Curling: Du bon boulot, même si l’or lui a échappé

Curling mixteBalayés par le Canada (10-3), Jenny Perret et Martin Rios doivent se contenter de la médaille d’argent.

Sous le coup de la déception, Jenny Perret et Martin Rios en oublieraient qu’ils sont vice-champions olympiques de double mixte.

Sous le coup de la déception, Jenny Perret et Martin Rios en oublieraient qu’ils sont vice-champions olympiques de double mixte. Image: Keystone

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Cette fois, le miracle n’a pas eu lieu. Cette fois, l’habileté et la maîtrise nerveuse de Jenny Perret n’ont pas suffi. Face au duo canadien, l’équipe de Suisse a fini par jeter l’éponge et ranger ses illusions dans l’armoire à balais. La déception de Martin Rios est immense, à la mesure des espoirs qu’il fondait et des torts qu’il s’attribue. «C’est de ma faute», ne cesse-t-il de répéter, comme un pénitent qui s’admoneste et se flagelle. Le Glaronais n’aspirait qu’à l’or, l’argent ne peut pas faire son bonheur.

À ses côtés, comme submergée par les confessions contrites de son coéquipier, la Seelandaise se replie sur elle-même et rumine sa tristesse. Un peu plus et ils en oublieraient qu’ils sont vice-champions olympiques de double mixte! Les premiers de l’histoire, comme Patrick Hürlimann et le Lausanne Olympic l’ont été vingt ans plus tôt à Nagano. Autre mérite, leur médaille d’argent ouvre enfin le compte d’une délégation suisse jusque-là diplômée mais sur la paille.

Pas de scène de ménage

Cette médaille, ils ne l’ont pas encore autour du cou et c’est peut-être seulement ce mercredi, en montant sur le podium – le vrai, celui dressé sur la place olympique –, qu’ils prendront conscience de leur performance. Désabusé, Martin Rios n’y croit pas trop. «Vous savez, mes émotions, je ne les contrôle pas, elles viennent du ventre, pas de la tête», assène-t-il. Impossible de le réconforter. Il s’en veut trop, ne cherche pas d’excuses. «Je n’ai pas fait le match qu’il fallait. Jenny a été encore une fois irréprochable. Avec mes sales pierres, je l’ai mise dans des situations impossibles à récupérer», maugrée-t-il.

Il pense à ce «tout droit» en fin de troisième end et à ces quatre points offerts sur un plateau à l’équipe canadienne. Pour Kaitlyn Lawes et John Morris, la glace est devenue velours. Pour les Suisses, un bûcher. Pour Martin Rios, un supplice. «On gagne ensemble et on perd ensemble. Dans le robin-round, c’est moi qui n’avais pas été à la hauteur face au Canada», tempère Jenny Perret. Il n’y a aucune scène de ménage entre les anciens tourtereaux, restés unis dans leur quête olympique. Le couple terrible du curling suisse ne s’est même pas querellé durant la finale, comme il en a l’habitude. Un signe de résignation? «Nos adversaires ont réussi un sans-faute, chapeau», note Martin Rios.

Un curling d’attaque

Même dans son format de poche, le curling mixte est une affaire de feeling et de précision. L’art et la manière. Quand la pertinence du jugement se marie à la justesse du geste. Plus rapide, plus instinctif, il pardonne peut-être encore moins les imperfections techniques, les défauts de communication, les discordances tactiques. «C’est un curling d’attaque et ça me plaît. Il n’y a rien de tel pour mettre votre adversaire sous pression et le public dans la poche», note John Morris, un grand balèze, déjà champion olympique en 2010 à Vancouver. Quand il ne chauffe pas la glace, il est pompier à l’aéroport de Calgary. Déjà en or à Sotchi, Kaitlyn Lawes est aux anges. Ce n’est qu’en janvier passé que les deux complices ont mis leur talent en commun! Conquis, ils prédisent un avenir en or à cette variante «fun et plus accessible», bien dans l’esprit d’ouverture du CIO.

Après trois ans d’une «intense et formidable aventure olympique», quel avenir attend quant à eux les deux curleurs suisses? Pékin, c’est si près et si loin à la fois! «Là, je rentre chez moi, j’accroche ma médaille au clou comme toutes les autres et je pars coacher les juniors suisses aux Mondiaux en Écosse. Après, on verra», répond Martin Rios. Pour Jenny Perret, remplaçante dans l’équipe de Silvana Tirinzoni, la question se posera plus tard. À PyeongChang, ses Jeux ont déjà recommencé! (24 heures)

Créé: 13.02.2018, 22h31

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