Alain et Nicolas Prost détaillent les enjeux d’un Grand Prix électrique

Sport automobileLa Formule E stimule le sponsoring. Une course à Lausanne en 2017 serait appréciée.

Nicolas et Alain Prost, père et fils, se tiennent prêts à participer au probable premier Grand Prix de Formule E à Lausanne en 2017. Image: Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Nombre de banques, à l’instar d’UBS, démontrent un vif intérêt pour le sponsoring dans le sport automobile (voir ci-contre). Alors que le cadre légal helvétique permet, depuis le 16 mars, l’accueil d’un Grand Prix de Formule E (électrique) en Suisse, cette tendance ne manquera pas de se confirmer. D’autant plus que Julius Bär & Co AG est déjà le partenaire financier global de cette nouvelle discipline.

Le financement d’un Grand Prix de Formule E ne s’avère en outre guère onéreux. Le budget de l’organisation sur site se limiterait souvent à quelque 5 millions de francs. Du coup, les frais des sponsors se révèlent d’une modestie proportionnelle. Parfois dix à vingt fois inférieurs aux montants consentis en F1. Julius Bär parle d’un engagement de moins de 10 millions pour l’ensemble de la saison en Formule E, avec dix épreuves. Et sans que cela ne nuise à la visibilité de l’événement.

Les six premières courses, toutes effectuées en milieu urbain, ont ainsi attiré chacune 20'000 à 30'000 spectateurs. A cela s’ajoutent des retransmissions télévisées en direct de plusieurs diffuseurs européens. «Une plate-forme de sponsoring idéale», se félicitait récemment dans la presse Boris Collardi, le président du directoire de Julius Bär.

Aujourd’hui Alain Prost, quadruple champion du monde de Formule 1, patron de l’écurie «e dams Renault» en Formule E, ne doute pas des capacités de la Suisse d’assurer un Grand Prix dans cette discipline pour la saison 2016/17. Son coureur Nicolas Prost voit lui-même une certaine logique dans la tenue du premier Grand Prix suisse de Formule E à Lausanne. Rencontre.

– La première saison de Formule E se court actuellement avec dix épreuves. On parle déjà d’un championnat 2015/16 avec quinze courses. Dans ces conditions, le Grand Prix de Suisse ne vous paraît-il pas assuré en 2016/17?
Alain Prost: En fait, la saison en cours se jouera peut-être déjà avec onze épreuves, si celle de Moscou est confirmée. Le nombre de courses dépend de la qualité de chaque projet. Je milite moi-même pour une certaine prudence dans le nombre d’épreuves. En tant que patron d’écurie, j’ai mon mot à dire à ce sujet. Cela dit, une épreuve européenne supplémentaire dans le championnat serait très appréciée. Et en Suisse tout particulièrement. Du fait de ses lois et règlements, ce pays constitue souvent un modèle en matière de respect de l’environnement.

Nicolas Prost: Pour la saison 2016-2017, il n’y a pas de problème. Même sans course supplémentaire, la Suisse pourrait en effet reprendre une course actuellement organisée dans un autre pays.

- Avez-vous déjà entendu parler de candidatures suisses déposées auprès de la société détentrice des droits du championnat du monde de Formule E, Formule E Holding, domiciliée à Hongkong?
A.P.: A notre connaissance, aucune candidature helvétique officielle n’a encore été déposée à ce jour.

– Parmi les futures candidatures suisses déjà évoquées dans la presse il y a Lausanne, Montreux, Zurich et Lugano. L’une d’entre elles retient-elle plus particulièrement votre attention et l’absence de Genève dans cette liste vous surprend-elle?
A.P.: Le projet de Lausanne retient évidemment plus notre attention, c’est le seul qui nous a été présenté jusqu’à maintenant.

N.P.: En tant que citoyen suisse, domicilié dans le canton de Vaud, Lausanne me paraît étroitement liée aux grands événements sportifs. Le Comité international olympique et nombre de grandes fédérations sportives y sont domiciliés. La Ville de Genève semble garder pour sa part une vocation plus culturelle.

– Mais vous, Alain Prost, vous habitez Genève. N’avez-vous jamais éprouvé un espoir lié à un site dans ce canton?
A.P.: Non, je n’y ai jamais vraiment réfléchi et je ne saurais critiquer les pouvoirs publics ne se portant pas candidats. Il faut être vraiment motivé pour un tel défi, au-delà même de ses aspects financiers.

N.P.: Un site iconique, ou tout au moins de référence, me semble absolument nécessaire. Un Grand Prix à Genève se courrait donc forcément non loin du pont du Mont-Blanc. Le Vieux-Carouge s’avérerait d’ailleurs vite trop étroit. Là n’est toutefois pas le plus important. La Formule E doit avoir un sens au-delà même du sport. J’en reviens dès lors au chef-lieu vaudois où la présence de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) décuplerait la valeur des enjeux technologiques de cette compétition.

– Parlons quand même un peu de sport! Quels adversaires pourraient-ils le plus nuire à vos chances d’être les premiers champions du monde de Formule E en juin?
N.P.: Après les six premières courses, nous sommes troisièmes du classement général avec Sébastien Buemi. Et nos principaux adversaires restent les brésiliens Lucas di Grassi et Nelson Piquet Jr, de l’écurie China Racing.

Créé: 20.04.2015, 23h11

L’attrait des bolides

Les banques misent volontiers sur les bolides. UBS se profile ainsi en partenaire financier global de la Formule 1. D’autres établissements préfèrent s’approcher davantage des écuries.

La maison danoise Saxo Bank prend ainsi soin de Lotus F1 Team, Banco do Brasil de Williams Martini Racing. Le groupe bancaire espagnol Santander préfère pour sa part agir en sponsor de Grand Prix, à l’instar de ceux de Grande-Bretagne
et d’Allemagne.

Articles en relation

Et si Lausanne accueillait la Formule E?

Sport automobile La Suisse ouvre la voie aux courses de voitures électriques. La capitale vaudoise songe à se porter candidate. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.