Finhaut est prêt à faire face à une montagne de déchets

Tour de FranceL’impact écologique de la Grande Boucle ne laisse pas d’impressionner. Explications et projections.

Le Tour génère des dizaines de tonnes de déchets à chaque étape. Les organisateurs de Finhaut se sont préparés en conséquence

Le Tour génère des dizaines de tonnes de déchets à chaque étape. Les organisateurs de Finhaut se sont préparés en conséquence

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Le Tour de France pollue. Le paradoxe n’en est pas un si l’on sait le gigantisme de la manifestation. Il illustre la difficulté à gérer les effets environnementaux d’événements sportifs majeurs. Avec les Pyrénées qui pointent à l’horizon, le problème va prendre toute son acuité. Il y a sept ans, «Génération Ecologie» dénonçait «l’irresponsabilité environnementale des organisateurs du Tour de France». Les choses ont avancé. Dans le bon sens. ASO a pris un train de mesures.

Mais l’empreinte carbone et écologique est gigantesque. 198 coureurs, des centaines de voitures suiveuses, des camions techniques, des bus qui parcourent des centaines de milliers de kilomètres. Sans compter quelque 12 millions de spectateurs qui se déplacent en camping-cars et en voitures et qui s’amassent le long des routes. Des kilomètres, des cadeaux, des déchets: en veux-tu?

En voilà! En 2009, après le passage au mont Ventoux - qui accueillera à nouveau le grand barnum du Tour le 14 juillet - la commune a ramassé 20 tonnes de déchets (canettes, bouteilles en plastique) éparpillées en bordure de route ou disséminées dans les champs. Le dispositif mis en place pour le tri des déchets avait tout de même permis de collecter 30 000 bouteilles plastiques et 20 000 canettes déposées par les quelque 500 000 personnes qui garnissaient les pentes du Mont Chauve.

Du côté de Finhaut, Alain Gay-des-Combes, Cédric Revaz et leur équipe de bénévoles se sont préparés en conséquence. «Cette même année 2009, la venue du Tour à Verbier a généré 30 tonnes de déchets», explique Gabriel Clément, par ailleurs responsable conseils et valorisation des matières chez Satom SA. «Entre Martigny et Emosson, nous installerons 400 postes, en fait des piquets en bois munis de poubelles pour le pet, l’alu et le fer-blanc, le verre et les produits incinérables. Notre grand souci est que les déchets et les détritus se dispersent dans nos forêts. Nous remettrons des sacs poubelles aux campings cars qui stationneront deux ou trois jours avant sur place. Nous assurerons leur évacuation avec une camionnette.»

Dix jours de travail

Autour du Tour, la bataille pour une Grande Boucle propre (au premier sens du terme) relève de la gageure. «C’est du boulot, mais c’est le prix à payer. Les gens ne sont pas tous consciencieux. Certains n’ont pas la fibre écologique, d’autres font simplement faux. Le travail commencera le 12 juillet et se terminera le 22. La première semaine, 12 personnes seront à l’œuvre puis 25.»

Anthony Montagne (ça ne s’invente pas) est responsable de la gestion des déchets recyclables sur l’aire de départ du Tour. «Chaque jour, la zone village, les parkings caravanes, poids lourds et pique-niques des invités produisent 1,5 à 3 tonnes. Ces données ne concernent que les sites ASO. Il y a encore les espaces publics à proximité. Et là, il ne faut pas se leurrer, la qualité de tri n’est pas la même.»

Dans la caravane publicitaire, le véhicule de l’environnement roule en tête. Recouvert de feuilles et d’arbres, il délivre un message sur la propreté des lieux et sur la nécessité de ne rien jeter dans la nature. Dans ses directives, ASO enjoint les coureurs à ne pas se délester intempestivement de leurs déchets (bidons, emballages). Ils doivent utiliser les points de collecte situés en début et fin de zone ravitaillement ainsi que celui situé à 20 km de l’arrivée ou au pied de la dernière ascension. «Hors zone, les coureurs doivent confier leurs déchets à une voiture suiveuse ou les conserver dans la poche de leur maillot, précise Anthony Montagne. Faute de quoi ils peuvent être sanctionnés. Le bidon lancé sur la voie publique est une exception. On sait qu’il fait toujours le bonheur de quelqu’un.»

Tschopp, le précurseur

En la matière, le Valaisan Johann Tschopp a fait figure de précurseur. En 2007, le peloton du Tour le regardait comme un Martien lorsqu’il glissait dans sa poche l’emballage de ses barres énergétiques. Le coureur écocitoyen se croyait obligé de préciser: «Ça me paraît logique. Je pratique un beau sport dans des endroits magnifiques.» (24 heures)

Créé: 08.07.2016, 07h53

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