Alinghi et Spindrift s’envolent sous les yeux de la Bonne Mère. Décoiffant!

VoileLes deux teams lémaniques sont à Marseille cette semaine pour éprouver leurs nouveaux bateaux volants GC32.

Alinghi (à g.), Spindrift (au centre) et Armin Strom se sont confrontés pour la première fois au large de Marseille.

Alinghi (à g.), Spindrift (au centre) et Armin Strom se sont confrontés pour la première fois au large de Marseille. Image: Jean-Guy Python

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Quel cadre pour une première en mer. Entre le château d’If et la colline de Notre-Dame-de-la-Garde, les bateaux fendent l’eau comme César se fendait le cœur dans la partie de cartes la plus célèbre de la littérature française. Il y a un siècle, Marius rêvait du grand large; aujourd’hui, les marins réalisent le rêve d’Icare. Dès que la brise se lève, le catamaran se soulève. La lourdeur apparente devient finesse absolue. Il n’y a plus de sillage. Seul le chant aigu et mélodieux du foil sur lequel repose ce fragile équilibre vient accompagner ce moment de grâce.

Les GC32 ont tout pour plaire. Conçus il y a environ trois ans, ils connaissent en 2015 une véritable percée. Il faut dire qu’après la Coupe de l’America en 2013, la porte de la cage aux foils a été ouverte. Elle avait ses défauts, cette Cup. Mais elle a donné le goût de la vitesse, de l’altitude, de la légèreté aux marins. Elle a aussi inspiré toute une génération d’ingénieurs qui dépensent leurs neurones sans compter pour concevoir la «dérive qui tue». Ceux qui ont dessiné ce catamaran de 32 pieds ont bien bossé. Ils ont convaincu deux équipes lémaniques.

Un nouveau challenge

Alinghi et Spindrift Racing ont mis la main sur un exemplaire. Le train de la voile moderne était en train de filer. Il fallait donc ne pas le rater. D’un côté, Ernesto Bertarelli voulait relever un nouveau challenge après avoir gagné le championnat des Extreme Sailing Series en 2014 sur des catamarans archimédiens, comme le sont les D35 lémaniques. De l’autre côté, Dona Bertarelli, qui a fondé sa propre écurie de course au large avec son compagnon Yann Guichard, ne pouvait pas non plus rester insensible à cette évolution.

Spindrift Racing a un objectif majeur cette saison: c’est le Trophée Jules Verne, le tour du monde sans escale et sans assistance, sur le plus grand trimaran de course du monde, le Maxi Spindrift 2. L’équipe sera en stand-by cet automne. En attendant, elle multiplie les expériences sur tous les supports multicoques possibles. D35 sur le lac, Diam24 pour le Tour de France à la voile et donc GC32 avec ce Bullit GC32 Racing Tour qui démarrera officiellement à la fin de mai en Autriche.

Un vrai coup de foudre

Dona Bertarelli ne fera pas partie de l’équipe GC32. Elle se concentre sur le D35 et sur sa préparation au Jules Verne. Mais hier, elle s’est tout de même offert un baptême de l’air lors de la 5e manche courue. Elle faisait office de 6e «homme», à l’instar de plusieurs représentants des médias conviés pour l’occasion. «C’était bluffant, tout simplement bluffant, dit-elle à peine revenue sur terre. J’ai été surprise par la stabilité de ces bateaux. En fait, c’est presque plus impressionnant à voir de l’extérieur. Quand on est dessus, on est tout de suite concentré sur la régate.» Yann Guichard, lui, arborait un sourire lumineux. «Là, je suis heureux comme un gamin. J’ai découvert une nouvelle façon de naviguer. C’est comme quand j’étais gosse et que j’avais délaissé le 420 pour le Tornado. Cela avait été un vrai coup de foudre.»

A Marseille, donc, quatre des sept équipes qui s’aligneront dans ce championnat tout beau tout neuf se retrouvent cette semaine pour régater pendant quatre jours. L’idée, c’est de développer des formats de course en flotte adaptés au mieux à ces bateaux monotypes. Pour les deux équipes lémaniques, c’est l’occasion de se mettre tout de suite dans le bain. Un mois à peine après la prise en main, la comparaison avec les deux autres teams est délicate. GDF Suez de Sébastien Rogues et Armin Strom Sailing Team du Suisse Flavio Marazzi – qui a laissé la barre à Kris Draper (le skipper de Luna Rossa en 2013 à San Francisco) pour l’occasion – naviguent depuis plusieurs saisons. Et cela se voit en ce premier jour de confrontation avec les néophytes.

Marge de progression

«La marge de progression est énorme», reconnaît Pierre-Yves Jorand, «boat-captain» d’Alinghi. Nils Frei, son équipier, abonde. «C’est un bateau physique, très physique. Après quelques navigations sur le lac où nous avons surtout tiré des bords en ligne droite pour apprivoiser les phases de vol, là, nous commençons notre apprentissage au niveau des manœuvres. Il y a du boulot pour acquérir les automatismes. Alors nous devons profiter au maximum de ces conditions parfaites ici, à Marseille.»

Là-haut sur sa colline, la Bonne Mère semble sourire…

Créé: 23.04.2015, 22h03

Les GC32 c’est…

Un championnat

Le Bullit GC32 Racing Tour

Cinq étapes

1. Traunsee (Aut), du 27-31 mai

2. Cowes (GB) du 24 au 27 juin

3. Kiel (All) du 30 juillet au 2 août

4. Rome (It) du 27 au 30 août

5. Marseille (F) du 30 septembre au 3 octobre

Sept équipes

Alinghi (S)

Armin Strom Sailing Team (S)

GDF Suez (F)

Spindrift Racing (F/S)

Team Argo 32 (EU)

Team Spax (PB)

Team ZouLou (F)

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