Alex Miescher démissionne, mais l’ASF a encore des problèmes

FootballAprès neuf ans passés à l’ASF, le secrétaire général a pris la porte. Il paie de sa place ses déclarations sur les binationaux.

Alex Miescher était secrétaire général de l’ASF depuis le 1er décembre 2009.

Alex Miescher était secrétaire général de l’ASF depuis le 1er décembre 2009. Image: KEYSTONE

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Tout est parti d’une simple discussion avec une poignée de journalistes sélectionnés par ses soins, au café du stade Torpedo de Togliatti, où la Suisse avait posé son camp de base en Russie. Alors que la Nati venait de se faire éliminer et que toute la presse espérait pouvoir poser des questions à Vladimir Petkovic pour tirer le bilan de cette campagne de Russie, le «Mister» n’a pas daigné se présenter. Alex Miescher, secrétaire général de l’ASF, ne s’est lui non plus pas exprimé en public, mais a rencontré une poignée de reporters un peu à l’écart. Il pensait sans doute faire évoluer un peu les choses en tenant un discours musclé sur les binationaux, un thème qui avait agité le pays quelques jours plus tôt en raison des célébrations dites de l’aigle bicéphale. Mais cette interview, et la tempête qui s’est ensuivie, a coûté son poste au secrétaire général de l’ASF.

Des propos déplacés

Dans cette interview, Alex Miescher y évoquait notamment sa volonté éventuelle d’«ouvrir les portes du programme de formation seulement aux jeunes joueurs qui renoncent à leur double nationalité». Des propos tendancieux, tenus au mauvais moment, et qui niaient l’apport des joueurs à double (ou triple) culture à l’équipe nationale. Immédiatement, des joueurs s’étaient désolidarisés, à l’image de Valon Behrami et de Granit Xhaka, même si ce dernier, de manière assez ironique, ne possède… que le passeport suisse.

Après quatre semaines de silence, Alex Miescher a démissionné vendredi en réservant quelques phrases au communiqué de presse de l’ASF. Celui-ci évoque des «malentendus» et des «erreurs de communication». Peter Gilliéron a réagi officiellement un peu plus tard, toujours par l’intermédiaire de la Fédération. Le président de l’ASF explique avoir mené une réunion du comité central lors de laquelle «nous avons évoqué les erreurs que nous avons pu commettre dans la communication externe. Nous sommes également arrivés à la conclusion que ce premier regard porté sur cette Coupe du monde contient également des aspects positifs. Mais je dois aussi avouer que nous devons revoir des choses dans le domaine de l’organisation.»

Ces paroles peuvent paraître obscures, mais l’ASF communiquant tellement peu souvent de manière aussi directe, ces phrases prennent tout leur sens. Même si Peter Gilliéron n’a pas souhaité commenter la démission d’Alex Miescher, il ressort de ses propos que des «discussions intenses» étaient nécessaires. Dans l’immédiat, Robert Breiter, juriste de l’ASF, est appelé à assumer les fonctions liées au poste qu’occupait Alex Miescher.

Communication dépassée

Cette démission ne règle pas le souci de communication régnant à l’ASF et mis en exergue par les propos de Valon Behrami cette semaine. Le Tessinois de 33 ans a-t-il été exclu de l’équipe nationale, comme il le prétend? Vladimir Petkovic a démenti cette information le soir même, mais le mal est fait et le doute s’installe.

L’ASF, c’est un fait, n’a pas su insuffler un élan positif autour de sa sélection, comme ont su par exemple le faire les Fédérations de pays étrangers pendant la Coupe du monde. La communication était verrouillée, l’accès à l’équipe impossible, y compris au travers des réseaux sociaux. Le travail réalisé par la Fédération française de football, par exemple, pourrait être une piste à suivre. Au-delà du film sorti deux jours après la finale (une équipe vidéo a suivi les Bleus dans leur intimité), les immersions dans le quotidien de Paul Pogba, Antoine Griezmann et des autres ont été régulières pendant tout le tournoi. Un virage que la si conservatrice ASF, désireuse de surprotéger des joueurs, n’a pas pris. Et qui va bien au-delà des déclarations du seul Alex Miescher.

Sans même parler de l’efficacité avec laquelle la Fédération suédoise a géré «l’affaire Durmaz», après les propos racistes dont a été victime leur joueur d’origine libanaise. Une polémique mille fois mieux gérée que celle des aigles binationaux.

(24 heures)

Créé: 10.08.2018, 21h59

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