Pour aller à Tokyo, il faut passer à la caisse et c’est très cher

Jeux olympiques Un Genevois, qui a été contraint d’acheter un pack comprenant l’hôtel, le vol et des tickets, s’indigne. Explications.

Certaines compétitions restent accessibles en étant malin ou en prenant le risque de trouver un billet sur place.

Certaines compétitions restent accessibles en étant malin ou en prenant le risque de trouver un billet sur place. Image: AFP

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«J’ai été pris en otage, victime de racket!» Un lecteur, qui tient à garder l’anonymat, s’insurge. Passionné de sport, Roger (*) a décidé de se rendre cet été à Tokyo pour assister aux JO. Mais pour se procurer des billets, ce Genevois a été contraint de passer par Globetrotter, l’agence de voyage officielle, seule homologuée par Swiss Olympic. «On est obligé d’acheter des packages comprenant également le vol et l’hébergement, explique-t-il. Du coup, il y a des pratiques commerciales que j’estime abusives, avec des marges comprises entre 20 à 40% sur les billets d’avion et jusqu’à 100% sur les chambres d’hôtel. Comme on est contraint de passer par cette agence, cette dernière fait ce qu’elle veut. Elle se sucre.»

Ce directeur d’entreprise explique que Globetrotter lui a proposé une chambre d’hôtel quatre étoiles à 1200 francs la nuit, deux jours avant la finale du tournoi de football. «Comme ces gens ont le monopole sur tous les tickets, nous n’avons pas le choix, ils profitent de la situation pour pratiquer n’importe quel tarif. C’est scandaleux», renchérit celui qui aime vivre l’ambiance extraordinaire des Jeux.

«Des pourcentages usuels de la branche»

CEO de l’agence Globetrrotter, Dany Gehrig a eu de nombreux échanges de mails avec ce client mécontent. «Comment peut-il savoir combien nous payons les chambres et prétendre que nous prenons une marge de plus de 40%, voire de 100%? s’étonne le patron de l’agence. Je peux vous assurer que nous sommes dans des pourcentages usuels de la branche. Ou alors ce monsieur a consulté des prix actuels pour l’avion et l’hébergement, des prix qui seront forcément bien plus élevés pendant l’événement.»

Dany Gehrig précise qu’il était possible de commander uniquement des billets d’entrée pour les compétitions en juin dernier, mais que ce délai est désormais passé. Du coup, Roger a renoncé au package, préférant acheter lui même son billet d’avion (à 1200 francs) et réserver son logement en espérant trouver des sésames pour assister aux compétitions sur place.

550 francs la nuit

C’est exactement ce que fait Yannick Guerdat pour chaque olympiade de son frère, depuis 2004 et les Jeux d’Athènes. «Pour Tokyo, comme je m’y suis pris à l’avance, j’ai réussi à avoir des tickets l’été dernier via Globetrotter et la fédération suisse équestre, précise le frangin de Steve. Sinon, j’ai toujours trouvé un sésame à l’entrée, au marché noir. Suivant le sport, c’est même parfois moins cher que le prix officiel (entre 20 et 200 francs), surtout pour les compétitions d’équitation. Le plus onéreux, à Tokyo c’est le logement, c’est vrai qu’ils exagèrent.»

Une nuit proche du site de compétition lui revient à 550 francs la nuit. «En réservant soi-même, on peut aussi vivre des expériences catastrophiques, à nos risques et périls, prévient Yannick Guerdat. A Rio, j’avais payé 10 000 francs pour deux semaines une chambre insalubre affichée à 30 francs lorsque les JO étaient terminés.»

Des billets en vente en mai

Directeur exécutif des Jeux olympiques au CIO, Christophe Dubi est conscient des tarifs excessifs qui se pratiquent lors des grandes compétitions. «Avec un événement comme des Jeux, on ne peut pas contrôler l’ensemble du marché, soupire le Vaudois. Mais oui, j’ai entendu parler de prix très élevés et d’abus, même si Tokyo est une ville chère à la base et que tout le monde en subit les conséquences.»

En revanche, le fils de l’ancienne légende du LHC peut rassurer Roger et tous les fans à la recherche de tickets. «A partir de début mai, nous allons en mettre en vente sur internet par le biais des comités nationaux olympiques, ce qui permettra aux gens de s’en procurer sans ajouter l’hébergement et les vols. A l’avenir, la distribution sera plus flexible qu’aujourd’hui. Ce sera un premier pas avant les Jeux de Pékin en 2022. On s’engage dans cette voie.» Avec l’arrivée d’internet, il n’est en effet plus nécessaire de passer par des agences pour voyager.

A ce jour, plus de 8,2 millions de billets ont été imprimés pour les compétitions de Tokyo et ce sera encore insuffisant. «Il y a pas mal de frustration en Suisse, mais surtout au Japon où la demande est la plus forte, se réjouit Christophe Dubi. Mais pour combler tout le monde, on va organiser des fans zones autour de Tokyo où les gens pourront vivre ces JO même sans billet.» Même Roger pourra y aller.

(*) nom connu de la rédaction

Créé: 19.02.2020, 18h43

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