Derrière le LHC et le LS, le volley et le basket tirent la langue

SponsoringLe LUC et surtout le BBC Lausanne peinent à dénicher des soutiens financiers. Le point alors que la saison débute.

Sergio Rey-Bello (à g.), le président du BBC Lausanne, et Pierre-André Leuenberger (à dr), le président du LUC, en compagnie des entraîneurs de leurs premières équipes respectives, Randoald Dessarzin et Georges-André Carrel.

Sergio Rey-Bello (à g.), le président du BBC Lausanne, et Pierre-André Leuenberger (à dr), le président du LUC, en compagnie des entraîneurs de leurs premières équipes respectives, Randoald Dessarzin et Georges-André Carrel. Image: Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Vivre à l’ombre du Lausanne Hockey Club et du Lausanne-Sport n’a rien d’une partie de plaisir pour les autres clubs majeurs de la capitale vaudoise. Fraîchement promu en Ligue A de basketball, le BBC Lausanne en fait l’amère expérience. La quête de sponsors s’avère plus difficile que prévue. «Aujourd’hui, nous avons zéro sponsor, s’inquiète Sergio Rey-Bello, président du club. Si la Ville de Lausanne et le Canton, via le Fonds du Sport Vaudois, ne nous soutenaient pas à hauteur de quelque 150 000 francs, nous serions aux abois. Il nous manque 300 000 francs, aujourd’hui, pour boucler notre budget. Et il n’est pas question que je mette la main à la poche, comme ces dernières années.»

Sergio Rey-Bello ne comprend pas pour quelle raison l’économie vaudoise est si réticente à soutenir le sport d’élite. «Même la banque cantonale refuse d’entrer en matière. Elle sponsorise bien un basketteur (ndlr: Thabo Sefolosha), mais celui-ci évolue aux Etats-Unis. C’est tout de même particulier. Je n’ai bien entendu rien contre le LHC (budget de 13,5 millions) et le LS (7,5 millions), qui portent haut les couleurs de la ville, mais si nous pouvions grappiller ne serait-ce qu’une toute petite partie des millions que ces deux clubs aimantent, nous serions délestés d’un grand poids. Je suis fatigué de devoir continuellement me battre contre des moulins à vent. J’aimerais dépenser mon énergie d’une autre manière pour ce club. Je commence à croire que personne ne s’intéresse au basket dans cette ville, voire dans ce canton. Il faut savoir ce que l’on veut. On peut aussi tous aller jouer aux cartes, au lieu de nous époumoner à quémander des aides financières.»

Le Lausanne Université Club est certes mieux loti que le BBC Lausanne, mais la recherche de sponsors demeure ardue pour ses dirigeants. «C’est dur, très dur, souffle Pierre-André Leuenberger, président du LUC. Sur cent dossiers que nous adressons à de potentiels sponsors, seules cinq réponses nous parviennent. Et quatre sont négatives. Reste la positive, qui débouche généralement sur un entretien. Et là, c’est du pile ou face.»

«Cela peut paraître paradoxal, mais Verbier-4Vallées table sur le fait que les étudiants de l’UNIL sont de potentiels skieurs, voire propriétaires d’appartements de la station»

A une exception près (dans les années 90, un sponsor avait fait faillite et creusé un trou de 50 000 francs), le LUC est toujours parvenu à couvrir un budget qui, cette saison, est de 520 000 francs pour tout le club, dont 360 000 francs pour l’équipe phare. Ce véritable tour de force tient notamment au charisme de Georges-André Carrel, figure de proue du LUC. N’empêche, le sponsor principal est bel et bien valaisan. «Cela peut paraître paradoxal, mais Verbier-4Vallées table sur le fait que les étudiants de l’UNIL sont de potentiels skieurs, voire propriétaires d’appartements de la station. C’est un excellent partenariat pour nous, qui dure depuis dix ans», explique Pierre-André Leuenberger.

Le patron du LUC ne manque pourtant pas d’idées. «Figurez-vous que j’ai même cherché du soutien auprès de trois entreprises qui fabriquent des préservatifs, partant du fait que le volleyball masculin est emprunt d’une certaine virilité, explique-t-il. Malheureusement, nous ne représentons pas un assez grand marché.» Pierre-André Leuenberger avoue par ailleurs que le LUC peine à se débarrasser de l’étiquette de club familial: «Elle nous colle à la peau. Les gens ignorent que nous réunissons entre 500 et 1000 spectateurs à chaque match. Le volleyball passe encore et toujours pour un sport mineur. A Lausanne, la concurrence avec le LHC et le LS est trop forte. Nous sommes cannibalisés par ces deux clubs. Les médias parlent presque tous les jours de hockey et de football. Nous n’avons pas cette chance.»

Des clubs formateurs

Le LUC et le BBC Lausanne sont pourtant des clubs formateurs de premier plan. La proximité du campus et les liens très étroits que le LUC entretient avec le Service des sports de l’UNIL (et EPFL) et le gymnase Auguste-Piccard ont permis à une structure de type sport-études de voir le jour. «La qualité de notre formation est reconnue dans toute la Suisse, souligne Georges-André Carrel. Elle nous permet d’attirer les plus grands talents du pays.»

Le BBC Lausanne, lui, comptait treize jeunes il y a trois ans. Une centaine est aujourd’hui prise en charge par les différents entraîneurs. Au niveau des infrastructures, le LUC comme le BBC Lausanne se félicitent des conditions qui leur sont faites par la Ville. «Tous les clubs de Ligue A ne peuvent pas en dire autant, s’empresse d’ajouter Randoald Dessarzin, entraîneur de la première équipe du BBC Lausanne. Même si nous devons parfois partager la salle avec d’autres sociétés, nous bénéficions de la priorité à la Vallée de la Jeunesse.» Quant au LUC, il est comme un coq en pâte à Dorigny. (24 heures)

Créé: 13.10.2016, 16h36

Infos

Basketball LNA (1re journée) Samedi 17 h 30 Lausanne - Starwings Bâle
Volleyball LNA (1re journée) Dimanche 16 h Jona - LUC

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Les excès de zèle de Corsier pour naturaliser un étranger, paru le 25 juillet
(Image: Bénédicte) Plus...