Le chemin vers la Super League semble libre pour Antoine Rey et le FC Lugano

FootballLe Vaudois joue au Tessin depuis 2010. Jamais la promotion n’a semblé aussi proche. Coup de fil.

Toujours aussi batailleur, Antoine Rey (en noir) est en passe d'obtenir la promotion avec le club tessinois.

Toujours aussi batailleur, Antoine Rey (en noir) est en passe d'obtenir la promotion avec le club tessinois. Image: Keystone

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En février 2010, il avait quitté Lausanne avec l’espoir de jouer en Super League dans son nouveau club. Nouvelle vie, ambitions toutes neuves. Antoine Rey a pourtant dû apprendre la patience. Et faire preuve de cette persévérance qui n’est heureusement pas la dernière des qualités de ce «gratteur» du milieu de terrain. Aujourd’hui, le Vaudois se retrouve à bout touchant avec ce FC Lugano qui, cet après-midi (17h45), passera par la Pontaise.

«Toute l’équipe est déterminée. La victoire contre Servette (ndlr: lundi au Cornaredo, 2-0) représente un pas important vers la promotion, mais il n’est pas décisif. Nous sommes donc heureux d’être là, concentrés aussi, sachant qu’il nous reste quatre matches difficiles à jouer.» Il est vrai que, pour ce qui est des déconvenues, l’équipe tessinoise a régulièrement donné ces dernières saisons. Mais là, franchement, on ne voit guère ce qui pourrait empêcher le club de quitter la Challenge League par le haut. Certes, Servette n’est pas loin au classement. Mais encore faut-il avoir une licence. Ce qui sera de toute façon très compliqué pour les «grenat». Parmi les poursuivants, seul le LS remplit les conditions requises; mais il est décroché depuis bien trop longtemps.

«Les gens sont optimistes. Au Tessin, même s’il n’est pas toujours présent au stade, le public reste informé. La passion pour le foot est bien réelle», souligne Antoine Rey. Lundi, ils étaient tout de même plus de 5000 à garnir les tribunes du Cornaredo. Ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. «Cette ambiance procure évidemment d’autres sensations.»

Entièrement pro durant ses deux premières saisons luganaises, Antoine Rey a ensuite repris les études à côté du football. A un bachelor en biologie, il a donc ajouté un master en économie. C’est l’esprit libre qu’il abordera la saison prochaine, en Super League. «J’espère de tout cœur être de l’aventure.» Avec Basic, son alter ego devant la défense, Rey est d’ailleurs le seul joueur à avoir traversé les désillusions luganaises de ces cinq dernières années.

Nouveau stimulus
A ce qu’on croit savoir, un nouveau contrat lui sera proposé. «Ce serait une reconnaissance pour mon travail. A 27 ans, je me trouve vraiment bien physiquement. J’ai gagné en maturité et en qualité dans tous les compartiments du jeu, du moins je l’espère.»

La Super League arrive donc au meilleur moment. «Il s’agirait d’une belle récompense et surtout d’un nouveau stimulus qui doit me permettre de franchir encore un palier, de découvrir un nouveau championnat, de nouveaux stades aussi. En termes d’infrastructures et de public, deux mondes séparent la Super de la Challenge League.»

Au Tessin, le déclin de Bellinzone et les difficultés de Chiasso contribuent aussi à l’émergence du FC Lugano. Même si ses dirigeants actuels (voir l’encadré ci-contre) n’inspirent pas forcément une confiance sans réserve. «Depuis que le président Renzetti dirige le club, j’ai l’impression qu’il est solide, note toutefois Antoine Rey. Les deux hommes forts sont présents, on les voit au stade. Pour moi les choses sont claires.»

Créé: 16.05.2015, 09h56

Fabio Celestini et l’autre classement du LS

«Dans ce championnat, il y a ceux qui luttent pour la montée... et les autres. Depuis mon arrivée, on s’est donc fait notre propre classement, qui comprend les équipes placées aux rangs 4 à 10. Aujourd’hui nous sommes premiers. Et nous entendons le rester». Fabio Celestini et le LS se sont inventé de nouveaux objectifs pour venir à bout de cette saison compliquée. Face à Lugano (Hochstrasser et Veloso sont suspendus), les Lausannois tenteront d’aller chercher une première victoire en confrontation directe, après un nul et deux défaites. «Il faudra lâcher le frein à main et se montrer meilleurs qu’à Wohlen (succès 5-4 le week-end passé), surtout au plan défensif».

Au chapitre des satisfactions, on notera les buts marqués. «La plupart après des actions construites, avec 7, 8 ou 9 passes. Ce que les joueurs proposent est souvent louable, même s’il manque la constance, note l’entraîneur. J’aimerais voir davantage de maîtrise et de concentration sur des choses simples, du genre contrôle et passe. C’est en effet cela qui conditionne tout le jeu».

Dans le projet lausannois qui se dessine, toutes les décisions concernant les joueurs actuels n’ont pas encore été prises. Certains sont en fin de contrat, d’autres en prêt. D’autres ne représentent pas forcément une priorité... mais ont un contrat. La situation est plus compliquée qu’il n’y paraît. Pour avoir une équipe intéressante, et pour être capable de développer valablement ses idées, Fabio Celestini doit pouvoir compter sur au moins quatre joueurs d’expérience, des leaders. Et sans trop tarder. «Je veux absolument avoir 95% du contingent 2015/16 pour le 15 juin, date de la reprise des entraînements».





























Lugano, deux hommes forts, une cohabitation difficile




Douze ans après sa mise en faillite, le FC Lugano s’apprête à retrouver la Super League. Aura-t-il les reins suffisamment solides pour s’y maintenir? Aujourd’hui, deux hommes se partagent le pouvoir au Cornaredo. Président depuis trois ans, l’architecte – et ancien gardien de but de Bellinzone – Angelo Renzetti détient 60% du capital. Les 40% restants appartiennent, depuis l’été dernier, à l’agent de joueur péruvien Pablo Betancur. Ceux-ci faisaient partie d’une transaction avec Enrico Preziosi, le président de la Genoa.

La cohabitation est difficile. Actionnaire majoritaire, Renzetti affirme volontiers son autorité, tout en sachant qu’il a besoin du sulfureux Betancur, lequel apporte non seulement de l’argent, mais aussi des joueurs, parmi lesquels le défenseur Malvino ou encore l’attaquant Cortelezzi dans l’effectif actuel. Une présence en Super League permettrait bien sûr à Betancur de disposer d’une vitrine intéressante pour ses affaires.

Lugano évoque un budget de cinq millions de francs pour la saison prochaine. Une somme qui paraît tout de même bien modeste pour espérer s’installer dans l’élite. La Ville, elle, procédera à la mise en conformité du stade (des travaux pour quelque 400 000 francs), comme l’exige la Swiss Football League. En attendant la construction d’une enceinte moderne sur le site du Cornaredo.

Quant à l’entraîneur Livio Bordoli, il n’est pas assuré de poursuivre son travail en cas de promotion. Là encore, Betancur aimerait s’entourer d’un technicien mieux à même de défendre ses intérêts. L’équilibre semble donc difficile à maintenir dans le club. Comme d’habitude, est-on tenté d’écrire...

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