Au Brésil, les marins suisses se rêvent nouveaux héros de la mer

VoileLes onze membres du Swiss Sailing Team se préparent sur le site des JO 2016. Mais combien seront-ils dans douze mois à Rio?

A Rio, Nathalie Brugger et Matías Bühler devraient valider leur ticket pour les Jeux à partir du 15 août.

A Rio, Nathalie Brugger et Matías Bühler devraient valider leur ticket pour les Jeux à partir du 15 août. Image: LORIS VON SIEBENTHAL

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Et si c’était eux les véritables héros de la mer? Eux? Ce sont les onze jeunes navigateurs du Swiss Sailing Team qui ont choisi de se lancer dans l’aventure olympique. «Pour un navigateur suisse, une campagne olympique a toujours été un sacerdoce et le restera encore. J’ai une énorme admiration pour tous ceux qui osent s’y engager. L’olympisme est sans aucun doute la meilleure école pour devenir un marin professionnel polyvalent.»

A 45 ans, Jean-Pierre Ziegert a tiré un trait définitif sur ses rêves de médaille. «Je me suis posé la question pour Rio! Vingt ans après ma participation à Atlanta, ça aurait pu être une belle histoire. Avec plus de maturité, avec tout le bagage supplémentaire, ça aurait pu le faire, comme on dit. Il fallait trouver un coéquipier et ça n’a pas joué.» Le Genevois garde tout de même un œil très attentif sur la nouvelle génération qui rêve de l’Olympe.

«La situation est un peu meilleure qu’à notre époque avec une fédération qui va dans le bon sens. Mais il ne faut pas non plus se bercer d’illusions, la Suisse reste un nain par rapport aux grosses nations. Il faudra toujours compter sur la volonté des athlètes et sur l’engagement de soutiens privés pour préparer des Jeux et surtout pour avoir une chance d’y briller. La finalité, c’est ça. Sinon, à quoi bon?»

Rien depuis 1968!

Briller aux JO? Il faut se retourner et regarder loin, très loin pour trouver trace du dernier navigateur suisse médaillé dans une olympiade. 1968, Mexico: Bernhard Dunand est médaillé d’argent dans la catégorie des 5,5 mètres JI avec ses coéquipiers Louis Noverraz et Marcel Stern. Depuis, beaucoup ont essayé. Quelques-uns sont passés à un souffle ou à un virement du podium. Quid de la génération Rio 2016 réunie au sein du Swiss Sailing Team?

L’équipe est actuellement au Brésil où elle participera dès le 15 août au Test Event dans les eaux douteuses de la baie de Guanabra. Si certains espèrent valider leur qualification en réalisant un résultat dans les huit premiers, la plupart des régatiers sont là pour apprendre, pour emmagasiner de l’expérience. C’est le cas pour Lucien Cujean (25 ans) et Sébastien Schneiter (19 ans) qui font la paire sur leur 49er. «Nous avons choisi la voie olympique car c’est le top du top niveau, disent-ils d’une seule et même voix. Nous avons entamé cette aventure en connaissance de cause. En sachant que l’apprentissage serait ardu et assez long.»

Les deux garçons refusent toute plainte. «Je considère que c’est une chance énorme qui nous est offerte, avoue Lucien Cujean. Nos sponsors, la fédération, notre club, la Société nautique de Genève nous permettent de vivre une aventure extraordinaire. Alors, oui, il faut partir de Suisse pour trouver des terrains de jeu et des adversaires de haut niveau. Mais est-ce vraiment un sacrifice que de voyager et de naviguer quand on a 25 ans? Je ne crois pas. Si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais.»

Sébastien et Lucien ont monté une petite entreprise avec un large soutien d’Alex, papa du premier, et patron de l’équipe Tilt. Depuis deux ans, ils passent près de 300 jours par an sur l’eau. C’est le «prix à payer» pour s’extraire des tréfonds des classements internationaux. Ce train de vie est aussi celui de Nathalie Brugger et Matías Bühler. Le duo est à Rio pour confirmer qu’il fait partie de l’élite internationale du Nacra 17, un catamaran très nerveux.

