«Alinghi» et «Ladycat» sont prêts à croiser le fer

Bol d'Or Mirabaud 2018Dona Bertarelli espère une 3e victoire en cinq ans pour s’approprier le trophée définitivement. Mais «Alinghi» et son frère Ernesto entendent gâcher la fête.

«Ladycat» et «Alinghi» ne vont sans doute pas se lâcher du regard et proposer un nouveau duel à couteaux tirés.

«Ladycat» et «Alinghi» ne vont sans doute pas se lâcher du regard et proposer un nouveau duel à couteaux tirés. Image: NICOLAS JUTZI

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est le Graal de tout régatier lémanique. Mettre la main pour de bon sur le trophée du Bol d’Or Mirabaud. La méthode est à la fois simple et compliquée. Il faut gagner trois fois la course en l’espace de cinq éditions. Une équipe est en position de la faire. Son identité? Ladycat Powered by Spindrift racing. Le bateau de Dona Bertarelli se retrouve même dos au mur. Après ses succès de 2014 et 2016, la navigatrice doit s’imposer cette année ou repartir pour un nouveau cycle 2016-2020.

Pour l’écurie suisse basée à La Trinité-sur-Mer, en Bretagne, ce retour sur le lac constitue même un véritable retour aux affaires après une fin de saison 2017 très compliquée. On se souvient qu’à l’automne, le maxi-trimaran Spindrift 2 s’est mis en stand-by à Brest dans l’attente d’une fenêtre météo favorable pour tenter de battre le record du Trophée Jules Verne. Une attente longue. Trop longue sans doute. En janvier, après un vrai faux départ, le 8, l’équipe allait connaître un cruel et terrible coup du sort une semaine plus tard. À quelques encablures de la ligne de départ, Spindrift 2 était victime d’un démâtage spectaculaire mais fort heureusement sans autre conséquence qu’un gros coup sur le moral des hommes du bord.

Un Bol qui tombe à pic

C’est dire que le Bol d’Or tombe à pic pour retrouver le sourire, même si rien ne sera simple. La Genève-Rolle-Genève, il y a une semaine, a rappelé qu’Alinghi serait très dur à battre. Cela n’enlève rien à la détermination de Yann Guichard, coskipper de Ladycat et mari de Dona Bertarelli. «Malgré les quelques difficultés, notre motivation reste intacte, dit-il. Et nous sommes prêts à relever les défis. Nous avons navigué ces six dernières années en multicoques sur différents supports en nous appuyant sur une équipe solide, que ce soit en mer ou à terre, et j’ai confiance en elle», commente Yann Guichard.

Une affaire de famille

Il faudra bien cela pour régler cette affaire de famille qui oppose Dona et Ernesto Bertarelli. Sur l’eau, ces deux-là ne se font pas de cadeau et le duel sportif est parfois somptueux. En 2016, c’est Ladycat qui avait joué au chat et à la souris avec Alinghi (un faux empannage avait été le coup décisif à hauteur d’Évian) pour mieux filer en solo vers la victoire. L’an passé, dans ce qui avait constitué pour beaucoup le «Bol d’une vie», c’est Alinghi qui était ressorti vainqueur d’un sprint final époustouflant. Jusque-là, les deux équipes s’étaient livrées à un duel passionnant. «On a vraiment bien navigué de bout en bout, estimait alors Dona Bertarelli. C’était une course au contact tout en creusant l’écart avec le reste de la flotte, et c’est tout ce qu’on se souhaitait! On avait fait le choix de ne participer qu’à deux courses cette année avec Ladycat, donc on est très contents et on n’a pas démérité en passant à 500 mètres de la victoire!»

Depuis l’an passé, le catamaran noir et or ne participe plus au championnat des D35. En s’extirpant de la classe, il s’est offert le droit de faire quelques modifications. Des petits ajustements dont les résultats ne sautent pas aux yeux en termes de vitesse jusqu’à présent. La Genève-Rolle-Genève qui a eu lieu il y a une semaine n’a pas permis d’apporter de nouvelles réponses.

Une répétition réussie

On dit volontiers que la première classique lémanique sert de répétition générale au Bol d’Or Mirabaud. Les équipes avancent leurs pions à une semaine du grand rendez-vous de la saison. Et quid de Ladycat, largement battu par Alinghi? Même si le résultat final (9e) est décevant, l’inactivité lacustre de l’écurie basée à La Trinité-Sur-Mer ne pèsera pas trop sur sa capacité à jouer sur le haut du tableau. Le temps d’une solide montée vers Rolle, le multicoque noir et or s’est mêlé à la lutte avec les meilleurs. Par la suite, il a été victime du fameux passage à niveau d’Yvoire lorsque seul Alinghi s’est faufilé entre les barrières pour filer seul vers Genève.

Nul doute qu’au sein du Team d’Ernesto Bertarelli, personne n’oubliera les cinq premières heures de course. D’autant plus qu’en cas de succès en ce 80e anniversaire, Alinghi se donnerait la possibilité de conserver le trophée définitivement dans les trois ans à venir. Ce rêve de tout régatier lémanique, Ernesto Bertarelli l’a déjà réalisé au tout début des années 2000. Mais ne dit-on pas que les ogres ne sont jamais rassasiés?

Créé: 08.06.2018, 12h48

Articles en relation

«Alinghi» s’envole à huit jours du Bol

Voile Impressionnant de maîtrise, le bateau d’Ernesto Bertarelli gagne une Genève-Rolle-Genève riche d'enseignements. Plus...

Un très gros week-end pour «Alinghi»

Voile L’équipe d’Ernesto Bertarelli est invaincue sur le lac depuis sa 2e place à la Genève-Rolle 2017. Elle veut sa revanche ce samedi Plus...

«Safram» et «Tilt» ont des ambitions

Sur le Bol d’Or Mirabaud, depuis quatorze ans, il y a les D35 et les autres. Depuis leur arrivée sur le circuit en 2004, les catamarans les plus puissants et surtout polyvalents du lac n’ont été battus qu’à une seule reprise. C’était en 2011, et le bateau qui avait brisé l’hégémonie était baptisé «Zenith Fresh!» Ce M1 a changé de propriétaire et est devenu «Safram». Skippé par le président du Bol d’Or, Rodolphe Gautier, il a les capacités de refaire le coup de 2011. Son «papa» en était convaincu après sa 7e place à la Genève-Rolle 2018: «C’est la première fois que nous nous sommes autant battus avec les D35. On se réjouit du Bol d’Or Mirabaud.»

Un autre bateau pourrait signer une première historique en devenant le premier foiler à s’imposer. Team Tilt, tout frais champion du monde de GC32, se lancera à l’assaut du Bol si les conditions sont favorables. En cas de coup de vent, l’équipe lémanique de Seb Schneiter est prête à s’envoler vers la victoire. mais rien ne sera simple si l’on se souvient qu’il y a un an, RealTeam n’avait pas su profiter de la bise pour s’imposer avec son GC32. G.Sz

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.