À Dallas, Reto Ziegler a fait d’un univers impitoyable son paradis

FootballLe défenseur suisse, capitaine de sa formation, se plaît en MLS où il joue le grand frère dans une équipe jeune et pleine de talents.

Avec Élodie et Valentina, ses deux princesses, la vie de Reto Ziegler à Dallas ressemble vraiment à un conte de fées.

Avec Élodie et Valentina, ses deux princesses, la vie de Reto Ziegler à Dallas ressemble vraiment à un conte de fées. Image: DR

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Il en a vu du pays, Reto Ziegler! Entre l’Angleterre (Tottenham, Wigan), l’Allemagne (Hambourg), l’Italie (Sampdoria, Juventus, Sassuolo), la Turquie (Fenerbahçe) et la Russie (Lokomotiv Moscou), celui qui a aussi porté les couleurs de Servette, Grasshopper, Sion et Lucerne avait déjà bien bourlingué dans sa carrière. Mais l’ex-international suisse (35 sélections) n’imaginait pas qu’il allait découvrir, à 33 ans, le paradis sur terre au Texas. L’enfant de Gland a fait de Dallas, pays des cow-boys et du rodéo, l’endroit rêvé pour pratiquer son métier. «C’est vraiment magnifique pour y vivre!» s’exclame le défenseur, qui s’éclate outre-Atlantique comme un môme dans ce soccer de plus en plus considéré avec l’arrivée de stars venues d’Europe et d’Amérique du Sud.

Alors Reto, Dallas est-il vraiment un univers impitoyable?

C’est vraiment les États-Unis comme on peut le voir à la télé, comme je me l’imaginais avant d’arriver ici. La qualité de vie est agréable même si actuellement avec une température entre 38 et 40 degrés c’est un peu compliqué pour jouer au foot. Du coup on s’entraîne plus tôt le matin. On se trouve à Frisco, à 30 minutes de voiture de Dallas. C’est une ville de 33 000 habitants très sportive où l’équipe de football américain des Cowboys a basé son quartier. Mais aussi les hockeyeurs des Dallas Stars (NHL) ainsi que nous, les joueurs de soccer. C’est également notre lieu d’entraînement. Contrairement à Dallas, il n’y a pas de grands buildings, c’est plutôt un endroit avec des résidences et des jolies petites maisons.

Avez-vous eu le temps de visiter la ville, de profiter de l’endroit?

Moi qui suis un grand mordu de sport, j’ai la possibilité d’assister à toutes les compétitions dans la ville, et je savoure. Il y a du baseball, du foot américain, du basket, du hockey et même du MMA. Je suis vraiment comblé. Et, en plus, il y a du sport tous les jours à la télévision, même du soccer qui commence à se faire gentiment sa place.

Vu l’immensité du pays, y a-t-il de grands voyages entre vos matches?

Il y a dix jours, on a vécu l’un de nos pires déplacements. On a joué à Los Angeles contre les Galaxys de Zlatan Ibrahimovic le jeudi (défaite 2-0) avant d’enchaîner le dimanche à Montréal (3-3). Nous sommes restés sur la route durant une semaine. Un autre périple nous attend avec Chicago (le 14 septembre) et Seattle (le 19) qui se trouvent de l’autre côté. Sinon cela reste des voyages pas trop compliqués où on part deux jours avant de revenir le lendemain. Comme Dallas se situe au milieu des États-Unis, on n’a pas le souci que connaissent d’autres clubs: on trouve partout des vols directs. Avec trois heures et demie de trajet dans chaque direction, on ne peut pas honnêtement se plaindre.

Avec le système américain, est-il exact que vous pouvez être transféré à tout moment?

Ce n’est pas tout à fait ça. En janvier, des nouvelles franchises ont la possibilité de déposer 200 millions de dollars sur la table pour intégrer la MLS, une ligue fermée. C’est ce qui s’est passé avec Cincinnati l’an dernier. Miami et Nashville pourront, durant deux à trois jours, se servir dans n’importe quelle équipe pour autant que le joueur n’a pas été protégé par le club. C’est le cas notamment des cadres. Comme je suis capitaine, je ne devrais pas être touché et rebondir ailleurs.