Tous ces jeunes Suisses, on le constate, travaillent dans l’ombre. «L’olympisme ne fait rêver les gens qu’une fois tous les quatre ans, analyse Jean-Pierre Ziegert. Le reste du temps, c’est dans l’anonymat que se déroulent ces compétitions de voile. Il n’y a qu’en France et dans les pays anglo-saxons que l’on donne du crédit aux régatiers olympiques. En Suisse, c’est difficile à vendre. Et tout repose souvent sur la volonté de l’athlète.»

Une prise de conscience

Malgré Alinghi, malgré quelques exploits de marins hauturiers, la Suisse ne sera jamais une grande nation de voile. Ce qu’elle réalise dans différents domaines tient du miracle quasi permanent. Mais les choses évoluent. «Depuis Londres, une prise de conscience a eu lieu, explique Alex Schneiter, président du comité de sélection du Swiss Sailing Team. Nous avons engagé des entraîneurs de très grande qualité, tous des médaillés olympiques. Tout cela a pu se faire grâce à l’implication des trois piliers que sont la Fédération suisse de voile, Swiss Olympic et les apports de privés, dont la Fondation Bertarelli. Le contexte a changé pour les marins suisses. Ils ont les moyens, à eux d’assumer.»

A Rio de Janeiro, les onze héros ont tout en main pour rendre la mer plus douce…


Un duo de choc et des espoirs

A Rio, le Swiss Sailing met ses régatiers en situation. L’occasion sera belle pour certain de valider leur ticket en réalisant une performance de choix (un top 8). Petit tour d’horizon des bateaux et équipiers engagés.

Nacra 17 Matías Bühler et Nathalie Brugger ont déjà sélectionné la Suisse dans cette classe, un catamaran mixte. L’équipage expérimenté a réalisé plusieurs podiums lors de compétitions internationales et vise un top 8 lors du Test Event. L’objectif, aux Jeux, sera la médaille.

470 Messieurs Même ambition pour Yannick Brauchli et le Genevois Romuald Hausser. Ils ont également déjà atteint le critère national du CIO l’an dernier et ainsi sélectionné la nation dans la classe des 470. Ils visent un top 8 lors du Test Event pour finaliser leur qualification.

470 Dames Linda Fahrni et Maja Siegenthaler, deux navigatrices suisses alémaniques – ont réalisé de très bons résultats depuis 2014 et visent une participation aux Jeux en 2016.

Laser Standard Guillaume Girod (SNG) avait sélectionné le pays en 2011 pour les Jeux de Londres mais il n’avait pas rempli les critères individuels. Le Genevois espère y remédier et vise une qualification pour Rio 2016.

Laser Radial Maud Jayet (Club nautique de Pully) est un grand espoir de la voile suisse. La jeune Vaudoise de 19 ans a brillé chez les juniors et passe maintenant dans l’élite avec en ligne de mire Tokyo 2020. En passant par la case Rio?

49er Sébastien Schneiter et Lucien Cujean (SNG) ont lancé leur projet olympique au début de 2014 avec pour objectif les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. Un détour par Rio est possible et leur permettrait d’acquérir un maximum d’expérience.

RS: X (planche à voile) Mateo Sanz Lanz est un Hispano-Suisse qui a rejoint l’équipe de Swiss Sailing Team en octobre 2013 et rêve de représenter la Suisse à Rio 2016. G.SZ

Créé: 11.08.2015, 20h25

La voie royale

Avenir L’olympisme est la voie royale qui mène au professionnalisme dans la voile. Etalon de l’état du milieu, la Coupe de l’America est la compétition qui concentre un nombre incalculable de médaillés olympiques. «Pour se former, la voie olympique demeure la référence, estime Jean-Pierre Ziegert. Pour devenir un marin complet, il faut faire du solitaire (Optimist, Laser), du double (420, 470, 4er ou Nacra), et du trapèze. C’est la base.»

Les juniors suisses qui ont particulièrement brillé ces dernières années, récoltant un nombre de médailles inédit aux Mondiaux, Européens et en Coupe du monde ISA, semblent tous attirés par l’Olympe. G.SZ

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