«C’est Federer qui est parti en croisade»

TennisÀ une semaine de la Laver Cup, son CEO, Steve Zacks, parle du défi rencontré à Genève, de l’avenir et de l’absence de Stan Wawrinka.

Roger Federer, initiateur de la Laver Cup, sera au rendez-vous à Genève. Avec, pour ceux qui n’ont pas de billet pour la compétition, la possibilité de le voir à l’entraînement.

Roger Federer, initiateur de la Laver Cup, sera au rendez-vous à Genève. Avec, pour ceux qui n’ont pas de billet pour la compétition, la possibilité de le voir à l’entraînement. Image: BEN SOLOMON/LAVER CUP

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Il est l’homme de l’ombre, celui qui donne corps depuis trois ans au projet un peu fou du duo Federer-Godsick de créer une compétition par équipes à l’énergie différente, capable de devenir un jour la «Ryder Cup du tennis». Alors que Palexpo se prépare à accueillir les stars de la Laver Cup (20-22 septembre), Steve Zacks parle de ce «classique» en devenir.

Steve Zacks, pouvez-vous nous résumer la course contre la montre que vous avez engagée pour amener la Laver Cup à Palexpo?

Contrairement aux deux premières éditions, où l’on avait loué une salle de sport existante, cette fois, nous avons dû tout créer. Les sièges, le tableau d’affichage, la sonorisation, les vestiaires, les restaurants… tout a dû être imaginé pour Palexpo. C’est une infrastructure énorme à mettre en place en une vingtaine de jours.

La Laver Cup a l’habitude de voir les choses en grand.

Oui, on passe toute l’année à planifier cette semaine. Notre slogan, «Le tennis sans égal» («Tennis unrivaled»), joue sur le fait qu’en Laver Cup, les rivaux deviennent équipiers mais aussi que l’événement est une expérience unique pour tous ceux qui y participent.

Pouvez-vous au moins réutiliser une partie de l’infrastructure?

Assez peu, en réalité. La chaise d’arbitre, oui. Le court aussi. On en possède deux, que l’on repeint chaque année de cette couleur noire que nous avons labellisée. Mais nous tentons toujours d’exploiter au mieux l’espace.

Kevin Anderson est forfait. Vous avez des nouvelles de l’équipe du reste du monde?

John McEnroe a choisi Jack Sock et Taylor Fritz pour compléter son groupe. Il voulait attendre l’US Open et voir qui était en forme. On aime bien son attitude, il prend sa tâche de capitaine très au sérieux.

Sur le papier, la différence de niveau entre l’Europe et le Team World est importante. N’est-ce pas un frein à votre développement?

Bien sûr que nous espérons une compétition incertaine afin d’entretenir une rivalité. Mais même si l’Europe est plus forte sur le papier, elle existe. À Prague, l’Europe n’a gagné que lors du dernier simple. À Chicago, elle était menée dimanche après-midi. Cela prouve que notre format, l’importance du double et le décompte du score créent de l’incertitude. La Laver Cup est excitante car tout peut y arriver.

Combien de temps faudra-t-il à la Laver Cup pour devenir un «must»? En d’autres termes, à quelle vitesse est-il possible d’entrer dans l’histoire d’un sport?

C’est une question intéressante à laquelle personne ne peut prétendre répondre. Qui aurait pu prédire le chemin parcouru en deux ans? Ce que je peux dire, c’est que tout va plus vite à notre époque grâce au flux médiatique. Prenez la Ryder Cup, dont nous nous sommes inspirés: l’intérêt qu’elle suscite a explosé ces dernières décennies. Au final, nous voulons juste monter le meilleur événement possible, une année après l’autre, afin de donner envie à tout le monde de continuer. Et on verra bien où cela nous mène.

Cela signifie que vous avez du temps; même quand Roger Federer et Rafael Nadal auront arrêté et ne pourront postuler qu’aux postes de vice-capitaine ou capitaine?

On espère en effet les voir un jour en Laver Cup comme capitaines. Mais vous savez, notre organisation possède un long vécu dans le tennis. Au fil des années, elle a vu des nouvelles stars arriver et susciter de l’intérêt. Or transformer des rivaux en coéquipiers durant trois jours, ce concept est selon nous assez fort pour durer.

Vous avez pourtant rencontré quelques réticences, non?

À l’origine, il y a la croisade menée par Roger pour rendre hommage à Rod Laver. On est parti de cette étincelle. Mais avec Tony Godsick et les Fédérations australienne et américaine, on a pu ensuite s’appuyer des équipes très expérimentées. Et puis quand vous avez Laver, McEnroe et Borg qui vous suivent dès le départ, cela donne de la légitimité au projet. Ces légendes ont donné envie aux joueurs de participer. En fait, c’était très vite dur de ne pas marcher avec nous.

Depuis cette année, la Laver Cup est inscrite au calendrier de l’ATP. Un pas décisif?

C’était l’un des buts de Roger et Tony dès le départ. Je pense que l’ATP a constaté la caisse de résonance autour de la Laver Cup. Et nous, nous sommes ravis de faire partie du Tour. Il va nous permettre d’atteindre un public encore plus large. Nous allons pouvoir nous appuyer sur leur plateforme marketing, leurs outils; sans compter les arbitres, les physios, etc. C’est une grande nouvelle pour nous, nos fans et nos sponsors.

La Laver Cup pourrait donc bientôt distribuer des points?

Il ne faut jamais dire jamais. Mais ce n’est pas quelque chose que nous avons envisagé. La Ryder Cup n’a pas besoin de distribuer des points pour être unique…

Un seul point déçoit le public romand: Stan Wawrinka ne sera pas là. Pourquoi?

Lorsque nous avons décidé que la Laver Cup se jouerait à Genève, Roger m’a donné la mission impérative de le faire venir. Et durant l’Open d’Australie – bien avant les ventes des billets au public –, nous avons fait savoir à Stan que nous lui garantirions une place en tant que «choix du capitaine». Malgré un classement qui avait chuté à la 59e place mondiale à cause de sa blessure, son statut de triple champion en Grand Chelem justifiait cette proposition. Il a choisi de la décliner. À notre grande déception.

Nick Kyrgios, lui, sera là, avec sa passion et ses excès. Est-ce un atout ou une grenade dégoupillée?

Un atout. Nick a été l’une des superstars des deux premières éditions. On l’adore car c’est un coéquipier génial qui s’entend bien avec le capitaine et veut absolument gagner. Vous savez, il adore jouer pour une équipe, cet environnement extrait le meilleur de lui-même. On se réjouit de le retrouver.

Créé: 10.09.2019, 22h34

Entraînements: Federer pour 20 francs

Que ceux qui ont «raté» la vente de billets se rassurent: la Laver Cup va ouvrir ses portes et combler les déçus de la prélocation. Jeudi 19 septembre, il ne coûtera en effet que 20 francs pour assister au dernier entraînement de l’Europe et du «Team World». Au programme? L’ouverture à midi d’une gigantesque fan zone, son écran géant et sa galerie interactive du Hall of Fame. Puis au fil de l’après-midi, la possibilité de rejoindre dans le stade 3000 enfants des écoles primaires genevoises et assister aux derniers réglages de Roger Federer and Co. «L’atmosphère s‘annonce fabuleuse, sourit Steve Zacks. Ce sera l’occasion pour tous les fans qui n’ont pas de billets d’approcher au plus près leurs joueurs favoris.» M.A.

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