Éric Landry: «J’ai adoré mon expérience au Lausanne HC»

Hockey sur glaceAujourd’hui âgé de 43 ans, l’ex-attaquant de Malley est devenu un entraîneur respecté au Canada. Prochain arrêt, la NHL?

Éric Landry entraîne depuis trois ans les Olympiques de Gatineau, sa ville natale.

Éric Landry entraîne depuis trois ans les Olympiques de Gatineau, sa ville natale. Image: Emmanuel Favre

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Au plafond du Centre Robert-Guertin, une patinoire de 5000 sièges où les Olympiques de Gatineau ont élu domicile, trône une ribambelle de bannières en l’honneur des personnalités qui ont écrit l’histoire de cette équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Les noms du regretté Pat Burns, de Claude Julien (actuel entraîneur du Canadien de Montréal), de Luc Robitaille (ex-attaquant étoile des Kings de Los Angeles) côtoient notamment ceux de Martin Gélinas (ex-Morges), de José Théodore (le gardien qui avait été échangé par Montréal contre David Aebischer) et de Christian Dubé (aujourd’hui directeur sportif de FR Gottéron). «Ici, il y a tout un passé et, je l’espère, un joli futur», raconte Éric Landry (43 ans), qui entraîne la formation de la banlieue d’Ottawa depuis près de trois ans.

L’ex-attaquant du Lausanne HC, de Bâle, de Berne et d’Ambri ne semble pas être affecté par le temps qui passe. Il a toujours des pectoraux à faire pâlir un chippendale et une passion pour l’enseignement du hockey. «Quand je jouais, j’ai toujours aimé être accompagné d’un junior sur mon trio offensif, se souvient-il. À Lausanne, j’avais pris Florian Conz sous mon aile.» Aujourd’hui, à Gatineau, il développe des aspirants à la NHL âgés de 17 à 20 ans, dont son fils Manix et le défenseur fribourgeois David Aebischer (18 ans). Assis dans les gradins alors que ses gamins préparent le match du soir, il observe l’action d’un œil et nous regarde de l’autre.

Pat Burns, Claude Julien, Alain Vigneault: pour plusieurs entraîneurs qui ont conduit leur équipe de NHL en finale de la Coupe Stanley, Gatineau a constitué un tremplin. Cela doit vous donner des envies, non?
Bien sûr, c’est un extraordinaire facteur de motivation. Je travaille tous les jours dans ce but et j’espère avoir la chance de pouvoir emprunter la même trajectoire que mes illustres prédécesseurs. Je me sens très bien à Gatineau, c’est ma ville natale. Mais si un jour une opportunité se présente…

Il se murmure que votre nom figure en bonne place dans la liste de certains recruteurs de la NHL…
Vous savez, il se murmure beaucoup de choses dans le milieu du hockey. Je me soucie seulement d’effectuer le mieux possible mon travail au quotidien. Je n’ai pas d’emprise sur le reste.

C’est quoi, votre job?
Développer des joueurs, les aider à devenir des hommes.

En quoi est-il différent de celui des entraîneurs que vous avez fréquentés en Europe?
Ici, je ne suis pas jugé que sur les résultats des matches et sur le classement de mon équipe. Mais sur la manière dont chaque individualité progresse. Dans ce processus, je bénéficie grandement de l’expérience accumulée pendant mes saisons écoulées en Suisse.

C’est-à-dire?
Ces dernières années, le hockey nord-américain a opéré une mue. La rapidité, la technique et la qualité de la transition ont pris le dessus sur la robustesse. Quand j’étais arrivé à Lausanne, en 2003, j’avais adapté ma manière de jouer – en NHL, j’étais un gars dur – afin de correspondre aux critères en vigueur dans votre ligue, des critères qui sont assez similaires à ceux qui sont appliqués chez nous actuellement.

Quand vous avez dit Lausanne, vous avez grimacé…
J’avais adoré mon expérience au LHC. J’ai grimacé car je me suis remémoré le plus mauvais souvenir ma carrière. Mais non, je n’ai pas pensé à cette charge reçue dans le play-out contre Gottéron qui avait été sujette à tant de débats ni à cette histoire de la photo truquée dont je n’étais pas responsable.

À quoi avez-vous pensé, alors?
À cette maudite relégation en Ligue B en 2005. Cela reste un crève-cœur car cela n’aurait jamais dû se produire. Mais bon, on ne peut pas refaire l’histoire. On doit simplement apprendre des échecs.

Qu’avez-vous appris sur le métier d’entraîneur depuis que vous l’avez embrassé?
Je réalise que, lorsque je jouais, j’étais un ignorant (rires). Je n’avais jamais pensé qu’un entraîneur travaillait autant, qu’il était pris en permanence dans ses pensées tactiques et schématiques.

Il y a quelques jours, Patrick Roy était sur le banc d’en face. Qu’est-ce que ça fait d’être tactiquement opposé à l’une des légendes du hockey?
Franchement? Rien! Bien sûr, je respecte énormément le personnage qui a tant fait pour notre sport. Mais, une fois dans le match, je ne me suis pas occupé de l’autre banc. Je serai davantage stressé le jour où je ferai face à un coach qui m’avait entraîné. Ce qui n’est encore jamais arrivé.

Peut-être qu’un jour, en Suisse, vous ferez face à Bill Stewart, le coach de la relégation du LHC! Au fait, était-il aussi fou que l’image qu’il véhiculait?
Pas du tout! Il était bon, très bon. Il faisait tout son cinéma pour nous protéger, nous les joueurs.

Et la Suisse, un jour?
Disons que j’ai adoré mon expérience de joueur chez vous, donc… (24 heures)

Créé: 04.12.2018, 07h58

Articles en relation

Boltshauser devrait passer sur le billard

Hockey sur glace Touché à l’échauffement, samedi, le gardien du LHC est blessé à un genou. Plus...

Lindbohm, un nom qui s'impose de plus en plus

Hockey sur glace Auteur de trois points samedi lors de la victoire du LHC face à Langnau (4-2), le Finlandais monte en puissance. C’était prévu. Plus...

Lausanne n’en a tout simplement pas fait assez

Hockey sur glace Battus sur la glace de Fribourg, vendredi soir (5-2), les Lions ont concédé une troisième défaite consécutive. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...