L’équipe «suisse» du Tour devrait tirer la prise

CyclismeLe Team Katusha, qui a son siège à Genève, semble en bout de route. Ses dirigeants assurent qu’il n’en est rien.

Bien que les rumeurs aillent bon train au sujet de l’avenir du Team Katusha, les coureurs ont intérêt à se serrer les coudes, comme ici lors du contre-la-montre par équipes à Bruxelles, le deuxième jour du Tour.

Bien que les rumeurs aillent bon train au sujet de l’avenir du Team Katusha, les coureurs ont intérêt à se serrer les coudes, comme ici lors du contre-la-montre par équipes à Bruxelles, le deuxième jour du Tour. Image: Reuters

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L’une des 21 équipes participant au Tour de France, malgré son ADN très russe et les plaques belges de ses véhicules, bat pavillon suisse – son siège se trouve à Genève. Mais le Team Katusha, fondé en 2009 par le milliardaire russe Igor Makarov, bat aussi de l’aile. Plutôt sévèrement, selon les rumeurs de la semaine écoulée. «L’équipe va disparaître», affirmait «L’Équipe» mercredi passé.

Reprise par l’ensemble de la presse internationale, l’information a bien fait rigoler José Azevedo, dimanche dernier au départ de Saint-Étienne. «Ce que vous me racontez est faux, sourit le Portugais, manager général de l’équipe après en avoir été le directeur sportif dès 2014. Personne, de notre côté, n’a affirmé que les choses s’arrêteraient à la fin de l’année. Parmi tout ce que vous avez pu lire ou entendre dans les médias, les seules choses correctes, ce sont mes mots.»

L’ex-grimpeur, qui fut le très efficace lieutenant de Lance Armstrong lors des deux dernières «victoires» de l’Américain sur le Tour, en 2004 et 2005, persiste et signe: «Ce n’est pas vrai que nous n’avons pas entamé le processus afin d’obtenir une licence pour l’année prochaine, nous avons fourni des documents à l’UCI en ce sens, assure-t-il. Ce n’est pas vrai que l’équipe va se retirer.»

Pourquoi, alors, les coureurs auraient-ils reçu le droit de négocier leur avenir auprès d’autres formations, à l’image d’Ilnur Zakarin et Nils Politt, pressentis respectivement chez CCC et Deceuninck-Quick-Step? «Comme nous n’avons pas de garantie concernant le futur, ceux qui arrivent en fin de contrat sont libres de discuter voire de s’engager ailleurs, nuance José Azevedo, très détendu sur la question. Mais les onze coureurs qui possèdent encore un contrat pour 2020 ont été priés de patienter jusqu’à ce que nous sachions. Nous travaillons sur plusieurs possibilités, nous sommes en train de mener certaines négociations.»

«Négociations en cours»

Le Team Israel Academy, qui milite en Continental Pro, la 2e division du cyclisme, serait hautement intéressé. Il se murmure aussi qu’Alpecin et Canyon, cosponsors actuels de Katusha, seraient en quête d’un nouveau partenaire pour poursuivre l’aventure. «Nous lisons des choses différentes tous les jours à ce sujet, et parfois trois choses différentes le même jour, sourit José Azevedo. Comme vous pouvez le comprendre, nous ne pouvons pas entrer dans les détails, puisque les négociations sont en cours. Dès que la décision sera prise, nous informerons les coureurs.»

Ils sont 23 en tout, de treize nationalités différentes, dont le Thurgovien Reto Hollenstein. Parmi les huit en lice sur ce Tour, trois arrivent en fin de contrat: le Russe Ilnur Zakarin, le Portugais José Gonçalves et l’Autrichien Marco Haller. On aurait adoré leur demander deux ou trois trucs, mardi lors du jour de repos à Albi, mais le Team Katusha était la seule équipe du plateau à ne pas ouvrir ses portes aux médias. Devant leur hôtel, sur la place Jean-Jaurès, des mécaniciens étaient à l’œuvre. Mais personne n’avait envie – ou le droit – d’évoquer la situation.

«Ce n’est pas simple pour les coureurs, le staff, nous sommes tous dans le même bateau, convient José Azevedo, qui dit lui-même ne pas savoir de quoi son avenir sera fait. Quand on entend tant de choses, on commence à se faire du souci, à se poser des questions. Je leur ai dit avant le départ du Tour de ne pas écouter les rumeurs, les spéculations. Ils connaissent la réalité, je ne leur mens pas, je leur demande juste d’être patients.»

«Il faut livrer des résultats»

L’Allemand Nils Politt semble avoir pris son parti: «Il faut livrer des résultats, sinon on se retrouvera au chômage. Vu le printemps que je réalise, cela devrait être plus simple pour moi», déclarait le 2e du dernier Paris-Roubaix, l’autre jour à l’agence DPA. Alors, stop ou encore pour le Team Katusha?

«C’est toujours compliqué de savoir ce qui se trame avec ce type d’équipes, dont on ne sait pas trop qui la finance vraiment», nous dit une voix haut placée dans les instances. Igor Makarov, qui a fait fortune dans le gaz et le pétrole et siège au comité directeur de l’Union cycliste internationale depuis 2011, devrait bientôt trancher. En attendant, une chose est sûre: Katusha Management SA se trouve au 23, avenue de France, à Genève.

Créé: 16.07.2019, 20h56

«Hé Wa-wa, Quintana t’a payé combien pour pousser Landa?»

Journée de repos sur le Tour, mardi à Albi, où est arrivée la 10e étape lundi et d’où repartira la 11e mercredi. Le centre historique de la splendide cité tarnaise voit les touristes se mêler aux coureurs – à moins que ce ne soit l’inverse. Si la récupération est le mot d’ordre, la plupart des équipes organisent une virée en selle, afin de ne pas laisser les jambes s’engourdir.

Voilà d’ailleurs les coureurs d’Arkea-Samsic et du Team Sunweb qui reviennent de vadrouille sur le coup de midi et s’offrent un moment de répit sur la même terrasse, celle du café Natura, qui jouxte le marché couvert. Ils y boivent des jus de fruits et des cappuccinos, certains se lâchent sur des cookies au chocolat tout en devisant de leur métier. En anglais, allemand ou français, ils évoquent les rumeurs de transferts, la qualité de leurs cuissards, la taille de leurs chambres, l’équilibre de leurs vélos ou encore la dernière question chafouine d’un journaliste. Bref, le boulot.

Soudain, l’Irlandais Nicolas Roche brise la routine en lançant à Warren Barguil la boutade du jour, hilare: «Hé Wa-wa, Quintana t’a payé combien pour pousser Landa?» Réponse du Français, sur le même ton de plaisanterie: «Très cher.» Éclat de rire quasi général. Mikel Landa n’aurait pas aimé. L’Espagnol, involontairement projeté dans un fossé par Barguil lundi, n’est pas blessé mais il a perdu plus de deux minutes dans la mésaventure. Résultat: le Colombien Quintana est désormais le leader unique de l’équipe Movistar. D’où la blague, bonne ou mauvaise.

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