ManU et PSG, symboles de ces grands qui partagent de moins en moins

FootballEn Champions League, l’écart se creuse toujours plus entre les clubs phares et les viennent-ensuite. Les résultats s’en ressentent.

Les stars du PSG en déplacement mardi sur le terrain de Man U. Quand les nantis d'Europe se retrouvent entre eux.

Les stars du PSG en déplacement mardi sur le terrain de Man U. Quand les nantis d'Europe se retrouvent entre eux. Image: AFP

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Une étude menée par l’Observatoire du football CIES, à Neuchâtel, indique un déséquilibre toujours plus grand entre les mastodontes du football européen et les clubs moins fortunés et donc souvent moins performants en Champions League. Si l’étude ne détaille pas les résultats par club, on peut sans trop de risque placer Manchester United et le Paris Saint-Germain, qui s’affrontent mardi soir (21h) en huitièmes de finale de la compétition, dans la première catégorie des nantis, même s’ils n’ont sportivement pas fait la loi en Europe sur la longueur durant toute la période analysée, qui s’étend de 2003 à 2018.

Dans son 42e rapport mensuel, l’Observatoire du football constate l’évolution de l’équilibre compétitif dans la phase de groupes de la Champions League depuis l’introduction de sa nouvelle formule, lors de la saison 2003-2004. L’organe y constate «une nette tendance vers moins d’équilibre et plus de prévisibilité». Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont passé au crible tous les matches du premier tour, au cours duquel 32 équipes sont réparties en poules de 4. «L’analyse de la répartition des points à l’issue de la phase de groupes montre que les premiers classés ont progressivement obtenu plus de points et significativement amélioré leur différence de buts. Une tendance opposée a été mesurée pour les équipes classées à la dernière place de leur groupe, relève l’étude. L’écart de buts moyen lors des rencontres de poule a aussi augmenté. Ce processus est notamment lié à l’accroissement des matchs se terminant avec au moins trois buts de différence : de 16,9% lors des quatre premières saisons analysées à 22,9% entre 2015 et 2018.» En d’autres termes, plus une équipe a gagné des matches en Champions League, plus elle en gagnera à l’avenir.

Même sans Neymar, le PSG surpasse MU en valeur marchande

Sur la période observée, il y a également de moins en moins de place pour les surprises, c’est-à-dire les victoires des équipes considérées comme outsiders. «Le pourcentage de matchs où l’équipe nettement favorite selon les cotes sur le marché des paris gagne a clairement augmenté: 81,4% de victoires à domicile entre 2014 et 2018 (+ 5,3% par rapport à 2004-2008) et 74,6% à l’extérieur (+12,1%)», avertit le rapport de l’Observatoire du football.

Sur le papier, l’affiche Manchester United – Paris Saint-Germain apparaît comme la plus équilibrée financièrement, à une époque où les inégalités des budgets ne cessent de s’accroître. Si l’on compare les valeurs marchandes présumées des joueurs composant le onze type des deux équipes, il y a de quoi être pris de vertige. Le total mancunien atteint un montant estimé de 443 millions d’euros. On passe même à une valeur de 496 millions d’euros. Et ce sans compter les 180 millions d’euros évalués pour la superstar brésilienne Neymar, qui ne disputera pas la rencontre à cause d’une blessure. En clair, les deux clubs n’ont pas lésiné sur les moyens pour assouvir leurs rêves de grandeur nationale et continentale. Sur ce plan-là, les clubs de second rang sont largués et l’écart avec les géants ne cesse de grandir.

Pour tenter de retrouver davantage d’équilibre et de rendre la compétition plus sportivement imprévisible – et donc plus intéressante – l’Observatoire du football propose notamment de remanier le format de la vénérable C1: «Un bon compromis pour préserver l’intérêt sur le long terme consisterait à réduire le nombre de participants à la phase de groupes, tout en gardant un système de compétition ouvert et en garantissant une part plus importante des recettes à ceux qui en sont exclus. La solidarité pourrait s’opérer sur une base méritocratique en réservant une partie des recettes à l’ensemble des équipes ayant participé à la formation des joueurs utilisés. Un tel mécanisme de redistribution aurait le grand mérite de reconnaître le rôle fondamental joué par une multitude de clubs pour développer les joueurs assurant le spectacle de haute qualité que les grandes équipes produisent et dont elles bénéficient.» L’appel à l’UEFA est donc lancé.

Créé: 12.02.2019, 17h36

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