Violences sexuelles: le président de la fédération se défend

Patinage artistiqueDidier Gailhaguet, patron du patinage français, affirme ne pas avoir protégé l'entraîneur accusé de viol par l'ancienne patineuse Sarah Abitbol.

Il y avait foule pour écouter Didier Gailhaguet.

Il y avait foule pour écouter Didier Gailhaguet. Image: AFP

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Une ministre «moralisatrice» et un entraîneur accusé de viol qu'il n'a «absolument pas protégé»: le patron du patinage français Didier Gailhaguet s'est défendu mercredi en ciblant Roxana Maracineanu et en aiguisant sa défense, en pleine tourmente liée aux révélations qui touchent sa fédération.

«Mme la ministre ne m'a pas entendu, elle est drapée dans ses certitudes», a déclaré M. Gailhaguet lors d'une conférence de presse, évoquant pêle-mêle «une fédération accusée, une ministre moralisatrice et des opportunistes de circonstances que l'on n'a pas vus dans les patinoires depuis 10 ans».

Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a par ailleurs pointé qu'un cas d'abus sexuel avait touché le club de natation de Clamart (Hauts-de-Seine), celui de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, ancienne championne du monde.

Ces déclarations sont intervenues juste après l'annonce du soutien du gouvernement à la demande de démission formulée lundi par Roxana Maracineanu.

Cette demande de démission est «évidemment partagée par l'ensemble du gouvernement», a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth N'Diaye.

Quatre démissions

Après le choc causé par les accusations de Sarah Abitbol et de plusieurs patineuses la semaine dernière, Didier Gailhaguet avait été convoqué en urgence lundi par Roxana Maracineanu pour avoir des explications.

A l'issue de leur entrevue, la ministre des Sports avait demandé à Didier Gailhaguet de démissionner, et annoncé l'ouverture d'une enquête administrative.

Mardi soir, à l'issue d'une réunion du bureau exécutif de la Fédération française des sports de glace (FFSG), M. Gailhaguet a annoncé qu'il ne prendrait pas de décision sur une éventuelle démission avant la fin de l'inspection administrative demandée par la ministre. Ce qu'il a de nouveau rappelé mercredi.

Dans la foulée de la tenue du bureau exécutif mardi soir, quatre des seize membres du bureau exécutif ont démissionné, en désaccord avec le maintien à son poste de Didier Gailhaguet.

«Il n'a rien fait, c'est un mensonge»

Mercredi, le président de la FFSG a affirmé qu'il avait lui-même demandé une enquête administrative au ministère des Sports, en 2000, sur l'entraîneur Gilles Beyer, à l'époque déjà controversé, et désormais accusé de viols par Sarah Abitbol. «Savez-vous qui l'a demandé ? C'est moi», a-t-il affirmé.

Pour montrer que sa fédération n'ignorait pas les problèmes de violences sexuelles, Gailhaguet a mis en avant une collaboration avec l'association «Colosse aux pieds d'argile». Il s'est attiré un démenti immédiat.

«Il n'a rien fait. C'est un mensonge», a affirmé à l'AFP l'ancien rugbyman Sébastien Boueilh, qui dirige l'association. Au contraire, «ça fait trois ans» que la danseuse sur glace Nathalie Péchalat «essaie de nous faire intervenir dans sa fédération, mais ils trouvent toujours une excuse», a-t-il ajouté, ce qu'a confirmé Nathalie Péchalat à l'AFP.

«Je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer», a souligné plus tard Gailhaguet, affirmant avoir appris les accusations de viols «il y a une semaine et demi», pour des faits remontant à plus de 20 ans.

Sur ces faits, Didier Gailhaguet avait auparavant lancé: «je n'ai pas de mots pour décrire mon dégoût».

Créé: 05.02.2020, 16h15

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