Un an après l’accident, Damien Riedi a une autre vision du jeu

Hockey sur glaceVictime d’une charge qui aurait pu le laisser paralysé, le Vaudois craint parfois que ça ne lui arrive encore, mais en pire.

Sévèrement touché en début d’année 2018, Damien Riedi est remonté dans le train du hockey.

Sévèrement touché en début d’année 2018, Damien Riedi est remonté dans le train du hockey. Image: Patrick Martin

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Damien Riedi prend chaque soir le train pour rentrer chez lui. Ce qu’il y a de bien avec les wagons, il le sait, c’est qu’ils n’ont pas de rétroviseur. Impossible pour ses occupants de regarder derrière. Pourtant, le jeune homme ne peut s’empêcher de penser à ce qu’il a connu avant de faire ce trajet depuis Lausanne qui, quatre fois par semaine, le conduit à la patinoire de Martigny, où il joue désormais. «J’ai toujours la crainte qu’un accident m’arrive à nouveau sur la glace et que cette fois j’y passe.» Y passer, pour lui, ça veut dire «rester paralysé».

Ça a failli lui arriver une fois. C’était il y a un peu plus d’un an. Damien Riedi portait le maillot de Star Forward, ce jour-là en déplacement sur la glace de Thoune pour une banale rencontre de MySports League. Au cours du match, il reçoit un violent cross-check dans le bas du dos qui l’envoie valdinguer contre la balustrade. Il est sonné. Surtout, il ne sent plus ses jambes. Une ambulance le conduit à l’hôpital, où les examens se révèlent rassurants. Il reprend son travail de mécanicien auto une semaine après. Mais pour le hockey, c’est trop tôt. Il ne sait même pas s’il rejouera un jour. «Est-ce que ça vaut la peine de prendre autant de risques pour mon sport?» se demande-t-il.

«J’aime trop le hockey»

On voulait avoir de ses nouvelles, un an après son accident, alors on l’a appelé. C’est au téléphone qu’il nous a donné rendez-vous sur le quai de la gare, voie 4 en direction du Valais, où il a relancé sa carrière. «J’aime trop le hockey», glissera-t-il un peu plus tard pour expliquer sa farouche volonté de retrouver la compétition. Bien sûr, comme dans toutes les histoires d’amour, rien n’est simple. «Après ma grave blessure, j’ai pu disputer une rencontre avec Morges la saison dernière puis j’ai signé à Martigny. Au début, j’étais très prudent. Je jouais un peu différemment qu’auparavant. J’essayais de me protéger, de me tenir le plus éloigné des situations délicates.» Comment se protéger dans un sport de contact disputé à haute intensité et sur une petite surface sans échappatoire? «Je tâchais de me positionner près de la bande et de tourner le moins possible le dos aux adversaires.» Des adversaires auxquels il ne veut surtout pas faire subir ce qu’il a vécu. «Quand j’arrive dans leur dos et assez loin de la bande, une petite lumière s’allume et m’incite à faire attention.»

Il dispute une dizaine de matches la peur chevillée au plastron puis retrouve gentiment les sensations. Mais ce qui se passe sous le casque, c’est encore autre chose. «J’ai toujours une petite inquiétude dans le vestiaire avant le match. J’ai rejoué deux fois contre Thoune. Là-bas forcément, les souvenirs ont ressurgi.» Il a croisé le chemin de son bourreau, Manuel Neff, un belligérant notoire. Il lui a serré la main. «J’ai ressenti de la fierté. Je lui ai montré que j’étais de nouveau là, que j’avais réussi à revenir.» Il ne lui en veut plus, ou plus comme avant. «Je trouverai toujours con ce qu’il a fait. Mais c’est un joueur qui est comme ça (ndlr: violent sur la glace) et je ne pense pas qu’il va changer.»

Presque le même qu’avant

Damien Riedi, lui, a changé. Même si son entraîneur, Laurent Perroton (ex-Star Forward), l’a retrouvé dans les mêmes dispositions physiques qu’avant son accident, l’attaquant de la quatrième ligne sait que son dos est un peu plus fragile que par le passé. «Il y a un mois, j’ai à nouveau ressenti des douleurs au niveau des lombaires après une charge. J’ai été arrêté trois semaines.» Sa carrière a été une nouvelle fois ralentie, et on se demande quand même s’il n’aurait pas été un meilleur joueur encore sans sa grave blessure de janvier 2018. A-t-il été freiné dans sa progression? Honnête et lucide, le Vaudois répond que «non, pas forcément».

Il a 25 ans. Il sait que sa chance de faire carrière au haut niveau est sans doute passée. Que peut-on lui souhaiter? «Je vais encore essayer de percer dans le hockey. Sinon pourquoi ne pas monter une entreprise, dans le domaine de la mécanique ou ailleurs? Pourquoi ne pas développer un nouveau concept?» Comme des rétros aux wagons, pour savoir d’où l’on vient? (24 heures)

Créé: 11.02.2019, 22h31

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