A chacun son Bol d’Or…

VoileAprès, la magie du départ, la bataille fait rage dans toutes les catégories des monocoques.

Lors de chaque début de Bol d’Or, le spectacle est au rendez-vous sur fond de carte postale.

Lors de chaque début de Bol d’Or, le spectacle est au rendez-vous sur fond de carte postale. Image: LORIS VON SIEBENTHAL

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«Je ne regarde jamais ce qu’il se passe devant. Peu importe ma place au classement général, ce qui compte, c’est le plaisir, bien sûr, mais surtout c’est le classement au sein de ma classe.» Bernard, vieux renard de la régate lémanique, résume bien l’esprit qui anime le gros des troupes. La magie du Bol tient pour beaucoup dans ces challenges que chacun se fixe à son niveau. Il y a plusieurs courses qui se croisent dans la régate la plus célèbre de Suisse.

Tandis que les D35 et les M2 se font la malle dès le coup de canon, les monocoques savent qu’ils sont partis pour voguer dans une autre dimension que les Formule 1 du lac. Comme le disait Bernard, plus d’une vingtaine de Bol à son actif, notamment en Grand Surprise, inutile de se faire du mal en regardant les grands multicoques battre des ailes et trouver du vent même quand il n’y en a pas. Un aller-retour Genève - Le Bouveret sur un monocoque de série nécessite une solide dose de patience et de persévérance. On a vu des éditions où les Surprise arrivaient à peine à Morges lorsqu’ils croisaient déjà les leaders dans leur descente vers la ligne d’arrivée. Quand on retrouve Alinghi, Tilt, Okalys ou Safram, on se salue. Une courtoisie qui fait oublier l’espace d’un instant que la journée et la nuit seront longues.

L’éloge de la lenteur

«Cette lenteur relative, c’est ce qui fait aussi le charme du Bol d’Or, dit Patrick Girod. Depuis que je navigue, c’est-à-dire depuis fort longtemps (!), c’est un rendez-vous que j’essaie de ne pas rater.» Le Genevois qui sort de deux grosses saisons de course au large en Mini, revient à ses premières amours. Il sera fidèle à ce lac qu’il aime regarder, amadouer. Et ce sera sans doute l’un des gros favoris dans la classe reine de l’autre Bol d’Or, les Surprise. Edition après édition, ce solide monocoque polyvalent et assez simple à dompter est le bateau le plus représenté sur la ligne de départ. «C’est donc une lutte à armes égales qui nous oppose les uns aux autres, dit Patrick Girod. Pour moi, le Bol se joue comme une partie d’échecs. Il est important d’avoir plusieurs coups d’avance.»

Navigateur chevronné, celui qui a terminé dixième de la dernière Mini Transat aurait pu intégrer l’équipage d’un multicoque ou d’un des monocoque ultraléger et puissant de type Psaros 40 ou Lühti. «Mais rien ne vaut un Bol en Surprise avec les copains sur Mordicus, dit-il. On fait ça dans une bonne ambiance mais que l’on ne s’y trompe pas: une fois que le coup de canon est donné, on se met dans la course avec pour objectif de jouer avec les meilleurs.» Vainqueur dans la bise en 2014, Patrick Girod espère donc refaire le coup sur cette régate au long cours. «Dès le départ, c’est une course intéressante. En raison de la présence de nombreux bateaux plus rapides, il n’est pas toujours possible d’aller là ou l’on voudrait.»

Ce capharnaüm des premières heures de course offre un spectacle grandiose pour les spectateurs et un casse-tête pour les navigateurs. Comment se placer? Comment dans ce magma, surveiller du coin de l’œil les autres concurrents de la même catégorie? «En général, les favoris ne sont pas trop loin les uns des autres, donc on arrive à se voir. Sinon, on peut éventuellement jeter un œil sur la cartographie. C’est un outil que l’on utilise peu et surtout la nuit car c’est souvent là que se joue la victoire.»

Le classement compensé

Comme Patrick Girod, les skippers de chaque classe évoquent le mot victoire quand bien même le Bol d’Or, à proprement parlé, est réservé aux Formule 1 du lac. C’est que non moins de sept classes de monocoques ont leur propre classement (Surprise, Grand Surprise, TCFX, TCF1, TCF2, TCF3, TCF4). Et il faut encore ajouter le très convoité classement au temps compensé. Chaque bateau est jaugé et doté d’un coefficient mis en rapport avec le temps réel. Cette formule magique couronne finalement l’équipage le plus méritant au vu du potentiel de son bateau. Les Anglo-Saxons adorent ce que l’on appelle le temps compensé. Ici aussi la formule a ses adeptes.

