Pèlerin du foot, Vonlanthen range ses crampons

Ex-joueur prodigePlus jeune buteur de l'Euro et ancien joyau du foot suisse, parti retrouver ses racines en Colombie, Johan Vonlanthen met, à 26 ans, un terme à sa carrière.

Johan Vonlanthen met, à 26 ans, un terme définitif à sa carrière.

Johan Vonlanthen met, à 26 ans, un terme définitif à sa carrière. Image: LAURENT CROTTET-a

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Ancien jeune prodige du football suisse, Johan Vonlanthen a définitivement rangé ses souliers à crampons, à l’âge de 26 ans! Exilé en Colombie, sa terre maternelle, l’ex-international suisse a officialisé sa retraite sportive, relate le site internet du quotidien alémanique Blick. Il se refuse à subir une nouvelle opération à son genou meurtri.

Converti à l’Eglise des adventistes, Johan Vonlanthen se déclare pleinement heureux de sa nouvelle vie et compte poursuivre son existence en Colombie, dans ce pays qu’il a choisi pour un retour aux sources. «Pour moi, le football n’a plus du tout la même valeur qu’avant». Flash back sur une carrière et un joueur hors du commun.

Né à Santa Marta, en Colombie, le 1er février 1986, d’un père suisse et d’une mère colombienne, Johan Vonlanthen a grandi en Amérique du Sud avant de rejoindre la Suisse à l’âge de 14 ans. Ses parents s’installent à Flamatt, dans le canton de Fribourg.

Repéré par les Young Boys, qui décident de le lancer en Super League, alors qu’il vient à peine de fêter ses 16 ans, il s’impose rapidement comme un titulaire régulier et inscrit 6 buts en 36 matches sous les couleurs d'YB.

A la fin de la saison 2002-2003, Johan Vonlanthen est transféré au PSV Eindhoven. A 17 ans, Il réalise une première saison très convaincante et intègre la sélection suisse pour l’Euro 2004.

Il marque contre la France de Zidane

Johan Vonlanthen était devenu le plus jeune buteur de l’histoire de l'Euro à l’âge de 18 ans et 7 mois, en trompant le gardien français Fabien Barthez, lors de l'Euro 2004 au Portugal. Même si Zidane et les siens allaient finalement se défaire de la Suisse (3-1), Vonlanthen confirmait son statut de grand espoir.

La deuxième saison sous les couleurs du PSV Eindhoven sera beaucoup plus difficile. L’étoile montante est devenue étoile filante. Esseulé aux Pays-Bas et relégué sur le banc, le jeune exilé «né catholique» se plonge dans la Bible «avec le cœur et la foi» pour oublier ses déboires.

Il se brouille alors avec ses dirigeants qui choisissent de le prêter en Italie, à Brescia, où il ne s’impose pas. Incapable d’inscrire le moindre but en 9 apparitions, il retourne à Eindhoven qui le prête au NAC Breda.

Blessé, il rate la Coupe du Monde 2006. Son caractère difficile n'arrange pas ses affaires. Vonlanthen est devenu entretemps membre de l’Eglise radicale des adventistes, dont l’un des commandements est de ne pas travailler le samedi, jour consacré au repos et à la prière. Difficilement conciliable avec un calendrier footbalistique.

Johan «le surdoué» tente alors de relancer sa carrière internationale en partant en Autriche, engagé par le club ambitieux des Red Bull Salzbourg. Il y passe trois saisons sans décrocher une place de titulaire.

Le club autrichien le prête alors au FC Zurich. De retour en Suisse, six ans après son départ de Berne, Johan Vonlanthen retrouve du plaisir à jouer, aide son club qui a retrouvé des couleurs et participe à la Ligue des Champions.

Mais ce n'est qu'un feu de paille et le renouveau ne dure pas. Vonlanthen se blesse sérieusement à un genou et est éloigné des terrains.

Pas de matches le samedi

Après avoir bourlingué et déposé ses bagages dans de bons clubs européens, Johan décide en 2009 que sa religion, qui lui interdit de jouer le samedi, passera avant le football.

Il met alors le cap sur le pays de sa mère, la Colombie. Il évolue alors avec le club d’Itagüí, ville située près de Medellin.

Grâce à un championnat disputé en l'espace de six mois, la plupart des rencontres se déroulant le mercredi ou le dimanche, Vonlanthen a la possibilité de ne pas contrevenir aux règles de son Eglise.

Peu lui importe la température, les tribunes mal équipées ou le maillot peu connu de sa nouvelle équipe, novice en 1re division. Traité en paria des stades depuis sa conversion religieuse, il espère simplement «retrouver la joie naturelle du football».

Entretemps, l'homme s'est marié et sa compagne a donné naissance à un fils il y a deux ans.

Aujourd’hui, celui qui fut admiré pour son talent précoce vient d'annoncer qu'il range définitivement ses souliers à crampons, à quelques jours du début de l'Euro qui l'avait fait connaître de la Planète foot, il y a huit ans. (nxp)

Créé: 30.05.2012, 14h47

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