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Déjà totalement impliqué, Nadal a jeté les bases du triomphe annoncé

Sur sa lancée d’un printemps épatant, l’Espagnol n’a pas laissé la moindre chance au Français Paire. Paris n’a qu’à bien se tenir!

En quête d’un dixième titre à Roland-Garros, Rafael Nadal a parfaitement maîtrisé son sujet lors de son entrée dans le tournoi, face à Benoît Paire.
En quête d’un dixième titre à Roland-Garros, Rafael Nadal a parfaitement maîtrisé son sujet lors de son entrée dans le tournoi, face à Benoît Paire.
Reuters

«Non, ce n’est pas dur pour moi. Ce mot, il faut le garder pour beaucoup d’autres choses qui se passent dans le monde. Bien sûr, le tennis peut s’avérer parfois difficile, par exemple sur le plan physique, mais je ne m’ennuie vraiment jamais quand je joue. Et je m’estime heureux, à presque 31 ans, de pouvoir encore voyager à travers le monde pour jouer.» A la lancinante question de la motivation que peut encore trouver un champion qui a déjà tant gagné, Rafael Nadal a donné lundi un rappel tout simple en guise de réponse. Il venait de se défaire de Benoît Paire à l’occasion de son entrée en lice dans le tournoi, sur un score qui ne laisse pas beaucoup de place pour le doute: 6-1 6-4 6-1 (1 h 52’). Il venait surtout de savourer l’immense ovation reçue dès son apparition sur le court Suzanne Lenglen, alors que le speaker annonçait son incroyable palmarès. Sa passion semble intacte, son niveau remarquable, dans le prolongement d’un printemps épatant qui fait naturellement du Majorquin le favori de cette édition 2017, laquelle pourrait être celle d’un 10e sacre à la Porte d’Auteuil.

Avec son jeu atypique et la manifestation toujours possible d’un talent singulier, Benoît Paire (45e ATP) avait tous les attributs d’un piège potentiel en entrée de tableau. Mais le Français a bien trop mal entamé cette partie pour entretenir très longtemps l’illusion. Certes, il a bénéficié de deux balles de 5-3 dans la deuxième manche, flirtant alors avec les lignes, mais Nadal a très vite colmaté ce début de brèche pour calmer l’effronté. «Je sens que mes coups peuvent l’embêter. Mais à chaque fois que j’affronte Nadal, je finis un peu frustré, avec l’impression d’être passé à côté de quelque chose», avouait Paire.

Hyperconcentré

Un sentiment que d’autres connaissent également, né du très haut degré de constance nécessaire pour entrevoir ne serait-ce qu’un début d’issue positive lorsqu’on affronte le meilleur spécialiste sur terre battue. Hier en tout cas, dans la touffeur parisienne, Benoît Paire ne l’avait pas, cette constance. Le public s’est donc satisfait de la solide mise en route d’un Espagnol hyperconcentré et dont chaque geste, chaque attitude – y compris le long inventaire de ses tocs préférés – traduisait une implication déjà totale.

Losqu’en octobre 2016, trop diminué (douleurs au poignet gauche), Rafael Nadal avait mis prématurément un terme à sa saison, sans doute n’imaginait-il pas un printemps 2017 aussi riche de succès. Ce qu’une partie des gens pouvait prendre pour un déclin inexorable, l’Espagnol allait en effet le transformer en un incroyable retour, dans le sillage d’ailleurs de son plus sûr rival, Roger Federer. Après sa finale perdue à Melbourne face au Bâlois, le gaucher de Manacor retrouvait sa pleine dimension avec le retour sur terre. A Monte-Carlo – 10e titre, son 50e sur cette surface –, Barcelone, puis Madrid, il engrangeait les victoires, assorties de trois trophées consécutifs. Dans la capitale ibérique, face à Novak Djokovic, il battait surtout un adversaire contre lequel il restait sur sept revers en trois ans, autrement dit depuis son dernier triomphe… à Paris. «J’ai suffisamment d’humilité pour savoir que j’étais nerveux», avait-il dit alors en quittant le court. «Le dominer enfin, c’est super important», avait surtout fait remarquer Toni Nadal, son oncle et entraîneur.

La santé seule

On l’avait cru usé, las peut-être, et le voilà qui revenait très fort. «Tout se résume à la santé, expliquait-il alors. Elle seule permet de bien travailler. Et lorsque tu t’entraînes bien, ton mental se renforce naturellement.» Et le travail, Nadal n’en est jamais avare. Etre compétitif, voilà tout ce qui lui importe. Et il l’est à nouveau. Seul Dominic Thiem a pu couper cet élan, après une série de 17 victoires (32 sets gagnés pour 2 abandonnés). A Rome, le jeune Autrichien s’est en effet imposé 6-4 6-3. Rien de fâcheux.

Voilà donc Rafael Nadal leader tout désigné à Roland-Garros, même s’il n’apprécie guère cette étiquette. «J’ai gagné ici à neuf reprises. J’ai été à chaque fois incroyablement heureux. Et l’année suivante, quand je revenais, j’étais toujours incroyablement nerveux.» Rien que de très normal, en définitif. Et c’est bien ce qui doit inquiéter ses plus sûrs adversaires.

Mardi à Paris Stan Wawrinka affrontera vers 13 heures (court Suzanne Lenglen) le Slovaque Jozef Kovalik (ATP 152), un adversaire issu des qualifications

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