Quand on a joué comme vous en Angleterre, en Allemagne ou en Italie, n’est-il pas frustrant d’évoluer dans un championnat moins huppé?

Les stades sont pleins et la télé en parle de plus en plus. Difficile de ne pas trouver un endroit où le soccer ne fait pas recette. Atlanta joue régulièrement devant 70'000 spectateurs. Nous aussi, en fonction de l’affiche, on joue à guichets fermés devant plus de 20'000 personnes. Malheureusement, on joue quand vous dormez. Mais je suis convaincu que cela va prendre encore un plus grand essor. Allez voir nos matches sur internet, vous verrez que le niveau est élevé.

La Suisse ne vous manque pas trop ou quand même un peu?

Même si cela fait partie de mon job, je vous mentirais si je vous répondais par la négative. Mais comme la pause est longue, j’ai la chance de pouvoir rentrer assez longtemps en hiver et de profiter de mon pays ainsi que de la famille. Il est d’ailleurs possible que j’aille m’entraîner avec Sion au mois de décembre pour ne pas rester des mois sans rien faire.

Vous parlez de famille, vous êtes papa depuis cinq mois, c’est juste?

De devenir père, cela change toute une vie. Il n’y a pas de mot pour décrire cette sensation. Ma fille s’appelle Valentina et c’est un sentiment indescriptible. Quand je rentre à la maison, rien que de la voir m’enlève toute la fatigue. Je sais pourquoi je travaille tous les jours. Là, elle est en Suisse avec sa maman Élodie où elles vont rester trois semaines. Ce n’est pas évident d’être séparés mais quand j’ai un petit coup de blues, il suffit de penser à elles…

Alors qu’il vous reste un an de contrat, pensez-vous terminer votre carrière en Romandie?

Je serai libre en janvier 2021, d’ici là je ne sais pas encore de quoi mon avenir sera fait. Mais oui, un retour en Suisse est toujours possible comme il peut aussi y avoir une prolongation avec Dallas. J’y pense mais ce n’est pas pour tout de suite, on verra bien l’an prochain quand j’aurai parlé avec mes dirigeants. Actuellement mon but est d’être performant pour viser les play-off…

Créé: 01.09.2019, 17h05

«On est capable de décrocher le titre»

Selon la fameuse série télévisée, «Dallas glorifie la loi du plus fort sous son soleil implacable et ne redoute que la mort.» Faut-il y voir une allusion avec son équipe de soccer?

Dans la nuit de samedi à dimanche, Reto Ziegler et ses coéquipiers ont battu Cincinnati 3-1, passant à la 4e place
dans la conférence ouest qualificative pour les play-off, avec trois points d’avance sur Portland. Plus serré, tu meurs!

Dallas va-t-il toucher le jackpot et disputer la finale de championnat? Si on en est encore loin, à cinq matches de la fin, le Suisse et ses jeunes camarades sont du bon côté de la barre. «Avec, ensuite, un système de quatre matches pour devenir champion, on est capable de décrocher le titre, mais pour cela on devra être plus constant», lâche l’ex-international dont le rôle est d’amener son expérience au milieu d’une ribambelle de talents qui seront bientôt vendus pour faire vivre la franchise du Texas.

«Des Ibrahimovic, il n’y en aura jamais chez nous, explique l’ex-Sédunois. Notre force c’est l’équipe, la plus jeune de MLS, où on met beaucoup d’énergie pour gagner. Cet enthousiasme masque notre manque d’expérience pour battre souvent de grandes équipes.» Le coach Luchi Gonzalez compte sur l’Helvète. «L’entraîneur ne veut pas de longs ballons, mais que le jeu parte depuis le gardien, dans les pieds, pour construire depuis derrière. On a un style différent de beaucoup d’autres équipes de MLS, technique assez direct et physique. On domine souvent avec des possessions de balle plus élevées que la moyenne, mais on manque d’efficacité devant, ce qu’on doit encore travailler.»

Or avec 11 buts inscrits lors des trois derniers matches, Dallas n’est plus très loin de glorifier la loi du plus fort…

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