L’airbag se dégonfle un peu après la chute de Mattias Mayer

Val GardenaA part Erik Guay et les Autrichiens, les descendeurs sont sceptiques vis-à-vis de cette protection dorsale.

L’airbag ne fait pas l’unanimité chez les descendeurs. Beat Feuz (en bas à g.) estime qu’il y a encore trop de questions sans réponse alors que le Canadien Erik Gay (en bas à dr.) est un fervent défenseur de ce système de protection, qui fait débat après de la lourde chute de Mattias Mayer en décembre à Val Gardena (en haut).

L’airbag ne fait pas l’unanimité chez les descendeurs. Beat Feuz (en bas à g.) estime qu’il y a encore trop de questions sans réponse alors que le Canadien Erik Gay (en bas à dr.) est un fervent défenseur de ce système de protection, qui fait débat après de la lourde chute de Mattias Mayer en décembre à Val Gardena (en haut). Image: KEYSTONE, AP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Que ce soit ici à Wengen, à Santa Caterina ou à Kitzbühel, les descendeurs se retrouvent souvent chahutés, sur le fil du rasoir, prêts à flirter avec leurs limites et leur santé. Lorsqu’ils se mettent en piste, le danger est permanent, il guette à chaque saut, chaque porte, chaque virage. Un dérapage non contrôlé, une grosse glissade et c’est la chute qui tombe la plupart du temps bien mal. Cela arrive même aux meilleurs, les cadors du grand cirque blanc, qui doivent parfois tirer un trait sur leur saison ou leur carrière.

Champion olympique de descente à Sotchi, Matthias Mayer s’est récemment envolé sur une bosse. Le 19 décembre à Val Gardena, il s’est vautré en pleine vitesse; il a été calculé à 109 km/h avec une force de 13G. L’Autrichien a été opéré à deux vertèbres dorsales. Selon de nombreux observateurs, cela aurait pu être aussi grave que l’accident de Silvano Beltrametti en 2001 à Val d’Isère. Il aurait pu en effet se retrouver sur une chaise roulante.

A-t-il été sauvé par son airbag qu’il testait depuis le début de la saison? Selon les responsables de la marque italienne Dainese, qui a mis au point cette plaque dorsale, le crack d’Innsbruck aurait pu subir des dommages bien plus importants, notamment à la cage thoracique, s’il n’avait pas utilisé ce système de sac gonflable de sécurité.

La faute à la protection?

Ted Ligety a en revanche des doutes, estimant que «la chute de Mayer était violente, mais pas extraordinaire. Il a atterri sur la neige et a ensuite glissé, a expliqué l’Américain. Ce n’était pas un pantin qui se retournait dans tous les sens. Toute la presse a conclu que l’airbag qu’il portait lui a sauvé la vie, mais ce n’est pas argumenté», a renchéri le skieur de Park City qui ne croit pas à l’efficacité de ce «D-Air» développé par une firme transalpine spécialisée également dans la sécurité des motards dans les Grand-Prix. «Le problème avec cet airbag, remarque Ligety, qui possède aussi une entreprise de… protections pour le sport (Slytech), c’est qu’une fois qu’il s’est déclenché et gonflé, il crée une bosse à sa limite inférieure dans le dos de l’athlète. Et si vous regardez la chute au ralenti, vous voyez très bien que le dos de Mayer se courbe de manière extrême juste sur cette bosse. Et c’est là qu’il s’est blessé.»

Ancien directeur des courses à la FIS, Günter Hujara réfute cette accusation, précisant que la fédération allait continuer à soutenir le développement de cette plaque protectrice même si elle suscite encore bien des interrogations dans le milieu.

Les Suisses pas convaincus

«Moi, tant que ce n’est pas obligatoire, je ne le mettrai pas», a tonné l’Italien Dominik Paris. Du côté suisse, on partage le même avis. «Il y a encore trop de questions sans réponse, estime Beat Feuz. Le système comporte cinq capteurs et il suffit que trois d’entre eux diagnostiquent un mouvement de chute du skieur pour qu’il se déclenche.» Cette veste de protection pesant environ 800 grammes et gérée par un microprocesseur avec cinq capteurs se gonfle en moins de 100 millièmes de seconde lorsque l’athlète ne maîtrise plus sa trajectoire.

