Une «bosse» qui provoque une plaie à Chris Froome

CyclismeLe Britannique a coincé dans le mur final. Où Bardet a surgi en costaud. Aru s’est paré de jaune.

Une attaque de Romain Bardet (derrière en bleu) a fait perdre son maillot jaune à Chris Froome (au centre) au profit de Fabio Aru (en vert).

Une attaque de Romain Bardet (derrière en bleu) a fait perdre son maillot jaune à Chris Froome (au centre) au profit de Fabio Aru (en vert). Image: Reuters

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Bardet a bondi sur la victoire et Aru sur le maillot jaune que Froome, en panne sèche, les deux pieds sur la même pédale dans les derniers hectomètres, a laissé filer. Rien ne laissait présager un tel dénouement. Longue de 214,5 km, truffée de cols, la première étape pyrénéenne s’est déroulée pendant 212 km selon le scénario prévu et voulu par la Sky qui gérait et dictait son rythme. Jusqu’à ce que Froome se froisse les ailes sur l’altiport de Peyragudes.

Dans l’enchaînement, ceux qui se désolaient que la victoire, au terme d’une vraie belle étape marathon de montagne, se joue dans un sprint à neuf dans une bosse ont revu leur jugement à la hausse. Ils ont laissé l’enthousiasme les gagner à leur tour. A l’image de Romain Bardet. Ligne d’arrivée franchie, le Français a frappé dans ses mains, secouant la tête, l’air incrédule. Oui, le Tour a donné l’impression qu’il pouvait bien basculer de l’autre côté; un versant sur lequel le team Sky et Froome n’ont pas la même prise.

«C’est la première fois que je lève les bras cette année, alors, bien sûr, c’est un poids en moins pour moi. A plus forte raison que j’avais été très déçu dimanche d’être rejoint juste avant Chambéry», expliquait Romain Bardet, dont la victoire était préméditée. «En mai, j’ai été le premier coureur à venir reconnaître le final de l’étape, qui bénéficiait d’un revêtement tout neuf.» Après 2015 et 2016, le grimpeur d’AG2R cueille donc un troisième succès d’étape sur la Grande Boucle. Un succès assorti d’une belle autorité, susceptible de ranimer la flamme dans le camp français.

Froome au ralenti
Demain ne meurt jamais. Tel est l’intitulé du James Bond tourné sur l’altiport de Peyresourde où était jugée l’arrivée jeudi. Qu’en pense Chris Froome dont les jambes tournèrent soudain au ralenti dans le mur final? «L’arrivée était très dure. Je n’ai pas pu conclure le formidable travail de mes coéquipiers et la course est vraiment devenue indécise.» Nicolas Portal, son directeur sportif, usait d’une métaphore: «Chris n’a pas réussi à mettre la balle au fond.»

Moulé dans le jaune après avoir porté le rose au Giro et le rouge à la Vuelta, Fabio Aru souffle modestement: «Le Tour propose chaque jour une histoire différente.» Le problème pour le leader d’Astana est que sa garde rapprochée se réduit comme peau de chagrin. Blessé à un poignet, Cataldo a abandonné jeudi. Touché lui aussi à un poignet, Fuglsang a terminé dans le décor vendredi, dans un décor superbe mais dans le décor quand même, plus exactement à 27’42’’ de Bardet. «Aru est dans la forme de sa vie. Froome est battable», jubile Alexandre Vinokourov, manager d’Astana. «Mais avec les Sky, on ne sait jamais.» Bardet est du même avis: «Vendredi, il n’y aura que 101 km mais trois cols de 1re catégorie (Latrape, Agnes et Péguère). Les Sky sont blessés dans leur orgueil. Je m’attends à une grosse bataille, à une course un peu folle, débridée.» Dans la course au podium, dont Contador est définitivement éliminé, Rigoberto Uran a commis un impair qui pourrait lui coûter cher. Le Colombien, 2e de l’étape, a été pénalisé de 20’’ au général pour ravitaillement interdit à 5 km de l’arrivée. Le vainqueur de Chambéry pointe désormais à 55’’

Comme il le pressentait, Mathias Frank, en condition insuffisante, n’a pas été en mesure d’épauler Romain Bardet à l’avant. Lucernois s’est néanmoins classé meilleur Suisse (48e à 13’43’’). A son avantage lors du chrono à Düsseldorf, Stefan Küng, offensif, s’est projeté tôt vers l’avant. La rudesse des pentes a eu raison de ses bonnes intentions et de ses efforts. «Je pèse 80 kg pas 60!» 50e, le Thurgovien a cédé 15’17’’, Danilo Wyss (55e), 16’35’’.

Créé: 13.07.2017, 21h53

Le chiffre du jour

007



Jeudi, la 12e étape s’est conclue à l’altiport de Peyresourde, rebaptisé «Altiport 007» après avoir accueilli le tournage du James Bond «Demain ne meurt jamais». Pour l’occasion, un lifting a été opéré. La piste a été agrandie de 150 m et 1500 tonnes d’enrobé aéronautique déposées.

L'hommage de Prudhomme à Kübler

Il y avait un peu de pluie et beaucoup d’émotion hier matin à Pau. Accompagné de Stephen Roche, de Bernard Thévenet et de François Bayrou, maire de Pau, le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a rendu hommage «aux anciens vainqueurs du Tour pour qui l’hiver écoulé a été cruel». Successivement, Ferdi Kübler (97 ans), Roger Walkowiak (89) et Roger Pingeon (76) s’en sont allés.

Christian Prudhomme a ravivé le souvenir de Ferdi Kübler en évoquant aussi Hugo Koblet, parce que les deux Zurichois sont restés indissociables dans la mémoire collective. «Ils étaient différents, l’un était le coureur hennissant, l’autre le pédaleur
de charme. Mais tous deux font partie de la légende du Tour, dans laquelle ils tiennent une place à part.»



Ferdi Kübler, c’était la rage indomptable. En 1950, l’Aigle d’Adliswil remporta le Tour de France à sa troisième participation. Dans son édition du 8 août, Miroir Sprint ne tarissait pas d’éloges sur le lauréat: «Athlète nerveux, impulsif, coureur éclatant de santé, de classe, affable, tel est Ferdi Kübler le grand vainqueur du Tour.»

Hugo Koblet, c’était l’élégance souveraine, le style jamais dépenaillé. Il s’imposa l’année suivante. Vainqueur du Giro l’année précédente, Koblet se fit l’auteur d’une échappée fantastique de 135 km en Brive-la Gaillarde et Agen, sous un soleil dardant des feux généreux. Le 16 juillet, Miroir Sprint , dans son édition suisse, saluait en une: «L’extraordinaire Monsieur Koblet.»

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