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L’avenir olympique de la Russie s’écrit à Beaulieu

Le CIO se prononce mardi en début de soirée sur la participation des athlètes russes aux prochains JO.

Alexander Legkov est l’un des nombreux athlètes russes à avoir perdu sa médaille.
Alexander Legkov est l’un des nombreux athlètes russes à avoir perdu sa médaille.
REUTERS

«C’est la décision la plus importante et significative que Thomas Bach est amené à prendre depuis son élection en tant que président du CIO en 2013», avance le journaliste Hajo Seppelt. Mardi, au Centre de Congrès de Beaulieu, le CIO annoncera en début de soirée si les sportifs russes pourront s’aligner aux prochains Jeux olympiques de Pyeongchang, en février 2018. Retour sur un scandale de dopage généralisé en quatre actes.

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Acte I

Hajo Seppelt est l’un des plus fins connaisseurs de ce dossier. Et pour cause, c’est l’Allemand qui a révélé, dans un reportage édifiant diffusé fin 2014 sur ARD, les premiers contours d’un système de dopage étatique et généralisé dans l’athlétisme russe. En novembre 2015, une enquête d’une commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage (AMA) révèle un système tout droit tiré d’un roman de contre-espionnage en pleine guerre froide. Pression du FSB (ex-KGB), menaces de mort, destruction de plus de 1400 tests antidopage et création d’un laboratoire fantôme. Les connexions remontent jusqu’aux plus hautes sphères du Kremlin. Dans la foulée, la Fédération russe d’athlétisme est suspendue de toutes les compétitions internationales par l’IAAF. L’affaire ne va pas pour autant se limiter à ce sport.

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Acte II

Un homme est au cœur du cyclone: Grigory Rodchenkov. Craignant pour sa vie, l’ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou fuit aux États-Unis. En mai 2016, il affirme au New York Times que les tests d’athlètes russes étaient trafiqués lors des JO 2014 de Sotchi. Des douzaines de sportifs, dont 15 médaillés olympiques, ont profité du système, selon lui. Des agents secrets exfiltraient les échantillons pendant la nuit grâce à une trappe secrète aménagée dans le laboratoire antidopage.

Mandaté par l’AMA, Richard McLaren publie la première partie de son enquête en juillet 2016. Plus de 643 athlètes dopés, issus de plus de 30 disciplines différentes, y sont épinglés. Ce total dépassera la barre des 1000 sportifs russes en fin d’année.

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Acte III

Juste avant les JO de Rio 2016, Thomas Bach dénonce une «atteinte choquante et sans précédent à l’intégrité du sport», affirmant être prêt à «prendre les sanctions les plus sévères». Pourtant, le CIO se montre clément et ne suspend pas les sportifs russes pour les Jeux. Le Comité olympique laisse le soin aux fédérations internationales de trancher. Au total, 111 Russes, dont 67 en athlétisme, seront privés des joutes cariocas. Deux commissions voient le jour. La première, dirigée par le Neuchâtelois Denis Oswald, est appelée à trancher les cas spécifiques des sportifs épinglés. L’ancien conseiller fédéral Samuel Schmid a, lui, pris la tête du deuxième groupe de travail pour investiguer sur l’aspect politique et structurel du système de dopage russe. C’est justement sur le rapport de ces deux commissions que le CIO prendra sa décision mardi à Lausanne.

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Acte IV

Lundi, à 24 heures du vote, 25 athlè­tes étaient toujours bannis par la commission Oswald. La Russie a ainsi perdu 11 des 33 médailles obtenues aux Jeux de Sotchi 2014. Au-delà de la décision, le vote historique de la Commission exécutive, ce mardi à Lausanne, marquera durablement le monde du sport. Toutes les options sont ouvertes concernant la participation russe aux JO 2018: de la suspension à une amende, en passant par la possibilité pour les athlètes de concourir sous couleurs neutres. L’hymne russe ne retentirait alors pas en Corée du Sud. L’avocat Serge Vittoz verrait dans cette décision un «compromis plus qu’une vraie solution». En mars, le Lausannois avait fait lever les sanctions contre neuf athlètes russes de canoë-kayak en pointant l’absence de preuves dans le rapport McLaren. «Permettre aux athlètes de s’aligner sous drapeau neutre à certaines conditions est cependant une nécessité, afin d’éviter que certains ne soient injustement et trop durement sanctionnés.»

Ces dernières heures, ce scénario est devenu plus que probable. Poutine lui-même a entrouvert la porte en faisant volte-face sur un éventuel boycott russe. Alors que le président avait d’abord évoqué «une humiliation pour la Russie» si le CIO choisissait l’option du drapeau neutre, le porte-parole du Kremlin a assuré lundi matin qu’un retrait russe «n’était actuellement pas envisagé».

Le site anglais Insidethegames, souvent bien informé, affirmait dans la foulée que Nike – équipementier officiel du CIO – avait déjà été contacté pour créer les tenues des athlètes russes qui s’aligneront sous couleurs neutres.

Le Comité olympique devrait alors trouver la formulation adéquate dans sa décision pour que la Russie puisse garder la face. Dans le cas contraire, Poutine changerait d’avis et aucun Russe ne participerait aux prochains Jeux.

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