Les analyses de Lucien Favre avant le sprint final

Bilan avant les quarts de finale Premiers enseignements avant la suite de l’Euro, avec l’entraîneur de l’OGC Nice .

L’Italie épate: «C’est le système qui fait la différence, ce 3-5-2 bien huilé hérité de la Juve», analyse Lucien Favre.

L’Italie épate: «C’est le système qui fait la différence, ce 3-5-2 bien huilé hérité de la Juve», analyse Lucien Favre. Image: Manu Fernandez

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Une première partie d’Euro a vécu et s’est achevée avec les huitièmes de finale, une phase insolite induite par l’élargissement des participants à 24 équipes. Depuis vingt ans, c’est au stade des quarts de finale, qui débutent demain à Marseille, que l’Euro se lançait dans les matches à élimination directe. Les cartes ont-elles été redistribuées pour autant? Quels sont les enseignements jusque-là? Les surprises ou les confirmations en sont-elles vraiment? C’est le moment d’un premier bilan. Et Lucien Favre, entraîneur de Nice, technicien de l’analyse, s’est prêté au jeu.

Quoi de neuf à 24 équipes?

Certains spécialistes, joueurs ou entraîneurs, ont évoqué une perte de qualité générale avec 24 équipes à l’Euro et non plus 16 comme depuis 1996. Autrement dit trop de «petits» présents, ce qui aurait nui au spectacle du premier tour et des huitièmes de finale. Mais s’ils étaient si petits que cela, les «grands» n’en auraient fait qu’une bouchée. Or la Hongrie, l’Islande, l’Eire, l’Irlande du Nord ou la Slovaquie se sont pourtant qualifiés pour les huitièmes de finale. Et même mieux pour l’Islande, cas d’école à elle toute seule.

L’analyse de Favre: «Un Euro à 24 équipes, cela donne la chance à de petites équipes d’exister sur la scène internationale. Et ce n’est pas si simple pour les autres. Aucun match n’est facile, ou presque. Mais j’ai un peu le sentiment que l’intérêt des gens ne grandit que maintenant, à l’occasion des quarts de finale. Ce n’est même pas une question de qualité de jeu.»

Espagne et Angleterre: flop!

Déjà mal inspirée en phase de groupe à part son match contre la Turquie (3-0), l’Espagne a fait flop contre l’Italie. Idem pour l’Angleterre, contre l’Islande. Deux pays qui voulaient pourtant se racheter une conduite après leur élimination en phase de poule lors du Mondial 2014.

L’analyse de Favre: «L’Angleterre n’est pas bonne depuis des décennies, point final. Elle doit envisager de grosses réflexions sur sa formation. L’Espagne? Il y a de la fatigue dans cette équipe qui a tout gagné et qui joue moins bien. Xavi n’a pas été remplacé.»

Allemagne, Italie, Belgique: top

On n’évoque volontairement pas ici l’Islande, le bol de fraîcheur (lire page 16), qui méritait bien sûr un grand top.

Mais il y a donc l’Allemagne et la Belgique, attendues, qui assurent. Et la «plus faible Italie de ces vingt dernières années», disaient certains avant cet Euro, qui épate.

L’analyse de Favre: «L’Allemagne est toujours là, c’est comme cela. Elle a des acquis et des assurances. La Belgique est la première équipe européenne au classement FIFA. Elle a eu besoin de temps, mais avec De Bruyne et Hazard qui vont bien, tout est plus simple. L’Italie? C’est le système qui fait la différence, ce 3-5-2 bien huilé hérité de la Juve. Sur un mois de compétition, cela peut surprendre les adversaires.»

La France: qu’en penser?

Autoproclamée favorite de l’Euro, où se situe la France? Quatre matches, quatre compositions différentes, des modifications de système de jeu. Pour tout dire, Didier Deschamps donne l’impression de naviguer à vue. Mais avec la baraka d’un vieux corsaire: groupe pas compliqué, Irlande du Nord en huitièmes de finale et Islande à battre désormais en quarts. On veut bien prêter toutes les vertus aux Islandais, mais le parcours qui mène en demi-finale n’a pas été vraiment parsemé d’embûches pour des Tricolores vernis.

L’analyse de Favre: «Je constate que cela ne tourne pas encore comme attendu, il y a encore une recherche d’équilibre. La France a aussi un peu mal à sa défense. Mais Umtiti qui remplacera Rami est un sacré défenseur. Cela dit, cette équipe monte en puissance. Et elle joue à domicile…»

Le mirage de la possession

Les chiffres parlent. Meilleure possession de balle: 1. Allemagne 64%. 2. Espagne 61%. 3. Angleterre 59%. 4. Suisse 58%. Ces mêmes quatre équipes ont le meilleur pourcentage de passes réussies. Pourtant, une seule encore est en vie dans cet Euro, l’Allemagne bien sûr. Conclusion: les Allemands sont les seuls à faire bon usage du ballon qu’ils possèdent. La fin de cette course à la possession du ballon battue en brèche par l’Islande par exemple?

L’analyse de Favre: «La possession, ou le redoublement de passes inutiles, cela ne veut rien dire en soi. Il faut voir ce qu’on fait du ballon. L’Espagne, avant, avait cette faculté à garder le ballon pour accélérer ensuite. L’Allemagne a toujours des options dans la verticalité. Mais il est vrai, cet Euro le montre, que plusieurs équipes ont appris à s’organiser contre une formation qui a la possession de la balle.»

Créé: 29.06.2016, 08h50

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