Les problèmes financiers, un classique des clubs suisses

Affaire XamaxNeuchâtel Xamax n’est pas seul à avoir connu la descente aux enfers. De nombreux clubs ont souffert de finances aléatoires. Le foot suisse joue-t-il au-dessus de ses moyens? Panorama.

Marc Roger à l'époque où il était encore considéré comme le sauveur de Servette

Marc Roger à l'époque où il était encore considéré comme le sauveur de Servette Image: Keystone

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Le Lausanne-Sport est le premier à se prendre les pieds dans le tapis. Tapis vert en l’occurrence, puisque le club surendetté ne reçoit pas de licence pour la LNA au printemps 2002 et est donc rétrogradé en LNB pour des questions administratives.

Les Vaudois connaissaient alors, pourtant, de belles heures sur la scène européenne. A l’époque, le Français Waldemar Kita est propriétaire du club. Mais sa gestion laisse à désirer, les difficultés financières s’accumulent et Waldemar Kita jette l’éponge. La faillite est prononcée une année après son départ, en 2003.

Le club devient alors le FC Lausanne-Sport et repart en 2e ligue interrégionale avec sa deuxième équipe. La galère dure huit ans, avant que les Vaudois ne réintègrent la Super League à la fin de la saison 2010-2011.

La chute de Servette

Au bout du Léman, le Servette FC traverse de nombreux tourments. Principal responsable des misères des «grenat»: Marc Roger, un ex-agent de joueurs français.

Début 2005, le club des Charmilles est mis en faillite par le Tribunal de première instance de Genève, après 115 ans d’histoire. Il reprend le championnat la saison suivante en première ligue, avant de retrouver enfin les joies de la Super League, en même temps que le Lausanne-Sport.

Marc Roger, architecte du gâchis et fossoyeur, est reconnu coupable en 2008 de gestion fautive et de faux dans les titres par la Cour correctionnelle de Genève. Il est en revanche acquitté des accusations de banqueroute frauduleuse et d’escroquerie.

En septembre de la même année, le Français est condamné à deux ans de prison avec sursis, correspondant aux 22 mois de détention préventive déjà purgés. Selon la Cour, Marc Roger s’est lancé dans des dépenses inconsidérées et a contrevenu aux devoirs d’un patron en prenant le risque de causer des pertes importantes à son club. Il a agi pour des mobiles égoïstes, par ambition et souci de reconnaissance sociale.

Comme Lausanne, Servette reste le seul club de Suisse à n'avoir jamais été relégué sportivement.

Sion, Saint-Gall et GC aussi

Mais ces deux exemples sont quasi les arbres qui cachent toute une forêt.

Le FC Sion a également connu de graves turbulences financières, notamment sous l’ère de Gilbert Kadji, entre 1999 et 2002. La faillite est évitée de justesse, mais en 2003 le club se voit refuser sa licence professionnelle. Il intègre la deuxième division, avant de retrouver l’élite à la fin de la saison 2005-2006.

A noter que le creux du club valaisan est intervenu entre deux périodes de Christian Constantin, parti en 1997 cerné par des problèmes financiers et des rumeurs de gestion trouble, mais revenu à la barre en 2003.

L’année dernière, c’est le FC Saint-Gall qui a frôlé la correctionnelle. Des investisseurs privés se sont engagés à verser les 10 millions de francs nécessaires pour éviter la faillite.

Quant à Grasshopper, le club le plus titré de l’histoire du football suisse (27 fois champion, 18 fois vainqueur de la Coupe de Suisse) et autrefois surnommé le "Club des banquiers", il surnage financièrement et est au bord du gouffre depuis deux ans. Au point que la possibilité d’une rétrogradation n’est plus un tabou.

Outre les gestions douteuses, pour ne pas dire catastrophiques dans certains cas, on peut se demander si le problème ne tient pas également dans les errances du football helvétique. A savoir prôner la professionnalisation à outrance pour jouer dans la cour des grands, sans avoir les moyens de ses voisins.

Créé: 18.01.2012, 16h07

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