«Je continue parce que le chantier du LHC est à la moitié du chemin»

Hockey sur glaceLe club vaudois a prolongé de cinq ans le contrat de son directeur sportif, Jan Alston. Entretien.

Sous le regard du président Patrick de Preux, Jan Alston détaille son rôle et sa vision sportive du club.

Sous le regard du président Patrick de Preux, Jan Alston détaille son rôle et sa vision sportive du club. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cinq ans, plus une option pour une année supplémentaire. L’avenir de Jan Alston au Lausanne Hockey Club est enfin défini. Le directeur sportif – qui porte également la casquette de directeur du mouvement juniors – a en effet signé hier soir un nouveau bail avec le club vaudois, qu’il avait rejoint en 2010. L’occasion pour le Québécois de préciser son rôle et son projet au LHC.

Jan Alston, pourquoi cette signature a-t-elle tant tardé?

Avec mon président (ndlr: Patrick de Preux), on en parle depuis février. A chaque reprise, on se disait: «Ah, il faut que l’on fasse ça à l’occasion.» Les choses ont traîné car aucune des deux parties n’était dans l’urgence. Il n’y a que les gens ou les médias qui se sont posé des questions, lesquelles ont déclenché un petit buzz. Mais, pour les personnes concernées, tout était clair depuis le début.

Quel est votre degré d’influence au sein du club?

La grande force, au LHC, c’est que chacun se consacre à son propre domaine de compétence: que ce soit le président ou moi-même, nous ne pénétrons pas dans le vestiaire pour taper du poing sur la table lorsque l’équipe perd quatre rencontres d’affilée. La communication, à l’interne, est optimale. Mon travail, par exemple, se fait de concert avec les personnes qui m’entourent. Lors de chaque contact avec un joueur, les coaches et mon patron direct, Sacha Weibel (ndlr: directeur général), sont sondés. Tout le monde a un avis utile et il y a un véritable échange. Alors non, ce n’est pas moi, Jan Alston, qui fait la pluie et le beau temps au LHC.

Sur quel modèle de travail vous basez-vous?

Toutes proportions gardées, mon management de prédilection est celui des Canadiens de Montréal en NHL. De la tête au pied de la structure, on trouve des anciens joueurs. D’où la présence de tels éléments à la barre des équipes juniors du LHC. Pour moi, il est primordial que la vision et le langage soient identiques à tous les niveaux.

Le cumul de vos deux fonctions ne pose-t-il pas problème?

Au contraire. Cela me permet d’avoir une vision d’ensemble complète, sur toutes les équipes et tous les joueurs. Ainsi, nous pouvons plus aisément définir les stratégies qui vont contribuer à une certaine continuité dans la progression du club et du mouvement juniors. La clé, aujourd’hui? C’est d’enseigner aux jeunes les fondamentaux dès leur sortie de l’école de hockey, à un âge où leur disque dur est en train d’enregistrer les données de base.

Il a fallu attendre, mais les juniors Elite sont aujourd’hui leaders du championnat national. Le travail commence-t-il à porter ses fruits?

Il faut laisser du temps au temps! On est encore loin du niveau de formation qu’a atteint Zurich avec les GCK Lions, une construction sur vingt ans. Mais, oui, les fruits poussent gentiment, les résultats le prouvent. Nous n’allons pourtant pas les crier sur tous les toits. D’autant moins que ces jeunes ont besoin de comprendre l’importance de l’humilité.

Pourquoi avoir prolongé votre contrat au LHC?

Cela fait cinq ans que je suis là, le chantier est à la moitié de son chemin. Jusqu’à la nouvelle patinoire, il sera semé d’embûches pour tout le monde, mais je vois la lumière au bout du tunnel. Une fois que nous serons installés dans cette enceinte, le potentiel du club, que je juge déjà extraordinaire aujourd’hui, va exploser. C’est très motivant et ça conforte la passion que j’ai pour mon job, et ce club.

A quel point est-il difficile de façonner le contingent de la première équipe dans un club comme Lausanne?