A commencer par Dominique Wavre, qui ne boudait pas son plaisir l’an passé après avoir fait main basse sur ce trophée ACVL. On a beau avoir bouclé huit tours du monde en course à la voile, une victoire au Bol aura toujours une saveur particulière. Même si c’est loin des premiers qu’elle se conquiert…


Des bateaux et des clubs de prestige

L’excellence, la technologie, la tradition, cela se cultive. Président du Bol d’Or Mirabaud, Rodolphe Gautier a hérité, depuis l’édition 2015, de cette course mythique. Pas de révolution dans son discours ni dans celui de la directrice, Laurence Zanon. Le binôme travaille de conserve pour assurer une évolution permanente à la plus belle des régates, celle que l’on jure ne plus jamais faire – surtout après les éditions interminables. Celle aussi à laquelle l’on fini presque toujours par succomber à nouveau. Depuis sa création, en 1939, le Bol a toujours constitué un formidable laboratoire technologique. Il a aussi toujours gardé sa porte ouverte pour accueillir, hors compétition, des bateaux d’exception. Tout le monde se souvient de Star and Tripes de l’Américain Denis Conner. Plus récemment, l’Hydrotère.ch (en course, lui) avait pris part au grand raout de la voile suisse. Cette année sera marquée par la présence de deux bateaux étonnant. Les fans de vieux gréements ne rateront pas les évolutions majestueuses de Rita IV, un superbe 10 m JI (un plan Fife, construit en 1926 pour le Roi du Danemark Christian X) en bois entièrement restauré. Le monocoque de 17 mètres sera confié à Fred Meyer et son fils Axel.

Autre jolie bête qui attisera sans doute la curiosité: il s’agit de Fifty Fifty, un catamaran hongrois de 50 pieds (15 m 20), dotés de deux… mâts! Show garanti.

Outre des bateaux d’exception, Rodolphe Gautier a voulu jeter des ponts entre les plus grandes régates d’Europe. C’est ainsi qu’il a fait le premier pas en allant participer avec son équipe Safram à quelques unes de ces courses. «Nous avons été accueillis royalement, souligne le président du Bol d’Or Mirabaud. Le rayonnement de la SNG est plus fort que je ne l’imaginais. Nous essayons de nous montrer digne de cet accueil en recevant cette année quatre équipes issues des clubs qui organisent ces fameuses grandes courses.»

C’est ainsi que les Teams Barcolana (ITA), Kekszalag (HUN), Centomiglia (ITA), Tour de Belle-Ile (FRA), qui courront toutes sur des Saphire 27, ont répondu à l’appel du Bol. (24 heures)

Créé: 10.06.2016, 16h03

Pour ne rien rater du 78e Bol d’Or Mirabaud

La régate se savoure en live, au bord de l’eau, ou sur les sites Internet www.tdg.ch et 24heures.ch

Pour voir le départ Sur le quai de Cologny, aux premières loges. Ou alors, un peu plus haut, du côté du pré Byron à Cologny. Sur la rive droite, la plage de Vengeron est l’endroit rêvé pour assister à la mise en route des concurrents, un spectacle qui reste magique.


Pour voir l’arrivée La Société nautique de Genève est OUVERTE au public pendant les trois jours du Bol d’Or Mirabaud. Il est bon de le rappeler tant les gens n’osent pas s’aventurer dans ce club huppé. Innovation cette année: une passerelle a été installée entre la SNG et les Voiles de Genève-Plage. Un espace y sera réservé pour assister tout au long de la journée et de la soirée à l’arrivée des bateaux.
Pour suivre la course L’idéal est de posséder son propre bateau. Dans ce cas, des zones d’exclusion (voir notre infographie) sont à respecter impérativement. Sur les berges, de nombreuses terrasses et points de vue permettent d’apprécier le show lacustre (voir notre sélection en pages 4, 5, et 6).

En vidéo 360o Grimpez à bord du D35 Mobimo de Christian Wahl lors d’une session d’entraînement grâce a une vidéo en 360o. Une immersion spectaculaire à vivre sur tdg.ch et 24heures.ch

Avec la CGN Une croisière avec la CGN permet également d’observer la course.

Voici quelques horaires:

Le Henry Dunant, de Genève-Mont-Blanc (départ 10h15) ou de Genève-Eaux-Vives (départ 10h24), via Versoix (10h47), Coppet (11h01), Nyon (11h29), Nernier (11h50), Yvoire (11h57), Rolle (12h30), Saint-Prex (13h00), Morges (13h15), Saint-Sulpice (13h32), Lausanne-Ouchy (13h51)

La Suisse (Flotte Belle Epoque) au départ du Bouveret (13h25) en direction de Lausanne-Ouchy (15h20)

Le Léman (Ligne N1) qui croise entre Lausanne-Ouchy et Evian-les-Bains à intervalles réguliers tout au long de la journée (aller retour, environ 1h30)

La «Tribune de Genève» et «24heures» au cœur de la course Tout au long du week-end, le Bol d’Or Mirabaud sera à suivre également sur les sites Internet de la Tribune de Genève et de 24heures. Des images TV du départ en live, une cartographie, des news, un live tweet, des galeries photos seront proposés. Un rédacteur sera à bord d’un bateau, un autre suivra la tête de course, et un troisième proposera des interviews des vainqueurs et des analyses de la course. Ce dispositif est également disponible sur www.tdg.ch et www.24heures.ch, ainsi que sur tablette et portable.

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