Lucien Meylan, des platines de Miami aux pelouses de Thierrens

FootballConnu sous le nom de DJ Ryangel, le défenseur partage sa vie entre deux mondes bien distincts: la musique et le foot.

Lucien Meylan jongle entre le football et la musique, deux univers aux antipodes.

Lucien Meylan jongle entre le football et la musique, deux univers aux antipodes. Image: JEAN-GUY PYTHON

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Une anecdote suffit pour se représenter la vie de Lucien Meylan, ce grand écart perpétuel entre le monde de la nuit et la musique d’un côté et le football de l’autre. «C’était il y a quelques années. Je ne sais pas si je serais capable de le refaire aujourd’hui. Avec des potes, on avait emprunté le minibus de mon père et on était partis à sept en direction de Zurich. Le soir, je mixais dans un club assez renommé là-bas. C’était énorme, un truc de malade! On a fini à 4h30. Le plus simple, ça aurait été de prendre un hôtel sur place, mais j’avais match à La Tour/Le Pâquier le lendemain. Le rendez-vous avec l’équipe était à midi. Alors on a repris la route, j’ai posé tout le monde à son domicile respectif et j’ai à peine eu le temps de dormir quelques heures.» Arrive le jour du match. Et là, surprise. «J’apprends que l’entraîneur va me faire jouer en pointe (ndlr: il est défenseur central), parce que j’avais marqué deux buts le week-end d’avant ou quelque chose comme ça. Bon, autant dire que ça ne s’est pas super bien passé et qu’on a perdu… sans marquer.»

Il n’a jamais voulu choisir

Ce genre de mésaventure, le joueur du FC Thierrens, Ryangel de son nom de DJ, en a l’habitude. Cet été encore, il a fait onze heures de route depuis l’Espagne, où il passait ses vacances, pour arriver à temps au premier tour de la Coupe vaudoise… avant d’apprendre qu’il n’était pas convoqué. Lucien Meylan ne s’en formalise pas. Il accepte les règles. Parce que le plus simple, forcément, aurait été de choisir: soit la musique, soit le football. Un choix qu’il n’a jamais fait, préférant baigner tantôt dans un univers, tantôt dans l’autre, avec les avantages et les contraintes que cela représente. Deux passions qui se côtoient comme un bonus, en marge de son gagne-pain, l’agence de communication qu’il a lancée il y a deux ans avec deux associés.

L’environnement dans lequel il a grandi aurait pu faire de lui un campagnard pure souche, lui qui a passé son enfance à Poliez-le-Grand, où il vit toujours, et qui a bourlingué à travers le Gros-de-Vaud lors de ses années de juniors. Tout comme son attrait pour la musique et les clubs auraient facilement pu l’attirer vers la ville. «Je crois que j’ai besoin de ces deux aspects-là dans ma vie. C’est important d’avoir toutes les facettes de la boule, illustre celui qui fêtera ses 28 ans à la fin de l’année. J’aime ces instants authentiques que je passe avec mon père à déguster un verre de vin ou à aller faire un tour en Zodiac sur le lac de Joux. Tout comme je peux prendre du plaisir dans des situations beaucoup plus superficielles. Là, par exemple, je reviens tout juste d’Ibiza avec des amis. On n’a pas hésité à claquer 300 francs chacun pour entrer en VIP au Pacha (ndlr: une célèbre boîte de nuit de l’île). Au fond, le contexte est secondaire, ce qui importe ce sont les gens avec qui l’on partage ces moments.»

Priorité au foot

Malgré le succès qu’il rencontre derrière les platines – il a récemment mixé à Miami lors d’un voyage aux États-Unis –, Lucien Meylan s’est toujours convaincu d’une chose: le foot d’abord, le reste ensuite. «Typiquement, lorsque j’ai match le lendemain d’une soirée où je joue, je ne bois pas une goutte d’alcool. C’est aussi une question de respect pour mes coéquipiers. Depuis le temps, ils savent comment je fonctionne. Mes entraîneurs aussi. Ils ne me pénalisent pas par rapport à ça.»

Même si, parfois, la musique a pris l’ascendant sur le sport. Comme en début d’année, alors que le FCT tentait tant bien que mal de sauver sa place en 2e ligue inter. «Chaque absence me fait culpa­biliser. Je me sens mal. J’ai beaucoup entrepris ces dernières années, il fallait que je trouve du temps pour tout. Mais 2019, c’est un peu différent. C’est l’année de la remise en question. Dans la musique, j’ai envie de davantage dissocier Lucien Meylan, le clubber et Ryangel, qui va devenir quelque chose de plus personnel. C’est encore assez flou à l’heure actuelle. En revanche, ce qui ne l’est pas, c’est que j’ai de nouveau envie de me consacrer à fond au foot.»

Une nouvelle ère

Le ballon rond, comme un phare dans le tourbillon d’activités qu’il mène de front. «On peut parler d’une drogue, même. À tel point que je suis à peu près incapable d’éprouver du plaisir dans une autre activité physique. Si j’avais croché vers l’âge de 20 ans, je suis sûr que j’aurais pu réussir quelque chose de sympa. Je ne parle pas d’être titulaire en 1re ligue, mais peut-être déjà de m’imposer en 2e ligue inter.»

Cet été, après sa relégation en 2e ligue, Thierrens a tiré une croix sur le passé et fait de la place pour la relève. Le club du Grand-Marais est en quelque sorte entré dans une nouvelle ère. Et Lucien Meylan, qui fêtera ses dix ans au FCT l’an prochain, a très envie d’en être. «J’étais un des plus jeunes en arrivant. Aujourd’hui je fais partie des vieux», sourit-il. La première épopée avait pris une tournure assez fantastique. Leader dans l’âme, le polyvalent Lucien se verrait bien mener la nouvelle vers d’autres terres d’exploits.

Créé: 17.09.2019, 21h32

Après la musique et le sport, l’humour

«Ça fait longtemps que les gens autour de moi m’en parlent et que l’idée me trotte dans la tête.» Alors l’entreprenant Lucien Meylan s’est lancé: les 4, 5 et 6 octobre, il présentera au public son one man show.

L’occasion de poser un premier pied dans l’humour et de voir si, là aussi, une aventure à plus long terme est envisageable. Un domaine dans lequel son chemin pourrait être tout tracé, lui le fils de l’incontournable Denis «Bouillon» Meylan.

«Surtout, je n’ai pas envie qu’on pense que je marche sur les traces de mon père. D’ailleurs, les personnes qui assisteront au spectacle se rendront compte que nos blagues sont très différentes.»

L’événement aura lieu à Denezy, au fin fond de la campagne vaudoise et tout près des terrains de foot de Thierrens. Tout un symbole.

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