Un Lausannois sacré champion du monde

Short-trackAncien hockeyeur à la vallée de Joux, Patrick Schweizer, 45ans, a remporté une médaille d'or aux Winter Masters Games.

Patrick Schweizer a décroché de l'or à 45 ans...

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Du puck aux lames sans vague à l’âme, le hockey mène à tout, jusqu’à un titre de champion du monde de short-track. C’est sur 500mètres que Patrick Schweizer, ex-joueur du HC Vallée de Joux (2e ligue), a décroché, à 45ans, de l’or, en s’imposant notamment devant des spécialistes néerlandais, belges, serbes et canadiens. C’était le 11 janvier, à Innsbruck...

En Autriche, ce Vaudois, qui a manié la crosse au Sentier des piccolos jusqu’en 2e ligue, a également remporté, dans sa catégorie d’âge, de l’argent sur 1000 et 1500mètres à l’occasion des Winter Masters Games: autrement dit des «JO» réservés à des athlètes âgés entre 30 et 49 ans.

Un touche-à-tout

«Cette compétition réunissait 12 disciplines et 3000 participants avec une cérémonie d’ouverture et une de clôture, c’était une magnifique expérience», raconte, encore sous l'émotion, ce conducteur de bus et de métro lausannois qui a découvert ce sport en 2017, un peu par hasard. «Je m’entraînais au hockey à la Pontaise avec les Black Castors, club corporatif que j’ai fondé il y a onze ans, lorsque j’ai vu qu’il y avait des cours d’initiation de short-track aux Plaines-du-Loup.» Ce sportif émérite, qui a également pratiqué la natation, le tennis, le ski de fond, le cyclisme et le VTT n’a pas hésité une seconde avant de se lancer. D’autant plus que dans ce sport, comme dans le hockey corpo où il évolue encore, il n’y a aucun contact. Rien à voir avec le film «Rollerball». «À 19ans, j’ai percuté la bande la tête la première. Touché aux cervicales et au dos, mon médecin m’a conseillé de choisir un sport moins dangereux», renchérit ce touche-à-tout qui a très vite pris du plaisir à tourner en rond, penché à 60 degrés, à près de 50km/h. «J’avais toujours aimé ce sport à la télé lors des Jeux», poursuit ce short-tracker qui a dû réapprendre à patiner, à tenir sur ces chaussures différentes, en carbone, plus légères et moulées à ses pieds. «C’était compliqué au début, admet-il. Ces lames sont en effet plus fines et courbées dans le sens du virage, du coup on travaille beaucoup sur les jambes et les quadriceps. Il faut de la force...»

Et de préciser que les «Rolls» qu’il a sous les pieds valent une petite fortune. Le prix? 2000 francs sans les lames qui, elles, très fragiles, s'élèvent à 400 francs la paire. Attention à la casse! «Quand elles sont affûtées, on pourrait même se raser avec», se marre le barbu, qui précise qu’un patineur de short-track doit encore se procurer un casque, un protège-cou, une combinaison anticoupures ainsi que des gants renforcés, surtout le gauche, qui touche la glace. «C’est un patinage très propre où on n'entend que la lame lorsqu’on glisse», apprécie le citoyen du Mont-sur-Lausanne, vraiment conquis.

Compétiteur dans l’âme

En deux ans, Patrick Schweizer a beaucoup progressé. Il boucle un tour de 111 mètres en dix secondes, d’où sa présence en Autriche pour ces Masters. «Comme je suis un compétiteur dans l’âme, je n’avais pas envie d’y aller pour faire de la figuration, reconnaît le Vaudois. C’est ma coach lettone, qui avait participé aux Jeux en 2006, qui m’a poussé à m’inscrire parce que j’étais prêt.» Il s'est donc décidé, dès septembre, à effectuer quatre entraînements par semaine, dont certaines séances le week-end à Schaffhouse où il a rejoint les sept autres sélectionnés helvétiques, rentrés également au pays avec des médailles (sept dont deux autres en or). Ou quand les vieux font de la résistance...

«Ma femme et ma fille m’ont bien soutenu dans ma préparation, car avec mon boulot où je me lève à 3h30 du matin, l’entraînement de 16 à 22h, je n’étais pas beaucoup à la maison, soupire Patrick. Mais finalement, ça en valait la peine», remarque le novice qui a été contraint de battre ses records pour aller chercher, dans sa catégorie 45-49 ans, trois médailles. «Devant nous, au niveau des plus jeunes, il y avait un ancien champion olympique japonais, un Polonais et d'autres ex-pros qui allaient vraiment très vite», s'enthousiasme le Vaudois, conscient qu’il a eu aussi de la chance au tirage au sort pour éviter, au moment des éliminations directes, des cadors plus forts que lui.

Raison pour laquelle il garde les pieds sur terre. «Mais c’est surtout une belle vitrine pour notre club de Lausanne créé il y a quatre ans et pour attirer de nouveaux sportifs à la Pontaise.» Ils pourront patiner parmi la quinzaine de membres avec Alexia Turunen et Thibault Métraux, qui ont participé aux JOJ. Et Patrick Schweizer, champion du monde, heureux, la larme à l’œil...

Créé: 10.02.2020, 19h39

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