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Bernard Challandes poursuit la construction du Kosovo

La sélection dirigée par le Neuchâtelois joue mardi soir à Zurich contre l’Albanie, un rendez-vous à haute valeur symbolique.

Dans son nouveau rôle, Bernard Challandes est confronté au défi de composer une équipe du Kosovo qui tienne la route.
Dans son nouveau rôle, Bernard Challandes est confronté au défi de composer une équipe du Kosovo qui tienne la route.
Keystone

Quand nous l’avons joint l’autre jour, Bernard Challandes (66 ans) roulait en direction de Zurich pour dégoter un hôtel et un terrain d’entraînement afin d’y installer sa nouvelle équipe. «La vie de sélectionneur du Kosovo, c’est aussi ça», s’amuse le Neuchâtelois. Ce mardi dès 20 h, le Kosovo, classé au 152e rang de la hiérarchie mondiale, défiera l’Albanie (56e) au Letzigrund dans un rendez-vous amical hautement symbolique avant d’affronter cinq jours plus tard le Congo (89e), et non plus la Côte d’Ivoire comme initialement prévu, à Wohlen.

Bien que compliqués à organiser, surtout en fin de saison, avec des internationaux éparpillés, ces moments de retrouvailles sont importants car ils permettent au nouveau sélectionneur de marquer son territoire. «On est en train de construire quelque chose, détaille le Neuchâtelois. Les plans existent déjà mais on est toujours à la cave, au niveau des fondations. Je serais déjà heureux d’atteindre le premier étage.» Nommé le 2 mars dernier, l’ancien coach de Zurich, de Sion, de NE Xamax, de Thoune et d’YB notamment avait fêté dans la foulée des débuts victorieux, lorsque le Kosovo avait tour à tour battu Madagascar (1-0) et le Burkina Faso (2-0) dans la région parisienne.

Bloqué par la géopolitique

Dans son nouveau rôle, Bernard Challandes est confronté à une difficulté qu’il ne s’attendait pas à vivre avec autant d’acuité: composer une équipe qui tienne la route. «Je ne suis pas embêté comme Didier Deschamps peut l’être, lui qui a dû éliminer des noms. Moi, je dois plutôt en trouver! La qualité existe mais il n’y en a pas assez. Je parlerais différemment si je pouvais disposer de Shaqiri, des frères Xhaka, de Behrami, etc. Tous ceux-là sont des Kosovars.»

On touche là au cœur du problème, à l’équilibre identitaire suite au morcellement géographique des Balkans. «En tant que sélectionneur, je suis souvent bloqué par la géopolitique. Des joueurs kosovars qui potentiellement pourraient m’intéresser ne possèdent pas le passeport kosovar. S’ils le demandent, ils perdent automatiquement leurs papiers actuels.» Cette fois, Challandes, confronté à plusieurs forfaits, dont celui du Lausannois Kololli, a dû bricoler plus qu’à l’accoutumée, faire appel à des espoirs. Il a notamment offert une première chance à Arbenit Xhemajli (20 ans), le défenseur de Xamax. «Beaucoup de joueurs sont partis dans la nature. D’autres, sans club, ne veulent pas prendre le risque de se blesser avant un transfert.»

Pour la sélection de Pristina, le rendez-vous zurichois contre le grand frère de Tirana aura forcément une forte composante historique compte tenu des liens de sang entre les deux communautés. «Cela promet d’être sympa mais je ne sais pas si cela le sera aussi pour moi. Est-ce que l’on peut rivaliser avec une équipe qui a participé à l’Euro 2016? Aujourd’hui, je m’aperçois que Christian Panucci (Ndlr: sélectionneur de l’Albanie) a contacté les mêmes joueurs que moi. On chasse sur le même territoire.»

Dans la nouvelle Ligue des nations de l’UEFA qui débutera cet automne, le Kosovo s’est logiquement retrouvé parmi les viennent-ensuite. Il commencera la compétition à Bakou, face à l’Azerbaïdjan (7 septembre), avant de recevoir 72 heures plus tard les îles Féroé.

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