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Première de cordée à la FIFA

Le destin hors du commun d'Honey Thaljieh, qui s'est hissée jusqu'aux plus hautes sphères de l'instance dirigeante du football.

Honey Thaljieh, fondatrice et ancienne capitaine de l’équipe féminine de football palestinienne.
Honey Thaljieh, fondatrice et ancienne capitaine de l’équipe féminine de football palestinienne.
PATRICK MARTIN

Honey Thaljieh s’est forgé un destin à faire pâlir d’envie les scénaristes hollywoodiens. Cette trentenaire palestinienne s’est construite seule pour atteindre les hautes sphères de la FIFA sur les hauts de Zurich. «J’ai dû me battre pour obtenir tout ce que j’ai dans ma vie aujourd’hui, résume-t-elle dans le lobby d’un hôtel lausannois. Nous dormions dans une seule pièce avec mes parents et mes quatre frères et sœurs. Gamine, je jouais au football dans les rues étroites de Bethléem, avec un ballon fait de journaux. J’ai dû insister pour que les garçons me fassent une place.» Ni les réprimandes de son père ni les préjugés d’une nation exsangue n’ont freiné son entrain. «Le football était synonyme de liberté, d’une dignité retrouvée au quotidien.»

Honey Thaljieh s’est démenée pour créer une sélection féminine de football en Palestine dès 2003. Une équipe nationale un peu bricolée dont elle a été la première capitaine deux ans plus tard. «Aujourd’hui, des centaines de filles jouent en Palestine. Il suffit de faire tomber la première barrière. Les autres suivront.»

Ce discours, Honey Thaljieh le défend régulièrement à travers le monde, comme ce fut le cas mercredi soir à la TEDxLausanneWomen organisée à l’EPFL. À 34 ans, elle occupe un poste de cadre à la communication de la FIFA, où elle grimpe les échelons à grandes enjambées.

Jusqu’à en viser un jour la présidence? «Les rêves ne restent des rêves que jusqu’à ce qu’ils deviennent réalité», esquive-t-elle, avant de préciser: «Plus tu as des responsabilités, plus tu as les moyens concrets de changer les choses. Les dirigeants dans le monde du sport sont surtout des hommes blancs, plutôt âgés. Il faut progresser en termes de diversité, d’origines sociales, ethniques ou de genre.»

Thaljieh a justement axé son intervention lausannoise sur l’égalité dans le football. Un sujet majeur à l’heure où on demande encore à la première Ballon d’or de l’histoire si elle sait bouger son bassin en rythme. «Pas à pas nous y arriverons», martèle l’ancienne footballeuse en guise de conclusion. Même si la route est longue, le voyage ne lui fait pas peur.

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