Dona Bertarelli: «Un mélange de tension et d'émotions»

VoileSpindrift 2 va s'élancer cette nuit à l'assaut du Trophée Jules Verne avec la Suissesse à bord.

Spindrift 2 va quitter Brest pour rejoindre ce soir la ligne de départ au large de l'île de Ouessant.

Spindrift 2 va quitter Brest pour rejoindre ce soir la ligne de départ au large de l'île de Ouessant. Image: Eloi Stichelbaut

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«Le vent du Nord souffle et il fait froid! C'est comme si nous étions déjà dans le grand Sud...» Avant de larguer les amarres, Dona Bertarelli a pris quelques instants pour livrer ses impressions. Sur le ponton, à Brest, il règne comme une drôle d'atmosphère. Au bout du fil, la voix de la Suissesse est visiblement gonflée d'émotions. Spindrift 2, le plus grand trimaran de course au monde (40 mètres) va rejoindre ce samedi soir la ligne de départ du Trophée Jules Verne. Le coup de canon de ce tour du monde en équipage est prévu dans la nuit.

La navigatrice sera la seule femme au sein d'un équipage qui comptera treize autres marins. Parmi eux, le Français Yann Guichard, le compagnon, celui sans qui rien n'aurait été envisageable. Spindrift, c'est leur «bébé», l'aventure de leur vie commune. Dona aime à le rappeler: «Sans Yann, sans sa capacité à gérer des projets comme celui-là, jamais je ne me serai lancée.» Longtemps, Dona Bertarelli a suscité la curiosité dans ce milieu de la course au large qu'elle a découvert en 2010, en assistant au départ de la Route du Rhum à laquelle Yann Guichard prenait part. Cinq ans plus tard, elle est donc sur le pont! Et force est de reconnaître que pas grand monde n'aurait misé une petite pièce sur sa participation au Jules Verne lorsqu'elle avait annoncé, en 2013, la création de son écurie de course. Et pourtant...

«Cette fois, c'est parti, dit-elle. Il y a une fenêtre météo excellente qui se présente pour les dix prochains jours. Une telle fenêtre ne se refuse pas. Les 48 premières heures de course s'annoncent extrêmement agitées. Un vent de 30 nœuds, des creux de cinq mètres, la route jusqu'au cap Finisterre va être musclée. Ces deux premiers jours seront peut-être les deux plus durs de ce tour du monde. Il va falloir préserver l'équipage et le bateau tout en assurant une vitesse qui nous permette de déjà prendre un peu d'avance sur les temps de passage de Loïck Peyron.»

Spindrift 2 s'attaque à un monstre. Un chrono de 45 jours, 13 heures, 42 minutes, établi en 2012 avec le même bateau lorsqu'il portait les couleurs de Banque Populaire V. Le temps file, Dona Bertarelli doit finaliser les derniers détails avant de sauter sur le trimaran. «Je suis impatiente. Mais je ne vous cache pas que j'ai un peu la boule au ventre. C'est un mélange entre émotion et tension. Là, nous rentrons tous peu à peu dans notre bulle. Et je crois que cela ira mieux une fois que nous serons en route, concentrés sur ce que nous savons faire: naviguer.»

Pour pimenter cette tentative de record, un autre bateau et un autre marin suisse seront aussi sur la ligne de départ. Idec Sport, de Francis Joyon, a lui aussi décidé de profiter de cette fenêtre météo. A bord, c’est Bernard Stamm qui repartira pour un tour au sein d’un équipage réduit à six hommes.

Deux bateaux, deux défis, deux philosophies différentes, deux approches, deux marins suisses : ce Jules Verne s’annonce palpitant. «Notre état d’esprit est résolument positif», conclut Dona Bertarelli, prête à faire le grand saut.

Créé: 21.11.2015, 17h42

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Léquipage

Yann Guichard skipper
Dona Bertarelli barreur-régleur
Sébastien Audigane barreur-régleur
Antoine Carraz barreur-régleur
Thierry Duprey du Vorsent barreur-régleur
Christophe Espagnon barreur-équipier d’avant
Jacques Guichar, barreur-régleur
Erwan Israël navigateur
Loïc Le Mignon barreur-régleur
Sébastien Marsset équipier d’avant
François Morvan barreur-régleur
Xavier Revil barreur-régleur
Yann Riou mediaman
Thomas Rouxel barreur-équipier d’avant
Jean-Yves Bernot routeur à terre

Le Trophée Jules Verne

Départ et arrivée: ligne entre le Phare de Créac’h (Ile d’Ouessant) et le Cap Lizard (Angleterre)
Tour du monde du monde en équipage par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn)
Distance la plus courte à parcourir: 21 600 milles (40 000 kilomètres)
Ratification: World Sailing Speed Record Council, www.sailspeedrecords.com
Temps actuel à battre: 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes
Vitesse moyenne: 19,75 nœuds
Date du dernier record : janvier 2012
Détenteur: Banque Populaire V, Loïck Peyron et 13 hommes d’équipage

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