Jeune retraité, Didier Défago souligne pour sa part que toutes les fédérations ne veulent pas acheter le matériel d’une marque qui sponsorise les Autrichiens. «En plus, je l’ai trouvée lourde et pas très agréable à porter.» Même langage dans le camp français. «Aucun de nous ne le porte, confie Johan Clarey. On a essayé un modèle d’une société française qui développe des prototypes pour le skicross notamment. Mais nous n’avons pas été convaincus du résultat. C’est une superbe chose pour tout ce qui est périphérique au dos, mais pour la colonne vertébrale elle-même je ne suis pas certain que ce soit la meilleure des solutions. On ne sait pas ce qui se serait passé si Mayer n’avait pas eu l’airbag, mais pour l’instant cela ne semble pas être un produit miracle.»

Fervent défenseur de ce système, Erik Guay ne peut plus vivre sans cette protection. «J’ai trois petites filles à la maison, je dois faire tout mon possible pour rester en sécurité, lâche le Canadien. C’est bien de le prendre, ça ne me gêne pas et on s’y habitue très vite. Aujourd’hui, je ne le sens même plus.» Le Québécois s’élancera tout à l’heure sur le Lauberhorn bien décidé à flirter avec ses limites…


Janka n’était pas loin du podium…

On l’attendait tout devant, comme l’an dernier. Mais, la poisse s’est collée aux spatules de Carlo Janka. Vainqueur du combiné en janvier 2015, le Grison a enfourché dans le slalom à quelques portes de l’arrivée. Neuvième de la descente le matin (à 1’’48 de Svindal), le Suisse possédait un temps qui lui aurait permis de monter sur le podium avant de connaître l’élimination.

Dans une épreuve technique favorisant, pour une fois, les descendeurs dans le schuss du Lauberhorn, le grand Marc Gisin en a profité pour se hisser au 6e rang, son meilleur résultat en Coupe du monde. Et sauver la fa(r)ce du côté suisse, toujours à la recherche d’une place dans le top 3 cet hiver.

La victoire est revenue finalement à Kjetil Jansrud, troisième lors la manche de vitesse, qui s’est fait un plaisir de battre son pote norvégien, le grand Aksel-Lund Svindal, pour quatre centièmes. Et un nouveau doublé pour ces «Attacking Vikings» lesquels, avec Henrik Kristoffersen, ont déjà remporté 10 des 17 courses disputées cette saison. Si on ajoute le succès de Nina Loeseth chez les dames, la Norvège en est même à 11 succès cet hiver. Soit aussi bien que le record de la saison 1998/1999, quand Lasse Kjus et Kjetil Andre Aamodt collectionnaient les bouquets sur la Coupe du monde. «En Norvège, on parle toujours de la génération dorée, celle des années 90. Mais ce que l’on réalise cette saison est tout simplement incroyable et on n’a pas l’intention de s’arrêter là», a lâché Jansrud.

Toujours en quête d’une première victoire à Wengen et à Kitzbühel, son copain Aksel-Lund est enfin prêt à triompher sur le Lauberhorn, lui qui avait terminé troisième en 2014 derrière Patrick Küng et Hannes Reichelt, le tenant du titre. «Si les conditions sont égales pour tout le monde, j’ai de grandes chances de m’imposer ce samedi», a souri le meilleur skieur de l’hiver. Comme Théaux, 3e hier et victorieux à Santa Caterina, on l’attend tout devant… C.MA.

Créé: 15.01.2016, 21h23

Articles en relation

Matthias Mayer a quitté l'hôpital

Ski alpin Après sa chute lors de la descente de Val Gardena il y a 11 jours, l'Autrichien est sorti de l'hôpital. Plus...

La saison de Matthias Mayer est terminée

Ski alpin Le champion olympique de descente a lourdement chuté à Val Gardena. Il s'est fracturé deux vertèbres. Plus...

Feuz est prêt

Et si, quatre ans après son succès au Lauberhorn, il revenait au sommet? «Avec lui, tout est possible.» Bruno Kernen, victorieux en 2003, est prêt à miser sur Beat Feuz. Blessé au tendon d’Achille en septembre à l’entraînement, le Bernois est de retour à la compétition cette semaine. «Compte tenu des circonstances, je suis content de ma descente», a déclaré l’Helvète, bon dixième dans la manche de vitesse du combiné avant de renoncer au slalom. «Plus j’avançais, plus je pouvais attaquer et prendre confiance. J’ai ressenti de bonnes sensations.» S'il n’a aucune douleur ce matin, il sera au départ, prêt à réaliser un miracle. C.MA

Au programme

Samedi
Descente (12h30)

Dimanche
Slalom (10h30/13h30)

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.