J’ai des idées, je fais des propositions et j’essuie des refus, que je comprends car on ne peut pas toujours rivaliser avec certains clubs de LNA dans le domaine financier. Mais rien n’est alarmant. Aujourd’hui, nous avons quatorze joueurs suisses sous contrat en vue de la saison prochaine. Il y aura de facto quatre étrangers. C’est un bon noyau, qui sera peaufiné à temps. Le problème, actuellement, c’est que des transferts sont annoncés à gauche et à droite, sauf chez nous. Les gens se posent des questions, je peux le concevoir. A Lausanne, on annonce désormais les prolongations de contrat. Mais, concernant les arrivées, nous ne souhaitons simplement pas le faire pour éviter de semer le trouble dans les vestiaires. Cela ne veut pas dire qu’on ne travaille pas. J’aimerais que l’enveloppe à ma disposition soit plus élevée, c’est naturel. Or, je dois composer avec et tenter de trouver des solutions, en sachant que certaines des dernières prolongations de contrat, aussi essentielles qu’oné­reuses, doivent désormais être compensées. On se dirige vers un nouveau cycle.

Le cas Neuenschwander a fait polémique... Que dites-vous?

Nous avons signé avec lui un accord de confidentialité, mais ce que je peux vous assurer c’est que nous avons traité Caryl correctement, son agent le sait et l’atteste. Point final. Combien l’histoire nous a-t-elle coûté? Ni plus ni moins que s’il nous avait quittés avant le début de la saison, lorsqu’il était entré une première fois en contact avec FR Gottéron.

Pensez-vous avoir commis des erreurs au LHC jusqu’ici?

J’en fais comme tout le monde. Au départ, chaque signature de joueur correspond à un besoin. Mais certains peuvent ensuite moins bien s’adapter à notre système de jeu. Y en a-t-il qui ont un salaire qui ne correspond pas à leur rendement? Disons que c’est consubstantiel au marché suisse du hockey, qui est aussi étroit qu’incohérent et opaque.

Le jeu proposé par le LHC ne doit-il pas tendre vers davantage de spectacle?

C’est l’objectif, oui. On souhaite garder la même base défensive en proposant un plus offensivement. On a vu mardi, contre Fribourg, que c’était possible. C’est comme ça qu’on veut jouer. Mais cette prise de risque implique de chacun qu’il ose «sauter de l’avion» et se lance pour y parvenir. Plus simple à dire qu’à faire.

Créé: 03.12.2015, 07h02

«Il ne sera pas facile de rester en LNA»

Une période délicate s’annonce pour le LHC, d’ici à l’arrivée de la nouvelle patinoire (2019). Quelques voix évoquent néanmoins une situation qui serait déjà en train de se détériorer. Le président du club, lui, rassure son monde.

Patrick de Preux, confirmez-vous être en proie à des difficultés financières?

Pas du tout. On a un budget, qu’on respecte mais qu’on doit aussi serrer car il n’y a, il est vrai, aucune réserve. Ce qui veut dire qu’on n’a pas les moyens de réaliser des dépenses supplémentaires, comme l’engagement d’un nouveau joueur. A Lausanne, sans mécène, on ne dépense pas plus que ce qu’on gagne. Le LHC n’est pas une société qui fait de l’argent. C’est une entité qui essaie d’équilibrer les entrées et les sorties.

Pourquoi est-ce si compliqué de se maintenir au niveau de vos concurrents?

Car, pour survivre dans l’élite, il faut sans cesse augmenter son budget. Or, là où le LHC a plutôt tendance à stagner, beaucoup d’autres sont en progression constante. Donc l’écart financier se creuse toujours plus. D’ici à la nouvelle patinoire, il ne sera pas facile de rester en LNA.

Vous traversez également un léger déficit de popularité. Quel est votre regard face au mécontentement de certains de vos supporters?

Je peux le concevoir. On a fait des erreurs. Et on va évidemment en commettre d’autres, que ce soit dans la gestion ou les transferts. Mais lorsque j’entends qu’on ne communique pas suffisamment, je ne comprends pas. Je crois qu’on a déjà expliqué pourquoi on ne le faisait pas sur le plan sportif. Pour le reste, je ne vois pas ce qu’on peut entreprendre d’autre. Nos supporters ont parfois l’impression d’être mis au second plan. Nous en sommes conscients et ce n’est évidemment pas le but. Nous réfléchissons à des solutions.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.