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Lichtsteiner: «je ne ressens aucune peur existentielle»

Officiellement capitaine de l'équipe de Suisse depuis le mois de mai, Stephan Lichtsteiner vit une situation délicate.

Stephan Lichtsteiner.
Stephan Lichtsteiner.
Keystone

Remplaçant aujourd'hui à la Juventus, le Lucernois pourrait à terme perdre son rang s'il ne retrouve pas un temps de jeu conséquent en club. Mais dans une interview livrée à l'ATS, il affirme que le temps n'est pas venu, à 32 ans, de lâcher les armes. Il veut poursuivre l'aventure avec cette équipe de Suisse qui a acquis ces derniers mois une nouvelle dimension. Notamment à la faveur de sa victoire 2-0 le mois dernier contre le Portugal lors de son premier match du tour préliminaire de la Coupe du monde 2018.

Quel regard portez-vous sur ce match contre le Portugal ?

«Cette victoire 2-0 trouve, j'en suis désormais convaincu, ses fondements lors du camp de Lugano organisé avant l'Euro. Lors de ce stage, il y a eu un véritable sursaut au sein de l'équipe.»

Un sursaut ?

«Oui, dans tous les sens du terme. Au Tessin, nous avons retrouvé un véritable esprit d'équipe. Sur le terrain et en dehors. Le sélectionneur a su préparer parfaitement l'Euro. Les six mois délicats que nous avons traversés après la campagne de qualification ne comptaient plus.»

Pour vous, le succès contre le Portugal s'inscrit ainsi dans la suite logique de l'Euro ?

«Nous avons livré un bon tournoi, même s'il a manqué «le» résultat qui devait valider en quelque sorte notre performance. Contre le Portugal, nous avons bénéficié de cette réussite qui nous avait fui contre la Pologne. Si nous avions témoigné de la même efficacité face à Polonais que devant les Portugais, nous aurions gagné ce huitième de finale 4-1 ou 5-1...»

Cette nouvelle approche plus «active» est-elle, pour vous, le fruit d'une progression logique ?

«Nous connaissons nos qualités. En France, nous avons fait un pas de plus dans la bonne direction. L'équipe est mieux organisée, plus courageuse. Les automatismes sont rodés. Et nous sommes désormais capables de nous créer des occasions contre des adversaires qui jouent très bas sur le terrain. L'équipe est désormais parfaitement équilibrée.»

Ce qui n'était pas vraiment le cas lors des premiers matches dirigés par Vladimir Petkovic ?

«Oui, mais il n'y a rien d'anormal. Nous sortions de la Coupe du monde au Brésil et de ce huitième de finale complètement fou contre l'Argentine pour affronter l'Angleterre à Bâle avec un nouvel entraîneur. Contre les Anglais, on a fait le jeu, mais ce sont eux qui ont marqué. Après, la défaite en Slovénie a provoqué des remous. Certaines problématiques - comme la question du capitaine - ont surgi au sein de l'équipe. Mais je ne tiens pas à entrer dans les détails.»

L'équipe de Suisse suscite un immense intérêt dans le pays. Comment percevez-vous à l'interne cet intérêt ?

«Nous sommes capable de gérer tout ce qui se dit autour de nous. Aujourd'hui, chacun au sein de la sélection sait qu'il peut faire confiance à ses coéquipiers. Chacun sait désormais ce qui est important et ce qui ne l'est pas.»

Comme par exemple le débat sur la sélection du Kosovo auquel Granit Xhaka a été mêlé?

«Granit bénéficie d'un soutien unanime au sein de l'équipe. Tout le monde sait que sa situation n'est pas «simple». Quoi qu'il fasse, il sera l'objet de critiques. Nous l'avons tous bien compris.»

«Tous les doutes balayés»

Revenons à Vladimir Petkovic ! Vous l'avez dit, rien ne fut simple lors de son intronisation. Aujourd'hui, quel est son statut ?

«Il a balayé tous les doutes par la qualité du travail qu'il a accompli depuis deux ans. Vladimir Petkovic devait, dans un premier temps, apprendre à connaître l'équipe. Comment le groupe «vivait». Et tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. Aujourd'hui, les résultats sont là. On reconnaît sa griffe. Sur le terrain, nous nous efforçons de retranscrire ses idées, ses choix.»

En tant que capitaine, vous êtes également un homme très exposé. Ce brassard a-t-il changé beaucoup de choses pour vous ?

«Je suis très fier de mener cette équipe. Mais avant de porter le brassard de l'équipe de Suisse, j'étais déjà un joueur très exposé dans la mesure où j'évolue depuis 2011 dans un des plus grands clubs du monde.»

Un club dans lequel vous connaissez cette saison une situation difficile avec la perte de votre place de titulaire. Comment réagissez-vous à cette nouvelle donne ?

«Je suis tranquille, très tranquille même. J'ai une carrière magnifique. Des titres avec la Juventus mais aussi de grands moments à Lille, à la Lazio et en sélection. Rassurez-vous, je ne ressens aucune peur «existentielle». Mais il est évident que la situation actuelle ne me convient pas.»

Gökhan Inler a perdu sa place en équipe de Suisse parce qu'il ne jouait pas à Leicester Redoutez-vous de connaître la même infortune ?

«Il ne faut pas voiler la face: ne pas jouer en club peut tout remettre en question. Mais à la Juventus où la pression est permanente, tout peut basculer très vite dans un autre sens. Je donnerai tout à chaque fois que l'on m'alignera. Je dois seulement accepter la situation qui est la mienne aujourd'hui à la Juventus. Maintenant, la prochaine phase finale d'un grand tournoi n'aura lieu qu'en juin 2018. D'ici là, j'aurai retrouvé du temps de jeu en club. Rien n'est figé.

(si)

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