Timothé Mumenthaler a le sprint dans le sang

AthlétismeLe Genevois n’a pas encore 16 ans, il court le 100 m en 10’’90 et disputera en octobre les JO de la Jeunesse à Buenos Aires

Timothé Mumenthaler n’a plus qu’un but cette saison, le 200m des Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires.

Timothé Mumenthaler n’a plus qu’un but cette saison, le 200m des Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires. Image: Pierre Albouy/Tribune de Genève

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Il n’a pas encore 16 ans et il s’apprête à vivre ses premiers frissons olympiques. Des JO en avant-première, ceux de la Jeunesse. Des JO pour apprendre, pour naître à l’ambition. Timothé Mumenthaler est un sprinter pressé et cool. Le 1er octobre, il s’envolera pour Buenos Aires et même si sa sélection, un peu tombée du ciel, va bouleverser son quotidien de collégien, elle représente la plus belle des écoles buissonnières. Là-bas, à l’autre bout du monde, l’athlète de la FSG Bernex-Confignon, fan d’Usain Bolt et de Mujinga Kambundji, n’aura qu’un désir, se faire plaisir. Et qu’une envie, courir vite. Chez lui, c’est une seconde nature. «En fait, j’y vais surtout pour participer», précise-t-il.

Pour l’instant, le jeune homme dégingandé débarque au… Bout-du-Monde. Il a la démarche chaloupée et le corps un peu de guingois. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. «Dès qu’il se met en piste, c’est un autre garçon, un vrai sprinter. Il a le bon engagement, un placement naturel et une vélocité innée», dit de lui Walter Zecca, son entraîneur depuis un an et demi. Timothé a choisi l’athlétisme ou est-ce le contraire? «Tout petit, je courais déjà vite. C’est un sport individuel qui me va bien. On n’a de compte à rendre qu’à soi-même», explique-t-il.

Le goût de la victoire

Le succès a été immédiat, promesse d’un avenir qui chante. Mais la saison dernière, au lendemain d’un titre national U16 sur 60 m en salle, son dos a crié «pouce». Problème de croissance. Le corps qui pousse et le système musculaire qui n’arrive pas à suivre. «Il lui a fallu ronger son frein, passer l’été à faire du gainage et à courir sur l’herbe», raconte Walter Zecca. Timothé déchante, s’impatiente mais s’accroche. Aujourd’hui, c’est du passé. Il a grandi, pas seulement en taille (1,85 m).

Et si ce coup d’arrêt n’avait été finalement qu’un accélérateur de talent? «Il a en tout cas permis à Timothé de gagner en maturité, d’être plus à l’écoute de son corps», répond l’entraîneur, qui loue le sérieux et l’ouverture d’esprit de son protégé. Seul défaut, qui est une force, ce dernier déteste la défaite. «La sensation de victoire, il n’y a rien de meilleur», se justifie-t-il.

Cette année, le corps apaisé, bien dans ses pointes et dans sa tête, le jeune Onésien est reparti de plus belle. Un hiver pied au plancher pour se chauffer et claquer en 22’’27 un chrono en salle meilleur que les minimas européens en plein air sur 200 m! Puis un été en trombe, avec des records en cascade (10’’90 sur 100 m et 21’’89 sur 200 m) et, en point d’orgue, une demi-finale aux Championnats d’Europe U18, opposé à des rivaux plus âgés que lui, qui s’entraînent deux fois plus. C’est là-bas, à Györ, en Hongrie, que Timothé Mumenthaler a décroché son billet pour Buenos Aires et acquis son profil IAAF! Il n’en revient pas.

Les voyages forment la jeunesse. Dans ses bagages, le collégien en sport-études d’André-Chavanne devra aussi emporter ses livres d’école. Pas plus que les courses perdues, il n’aime les mauvaises notes.

«Il a tout pour bien faire»

Pour lui, cette sélection, c’est bien sûr la cerise sur le gâteau, mais aussi un mois de plus d’entraînement. Il sourit, ce n’est pas un problème. «Il a fallu revoir le plan, repousser le dernier pic de performance, éviter la fatigue», note Walter Zecca. Malgré cela, le jeune prodige vient de ramener deux médailles d’argent des championnats suisses juniors U18. «Être le plus jeune au départ, c’est une motivation supplémentaire. Mais en course, ce n’est pas l’âge qui prime.» L’adolescent a le sprint dans le sang et la tête sur les épaules. «Après Buenos Aires, il faudra remettre les pieds sur terre. Devant moi, il y a encore beaucoup de chemin à faire», affirme-t-il avec autant d’aplomb que d’humilité. Les JO de Paris, c’est dans six ans. «Il a tout pour bien faire», assure son entraîneur. (nxp)

Créé: 13.09.2018, 22h43

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