Del Potro - Nadal, un bras de fer au cœur du Temple

TennisCe mercredi à Wimbledon se jouera une affiche de folie, dont le vainqueur pourra sérieusement lorgner le Graal.

Juan Martin Del Potro se sent en mesure de jouer un mauvais tour à Rafael Nadal.

Juan Martin Del Potro se sent en mesure de jouer un mauvais tour à Rafael Nadal. Image: REUTERS

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Il n’est surtout pas l’heure d’ergoter, alors allons droit au but: ce qui se présente à Wimbledon, c’est clairement ce qu’il est convenu d’appeler la «cherry on the cake», la cerise sur le gâteau, ce petit élément qui permet de rendre encore plus belle la pièce, montée ou pas. Oui, il suffit d’inscrire un choc Rafael Nadal - Juan Martin Del Potro au menu pour qu’un mercredi après-midi entier prenne une tout autre allure, pour que les quarts de finale prennent une autre dimension, au point de subtiliser tout le piquant d’un Djokovic - Nishikori ou d’un Federer - Anderson. Car elle se tient là, entre les gros bras de l’Espagnol et les parpaings qu’envoie l’Argentin, et nulle part ailleurs, la première véritable affiche masculine de la quinzaine, qui est de celles qui convoquent les attentes les plus folles et une odeur de soufre au long de Church Road.

Parce qu’elle ne devrait ressembler en rien au combat tronqué d’il y a cinq semaines à Roland-Garros, où le No 1 mondial avait fait du petit bois de son cadet, mais devrait plutôt atteindre des niveaux tennistiques que cette édition 2018 n’a pas encore tutoyés, elle fait grimper l’excitation. Tout, en tout cas, laisse présager d’une rencontre dingue. «C’est sûr que ce sera autre chose qu’à Paris, assure en préambule l’outsider. J’aurai bien plus d’opportunités sur cette surface que sur terre battue. Ici, j’ai de vraies qualités sur lesquelles m’appuyer. J’avance bien dans ce tournoi, je suis content de ce que je présente et j’ai confiance en moi.»

Presque une finale, mais…

Ces ingrédients-là, le «gaucho» ne les avait pas dans sa raquette sur la brique pilée parisienne. Comment avoir confiance en soi quand on doit affronter l’ogre de l’ocre, injouable et imbattable dans son royaume de la Porte d’Auteuil? Un mois plus tard, sur ce gazon défraîchi du Temple londonien, les choses changent et le rapport de force s’affine. On s’attend ainsi à une bouillante empoignade, sachant que «Del Po» aura cette fois-ci de vraies armes à exposer à Nadal. «Sur herbe, je peux varier mon tennis au maximum et utiliser le slice à bon escient, note-t-il. En outre, j’arrive de plus en plus souvent à frapper mes coups. J’ai pris beaucoup d’assurance ces derniers jours et mon jeu s’en ressent.»

Si on ne peut pas parler de finale avant la lettre sachant que Roger Federer et Novak Djokovic figurent encore dans le tableau, il n’en demeure pas moins que celui qui descendra en vainqueur de ce quart pourra sérieusement lorgner le Graal. «Gagner le titre, c’est mon but, car je ne suis pas du genre à me contenter d’être là», répète le lauréat 2008 et 2010, remonté comme un coucou. «À l’instar de «Rodg», Rafa reste le grand favori de ce tournoi, mais les six autres joueurs encore présents dans le tableau auront leur mot à dire», lance en écho «Del Po».

«Il peut y avoir une surprise»

Face à tant de détermination, il est ardu de jouer les «Madame Soleil», les deux hommes estimant pratiquer un tennis de rêve en ce moment. «Mais maintenant qu’il est sorti indemne de la première semaine, Rafa est autrement plus dangereux qu’au début du tournoi, relève Brad Gilbert. Il volleye vraiment très bien cette année et n’a aucun pépin physique. Cela me laisser penser que cette dernière ligne droite peut être la sienne.»

Le propos tenu par l’ancien entraîneur d’Andre Agassi ne fait même pas broncher Del Potro, qui se nourrit de ses propres sensations pour envisager l’exploit. «J’ai le sentiment qu’il peut y avoir une surprise cette année dans le tournoi et le fait d’être là, en quart de finale, signifie que j’ai les capacités pour aller encore plus loin, souffle-t-il. Je sais que Rafael est en grande forme, mais en me montrant réaliste au service et très offensif, j’aurai un coup à jouer.»

Cinq ans après son unique apparition dans le dernier carré londonien, l’Argentin se dit persuadé de pouvoir y regoûter. Et pourquoi pas, au juste? Après tout, peu importe la taille du gâteau, tant que la cerise a bon goût.

(24 heures)

Créé: 10.07.2018, 19h18

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Au programme mercredi

Centre Court (14 h en Suisse):
Djokovic - Nishikori, suivi par Del Potro - Nadal.
Court No 1 (14 h en Suisse):
Federer - Anderson, suivi par Raonic - Isner.

Anderson et le grand rugissement

Il est prêt à rugir plus d’une fois, à serrer encore le poing, à s’encourager. Parce qu’il est comme ça, Kevin Anderson, toujours à se haranguer, à se bousculer. Même à 0-0, 15-0, il beugle, il se pousse. C’est parfois désagréable, pour l’adversaire comme pour les spectateurs, mais à l’entendre, le Sud-Africain, No 8 ATP et adversaire de Roger Federer, ne serait rien sans cela. «C’est quelque chose que j’ai ajouté à ma panoplie au fil du temps et qui me permet d’être pleinement concentré sur mon truc, de mieux jouer. Cela m’a aidé dans ma carrière.» Le grand blond âgé de 32 ans vit d’ailleurs les meilleurs moments de sa vie sportive. Finaliste du dernier US Open, il a remporté en février son quatrième titre ATP à New York et s’est installé pour de bon parmi les dix meilleurs joueurs de la planète. Le tout sans faire de bruit, car une fois en dehors du court, ce n’est pas son genre. Lui qui se définit plutôt comme un bosseur que comme un tennisman de talent a plusieurs fois repoussé ses limites pour continuer de grandir. Fin 2016, une hanche en piteux état aurait pu le stopper pour de bon dans son ascension, mais c’était oublier son mental d’acier.
«Je me suis battu et j’ai travaillé comme un fou pour revenir. Tout ce que je vis désormais n’est que du bonheur, que du bonus. J’ai fourni un boulot fantastique. Figurer en quart de finale de Wimbledon est exceptionnel. Y rencontrer Federer donne encore une autre dimension à ce rendez-vous. Je ne l’ai jamais battu, mais au vu de ce que je présente sur gazon, j’ai le droit de croire en moi.» Et il peut. A.CE.

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