Lara Gut: «Avec Valon, la vie est plus facile»

Ski alpinDepuis son mariage avec Behrami, «il n’y a plus seulement le ski dans la vie» pour la Tessinoise prête à reconquérir les sommets à Sölden.

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Quand elle a déboulé comme un boulet de canon dans cette aire d’arrivée de Saint-Moritz, si jeune (à 16 ans!), si joviale, jaillissant avec insouciance sur un premier podium au plus haut niveau, c’était une bénédiction pour tout le cirque blanc qui découvrait le visage rayonnant de Lara Gut. Double médaillée d’argent aux Mondiaux de Val-d’Isère en 2009 moins de deux ans plus tard, la Tessinoise s’est rapidement habituée au sommet. Elle s’est construit à toute vitesse un palmarès de géante, jusqu’à conquérir le gros globe de cristal, celui si convoité du général, en 2016. Mais la Suissesse, qui s’est imposée à vingt-quatre reprises en Coupe du monde, dont deux fois sur le glacier de Sölden (2014 et 2017) qu’elle retrouve ce samedi, n’était pas heureuse. «Je n’ai pensé qu’à moi, je gagnais sans plaisir, en voulant toujours plus», avouait-elle récemment, dans l’émission «Cœur du sport», sur la RTS. La gamine capricieuse, parfois à la limite de l’arrogance à ses débuts, était devenue une jeune femme insatisfaite, tombée dans une routine qui allait influencer son humeur et ses performances. Après de graves blessures (hanche, genoux), de grosses déceptions aux JO ou aux championnats du monde, il y a eu forcément des larmes et des remises en question et elle a dû se battre avec son for intérieur pour retrouver le goût du risque et la motivation. Pour prendre un nouveau départ.

À vrai dire, après un gros remue-méninges avec elle-même, il s’est avéré qu’il ne lui manquait pas uniquement un titre dans une compétition majeure: le «mal» était ailleurs. À 27 ans, la blonde de Comano, qui avait le sentiment de tourner en rond dans un labyrinthe, éprouvait un manque dans sa vie privée. «J’avais besoin d’un équilibre, de quelqu’un qui me prenne par la main et qui ne me laisse jamais seule!»

«La force d’être à deux»

Malheureuse aux Jeux, elle a trouvé le grand amour. Valon Behrami, le footballeur suisse l’Udinese, lui a mis la bague au doigt cet été et ouvert les yeux sur d’autres valeurs. La skieuse est à nouveau pétillante, plus épanouie, comme à ses débuts. «Ma vie a désormais un sens», soulignait la championne, il y a moins d’un mois à Willisau, lors de la journée publicitaire de Swiss-ski. «J’ai découvert la force d’être à deux, avec lui la vie est plus facile. Je ne suis plus uniquement une athlète mais aussi une personne, une femme tout simplement. Lorsqu’on est ensemble, on peut parler d’autre chose que de ski. Il comprend ce que je vis comme sportive. Il n’y a plus seulement l’entraînement, j’apprends à vivre les choses différemment. Avant, j’avais tendance à me bouffer de l’énergie avec le sport.»

Lara Gut se sent apaisée, elle ne s’énerve plus pour des peccadilles. «Comme je me sens bien en famille, je récupère beaucoup mieux, poursuit la tendre moitié de Valon Behrami. Quand cela ne va pas comme je l’entends sur la piste, je le prends moins tragiquement qu’avant, car il y a 150 000 choses à côté. Avant, il me fallait trois jours pour digérer un échec et j’avais de la peine à cacher mes émotions. Là, quelques heures suffisent pour digérer. J’ai Valon à la maison, on partage des énergies positives.»

La même adrénaline

Madame Lara Gut est «hyperheureuse» et cela se voit. «Quand on rencontre l’amour de sa vie, il est normal que tout le monde s’en rende compte, se marre-t-elle. C’est logique et c’est une chance de connaître ce sentiment-là. Avec Valon, nous sommes deux personnages publics qui désirent vivre normalement comme les autres couples. Mais, rassure-t-elle, ce n’est pas parce que je suis heureuse à côté que je ne peux plus faire mes squats et me préparer sérieusement comme avant. Comme toute athlète, je ne m’entraîne pas seulement pour me rendre au départ, mais pour aller chercher la victoire, même si je ne suis pas la seule dans ce cas.»

Et de renchérir, de manière péremptoire: «Quand je m’élance du portillon, j’ai la même adrénaline que la première fois que j’ai disputé une course. Je veux réussir à vivre ma carrière, comme par le passé, en étant plus épanouie, et gagner avec le sourire, un sourire qui vient du cœur», promet une Lara Gut qui a débarqué cette semaine à Sölden avec l’envie de vivre pleinement le moment présent. La Tessinoise est bien décidée à débouler comme un boulet de canon dans l’aire d’arrivée du glacier autrichien, ce samedi, devant son Valon chéri.

Créé: 26.10.2018, 20h55

Des ambitions suisses bien placées

Dans les consciences helvétiques, Sölden devrait a priori rimer avec contrariété. Les forfaits conjugués de Mélanie Meillard et de Justin Murisier ont amputé l’équipe suisse de géant de deux de ses meilleurs éléments, alors que les prévisions météo pour le week-end annoncent un enfer de neige et de vent. «Winter is coming».

Rien de tout ça, pourtant: c’est avec une confiance inédite que le clan national aborde la première épreuve de l’hiver. Outre Lara Gut, Wendy Holdener (25 ans) et Michelle Gisin (24 ans) trimbalent leur bonne humeur comme elles débordent d’ambition pour samedi sur le glacier du Rettenbach. Les deux sœurs sourires, fortes de leurs certitudes de championnes olympiques, s’aligneront cette saison dans toutes les disciplines: un sacré pari. «On compte bien mener la vie dure à Mikaela Shiffrin», lancent-elles en cœur en guise d’avertissement à la reine du cirque blanc – de là à dire que sa couronne est menacée, il y a un pas qu’il serait prématuré de franchir.

Chez les garçons dimanche, les regards patriotiques se tourneront vers Loïc Meillard. Le prodige de 21 ans arrive gentiment à maturité. «À l’entraînement, j’ai mis l’accent sur la constance, explique le Neuchâtelois d’origine. Je veux terminer un maximum de courses pour me faire une place dans la hiérarchie.» Et plus si affinités.
Florian Müller Sölden

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