer a livré un récital

TennisLe Bâlois a sorti son match référence - jusqu'ici - à New York pour son 3e tour contre l'Australien Kyrgios. Djokovic est aussi qualifié.

Roger Federer était en démonstration samedi sur le Arthur Ashe.

Roger Federer était en démonstration samedi sur le Arthur Ashe. Image: Keystone

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Dans un mouvement presque exactement contraire, Roger Federer et Stan Wawrinka ont démontré en vingt-quatre heures à quel point le tennis avait sa propre justice. On peut y marquer plus de points que l’adversaire et s’incliner, faire tout juste pendant une heure et tout perdre en deux minutes. C’est ainsi et personne ne songe à s’en plaindre. Surtout pas Roger Federer, dominé de la tête et des épaules par Nick Kyrgios durant les neuf premiers jeux de ce troisième tour pop-corn, et qui a tout emporté en deux retours délicieux: le set, la concentration de l’Australien et le match (6-4 6-1 7-5).

Un chiffre et une impression pour bien comprendre. Au moment d’aller s’asseoir à 5-4, Nick Kyrgios n’avait lâché qu’un seul point sur son engagement. Roger Federer, quant à lui, décentrait en revers, forçait côté coup droit et se demandait sans doute par quel miracle il venait de sauver quatre balles de break. Sur un ring de boxe, les trois juges auraient été unanimes: «Dirty Nick» menait aux points. Cinq minutes plus tard, il gisait pourtant K.O sur sa chaise, ne reprenant ses esprits que pour insulter son clan. L’affaire était pliée.

«J’ai eu de la peine à trouver un rythme, surtout en revers. Si Nick me breake à 3-3, il gagne certainement le premier set, reconnaissait «le Maître» juste après la balle de match. J’ai été un peu chanceux de m’en sortir ainsi car, après, tout fut plus facile.» Cette dernière phrase ne vous rappelle rien? Milos Raonic l’a prononcée, vendredi soir après avoir sauvé deux balles de première manche contre Stan Wawrinka. Même soulagement d’avoir pris le bon chemin dans la tempête, même plaisir d’être resté calme quand le bateau tanguait.

Message encourageant

Voilà donc Roger Federer en huitième de finale de Flushing Meadows face à John Millman, 55e joueur mondial et membre historique du TC Zoug (Interclubs). Que faut-il en penser? Quels sont les enseignements de la première semaine du Bâlois? L’impression qui domine est que la régularité scolaire de Millman arrive au bon moment. Car face à Paire puis Kyrgios, «RF» a géré trop de fantaisies destructrices pour trouver ce rythme à l’échange après lequel il court toujours.

À l’inverse, ses deux derniers sets contre Kyrgios ont livré un message encourageant. Soulagé par le gain de la manche initiale, Roger Federer s’est en effet subitement relâché pour s’installer sur la ligne de fond et mieux dicter le tempo de l’échange. Slices vénéneux, festival d’amorties, la panoplie du «RF» créatif reste un délice. Si bien que, même sur les courts très lents de cet US Open, même face à Novak Djokovic ou Rafael Nadal, elle demeure la meilleure raison de croire en sa bonne étoile.

Zverev, encore raté

Nouvelle déception pour Zverev: le grand «Sascha» (1,98 m) a encore calé avant les choses sérieuses en Grand Chelem, battu en quatre sets (6-7 (1/7), 6-4, 6-1, 6-3) par son compatriote Philipp Kohlschreiber (34e).

A 21 ans, le jeune Allemand, N.4 mondial et déjà triple vainqueur en Masters 1000, peine toujours à s'affirmer dans les tournois majeurs. Il n'y a atteint qu'une fois les quarts de finale, à Roland-Garros au printemps, et une fois les huitièmes de finale, à Wimbledon il y a un an.

«Ça demande du temps» d'être performant en Grand Chelem, s'est-il défendu.

Mené deux manches à une, Zverev semblait bien parti pour pousser la rencontre dans un cinquième set quand il a mené 3 jeux à 0 dans le quatrième. Mais il a alors perdu six jeux de suite, et le match en un peu plus de trois heures.

«J'ai très bien retourné alors qu'il aime avoir des points gratuits sur son service, ça a été un élément clé», a estimé Kohlschreiber, opposé au Japonais Kei Nishikori (19e) pour une place en quarts de finale.

Djokovic fait son show

Sous les lumières du court Arthur-Ashe, Novak Djokovic a fait son show face au Français Richard Gasquet (25e). Le Serbe de 31 ans, qui tutoie de nouveau les sommets depuis son sacre de la renaissance à Wimbledon mi-juillet, s'est imposé 6-2, 6-3, 6-3 en à peine plus de deux heures.

L'ex-N.1 mondial, opposé au Portugais Joao Sousa (68e) pour une place en quarts de finale, a étincelé en particulier dans le premier set en signant seize coups gagnants pour seulement cinq fautes directes. «Djoko», qui avait lâché une manche dans chacun de ses deux premiers matches, a brutalement fait monter le curseur.

«C'est sans aucun doute mon meilleur match de la semaine, et une de mes meilleures performances de la saison sur dur. J'ai joué à un très haut niveau dès le premier point. J'ai su dicter les points», s'est félicité Djokovic. «Maintenant, je vais essayer de maintenir ce niveau de tennis et de concentration», a-t-il ajouté. Ses futurs adversaires sont prévenus.

Au tour de Kerber et Kvitova

Avant elles, la N.1 mondiale Simona Halep s'est fait suprendre dès le premier tour, puis la N.2 mondiale Caroline Wozniacki au deuxième : samedi, ce sont les N.4, N.5 et N.6 mondiales, Angelique Kerber, Petra Kvitova et Caroline Garcia, qui ont pris la porte. La première battue 3-6, 6-3, 6-3 par la Slovaque Dominika Cibulkova (35e). La deuxième dominée 7-5, 6-1 par la jeune Bélarusse Aryna Sabalenka (20e). La troisième usée 5-7, 6-4, 7-6 (7/4) par l'Espagnole Carla Suarez Navarro (24e).

Si bien qu'il ne reste plus qu'une joueuse du top 5 en course en huitièmes de finale : l'Américaine Sloane Stephens, N.3 mondiale et lauréate sortante. Et seulement trois joueuses du top 10 (avec Svitolina et Pliskova).

La Russe Maria Sharapova, ex-N.1 mondiale aujourd'hui 22e, victorieuse 6-3, 6-2 de la Lettonne Jelena Ostapenko (10e), est elle fidèle au rendez-vous.

Créé: 02.09.2018, 06h16

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