Les attaquants suisses ne marquent pas assez…

Football Les Helvètes n’ont inscrit qu’un but en 2016. A eux de vite retrouver le chemin des filets avant l’Euro. Dès vendredi contre la Moldavie?

Samedi à Genève, le milieu de terrain Blerim Dzemaili a inscrit le seul but de l’équipe de Suisse lors de ses trois matches de 2016.

Samedi à Genève, le milieu de terrain Blerim Dzemaili a inscrit le seul but de l’équipe de Suisse lors de ses trois matches de 2016. Image: Keystone

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Dans notre pays, que ce soit dans un stade ou une patinoire, c’est devenu une sale manie: l’attaque tique et inquiète. C’est chronique. A neuf jours d’affronter l’Albanie à Lens, les Helvètes ne marquent pas assez. En 2016, en trois parties amicales, les filets adverses n’ont d’ailleurs tremblé qu’une seule fois, grâce à Dzemaili, samedi à Genève face aux Belges. Les statistiques de la phase de qualification de l’Euro, en 2014-2015, sont tout aussi révélatrices. Même si nos Guillaume Tell du ballon rond ont affronté deux fois le faible Saint-Marin (4-0 et 7-0), le plus efficace de nos internationaux (Xherdan Shaqiri) n’a signé que quatre réussites, loin derrière les 13 buts de Robert Lewandowski (Pologne), les 11 de Zlatan Ibrahimovic (Suède) et les 9 de Thomas Müller (Allemagne). Véritable attaquant de Vladimir Petkovic, Haris Seferovic a surtout brillé dans d’autres domaines: à part son écart de langage à la Praille, durant la campagne, il y a eu certes ses trois goals, mais il a surtout été le joueur qui a été sifflé le plus en position de hors-jeu (13 fois). «Nos attaquants sont muets en équipe de Suisse, mais dans leurs clubs aussi, constate Léonard Thurre, qui s’est «amusé» ces derniers jours à rechercher les goleadores suisses dans les cinq grands championnats européens. Là aussi, grimace l’ex-international vaudois, il faut descendre bas dans les classements…»

«Problème de confiance»

Et c’est encore ce diable de Shaqiri, avec Stoke City (3 buts, dont 2 en un match), qui en a récolté le plus. «Même des défenseurs marquent davantage que les Suisses, renchérit le consultant. A l’exception du Bâlois Breel Embolo, qui a un gros potentiel, il y a un problème de confiance avec ces attaquants qui ne sont souvent que remplaçants dans leurs clubs. Difficile du coup d’arriver en équipe nationale avec un mental d’enfer pour claquer des goals. Après, il ne faut pas se mentir, ils ne sont pas aussi forts qu’ils veulent bien le penser. A eux de se poser les bonnes questions et d’avoir un peu plus d’humilité. Un crack, c’est un gars qui marque au moins 15 buts par saison et on en est loin!»

Celui qui avait réussi les trois derniers buts aux Charmilles et le premier à la Praille sous le maillot grenat transmet aujourd’hui, à l’instar de Stéphane Chapuisat, son expérience aux jeunes attaquants vaudois. «C’est un sujet sensible qui touche l’ASF (Association suisse de football), reconnaît l’ex-Servettien. Une commission pour les entraîneurs des attaquants s’est mise en place pour former des joueurs performants offensivement. On organise des séminaires entre toutes les parties du pays. Je ne veux pas tirer à boulets rouges sur les attaquants, je l’ai aussi été et il m’est aussi arrivé de ne pas marquer pendant un certain temps. Quand tu joues devant et que tout va bien, c’est toi qui récoltes les lauriers, par contre tu es le premier montré du doigt si tu rates. Maintenant, la réponse, c’est sur le terrain qu’ils doivent la donner, dès vendredi contre la Moldavie à Lugano. Et si nos internationaux ont gardé leurs buts pour cet Euro, tant mieux…»

A l’image d’Alex Frei

Et s’ils réussissaient un coup franc du tonnerre comme Dimitri Payet avec la France contre le Cameroun? «On ne possède pas un spécialiste des coups de pied arrêtés, regrette l’entraîneur des M19 suisses, Gérard Castella. On doit laisser plus de temps aux jeunes pour peaufiner ce genre d’exercice. Si Shaqiri, Xhaka ou Rodriguez s’entraînaient plus dans ce domaine, ils pourraient être meilleurs. C’est comme les corners, ça s’entraîne.»

Entre 2000 et 2013, une fois l’entraînement terminé, Alex Frei plaçait dix ballons, dix mannequins et il restait une demi-heure de plus que ses copains à chercher des repères devenus des automatismes. Auteur de 241 buts en 487 parties au plus haut niveau avec Servette, Rennes, Dortmund et Bâle (42 buts sur 84 avec l’équipe de Suisse), marquer était devenu une affinité pour ce roi des buteurs. Qui a dit que sans le travail le talent n’était qu’une sale manie?

Créé: 02.06.2016, 10h33

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