Les deux pilotes du «Handiflight» ont déjà parcouru plus de 12'000 kilomètres

Défi aéronautiquePartis de Genève le 18 novembre à bord de petits avions, Mike et Guillaume, deux paraplégiques, sont arrivés en Thaïlande. Récit.

Les deux CTLS de Guillaume Féral et Mike Lomberg ont l’air minuscules en survolant la statue de l’Unité, en Inde. Avec ses 182 mètres de haut, elle est la plus grande du monde.

Les deux CTLS de Guillaume Féral et Mike Lomberg ont l’air minuscules en survolant la statue de l’Unité, en Inde. Avec ses 182 mètres de haut, elle est la plus grande du monde. Image: HANDIFLIGHT.COM

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Le défi est énorme, l’aventure omniprésente. Chacun seul aux commandes de leur petit avion (des CTLS de 6,6 m de long pour 8,6 m d’envergure), Guillaume Féral et Mike Lomberg sont partis de l’aéroport de Genève le 18 novembre. Ces pilotes paraplégiques ont pour objectif de parcourir 80'000 kilomètres autour du monde afin de récolter des fonds pour Handicap International. Ils viennent d’arriver à Chiang Mai, onzième étape de leur étonnant périple.

Nous avons joint par mail Guillaume Féral et Daniel Ramseier – instigateur de ce défi baptisé «Handiflight around the World» – juste avant Noël, au Bangladesh, alors qu’ils s’apprêtaient à décoller pour la Thaïlande.

Rencontres enrichissantes

Ambiance au beau fixe? «Sur le plan aéronautique, le défi est conforme à nos attentes, mais sur le plan humain, il les dépasse largement. Tant au sein de l’équipe, très soudée, que lors de nos visites dans les hôpitaux, les centres de rééducation et les écoles, explique le pilote français de 58 ans. Lors de nos escales, nous sommes parfois surpris de voir l’admiration que nous portent notamment les enfants, et nous nous efforçons de casser les barrières pour avoir des échanges culturels et sincères. Mais avec les enfants, cela vient vite et c’est fabuleux. Ces rencontres, organisées par les membres du Lions Club qui nous hébergent à chaque escale, sont intenses et enrichissantes.»

Anecdotes drôles… ou pas!

L’intensité est aussi dans les airs, à bord de ces coucous ultralégers pesant 342 kilos à vide. Quand le vent se déchaîne… «Ce fut le cas entre Lecce et Athènes. Mauvais temps, au début vent de face soufflant à 100 km/h, et violents orages qu’il a fallu éviter», témoigne Daniel, qui suit les deux CTLS avec l’avion d’accompagnement, un Piper Comanche.

Guillaume, lui, se souviendra de l’arrivée à Heraklion (Crète), le 23 novembre: «Vent plein travers à plus de 50 km/h, qui nous a valu de fortes frayeurs.» D’autant que «la contrôleuse ne voulait pas que l’on se pose sur la piste la mieux orientée par rapport au vent, car elle n’était pas éclairée», enchaîne Daniel. Au registre des atterrissages, celui de Dubaï, le 4 décembre, est pour l’heure le plus cocasse aux yeux du pilote français: «Surtout lorsque nous avons entendu l’ordre donné par la tour de contrôle à un Boeing 777 qui roulait vers sa piste d’envol: «Laissez passer les deux petits poussins (the two little chicken) qui arrivent sur votre gauche», a ordonné la contrôleuse.»

Les CTLS pris en chasse

Pourtant, une heure et demie plus tôt, les deux pilotes n’en menaient pas large. «Cette étape entre Al Ahsa, en Arabie saoudite, et Dubaï a été la plus éprouvante, avoue Guillaume. Elle devait durer 3 h 30, on a atteint les 7 h parce que le contrôle aérien de Bahreïn a refusé notre plan de vol initial et nous a fait rebrousser chemin alors que nous avions déjà parcouru les deux tiers du parcours, pour nous faire passer par le nord du Qatar. Ordres, contre-ordres, crainte d’empiéter sur l’espace aérien qatari… Et une heure et demie avant l’arrivée, le contrôle nous annonce «deux appareils non identifiés, altitude inconnue, qui se dirigent à grande vitesse dans votre direction. Probablement des chasseurs!» Heureusement, ils ont renoncé une ou deux minutes avant de nous arriver dessus.»

Pour Mike, l’étape fut même plus dure encore: «Il avait perdu tout moyen de navigation et ne pouvait que me garder à vue pour s’orienter, relate Guillaume. Or, le contrôle aérien nous avait espacés de 1500 pieds d’altitude (ndlr: 1000 m environ) et l’atmosphère était brumeuse.»

Les lumières du désert arabe

Mais les petits avions sont arrivés à bon port. Quelques jours auparavant, le 29 novembre, le survol à très basse altitude de l’Arabie saoudite laissera le meilleur souvenir aux deux pilotes: «Très belle lumière de fin de journée sur un paysage alternant dunes, reliefs rocheux, autoroutes rectilignes quasi vides, rares espaces verdoyants autour de vastes points d’eau, sans compter des troupeaux de chameaux éparpillés au beau milieu du désert», égrène Guillaume.

Appel aux dons relancé

Le périple se poursuit ces jours. La nouvelle année devrait être fêtée à Pattaya (Thaïlande) avant que les appareils ne subissent la maintenance prévue à Singapour, le 5 janvier.

Entre-temps, pour Daniel, l’espoir de trouver un troisième partenaire afin de financer la fin de l’aventure: «Nous avons eu la chance d’apprendre en plein vol l’arrivée d’un deuxième partenaire, la société Blackwolf. C’était presque inespéré! Reste également à récolter les dons pour Handicap International. Nous espérions 80'000 francs, soit 1 franc par kilomètre, mais nous en sommes très loin actuellement.»

L’appel est donc à nouveau lancé. Pour en connaître les modalités et suivre les pilotes en direct, rendez-vous sur www.handiflight.com. (24 heures)

Créé: 28.12.2018, 19h58

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