Estelle Balet, un titre mondial et des portes qui s'ouvrent

Snowboard freerideDeuxième de l’Xtreme, samedi, la jeune Valaisanne (20 ans) obtient le sacre suprême.

Grâce à sa 2e place à Verbier, Estelle Balet se retrouve au sommet du snowboard mondial.

Grâce à sa 2e place à Verbier, Estelle Balet se retrouve au sommet du snowboard mondial. Image: JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

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Estelle Balet est championne du monde. Pourtant, la jeune Valaisanne de 20 ans fait la moue, quelques minutes après l’officialisation de son titre. «J’ai réalisé ce qu’on appelle un run de merde», lâche la snowboardeuse, deuxième de l’Xtreme, samedi, et sacrée pour avoir devancé sa rivale américaine Shannan Yates, troisième à Verbier. «J’ai bien cru que ça allait me filer sous le nez. J’en étais presque à espérer une chute de mon adversaire, même si ça ne se fait pas et qu’on ne souhaite jamais du mal dans ce milieu. Honnêtement, j’ai eu de la chance», avoue la rideuse de Vercorin.

Elle est lucide. «Très lucide, oui, confirme la Vaudoise Géraldine Fasnacht, triple vainqueur de l’Xtreme et coach d’Estelle Balet depuis cinq ans. Dans son analyse, il y a de l’insatisfaction parce qu’elle est perfectionniste et a un caractère bien trempé. Comme moi, en somme. On est plutôt pareilles, c’est ce qui nous permet d’avancer efficacement ensemble. Son titre, Estelle le mérite: elle a toujours poussé plus loin, pris des risques. C’est grâce à des femmes comme elle que le niveau augmente. Elle peut également servir de locomotive pour la nouvelle génération.»

A l’occasion de sa deuxième saison sur le Freeride World Tour, la Valaisanne, dauphine de Shannan Yates l'année dernière, est déjà au sommet du snowboard freeride (deux victoires et deux 2es places cet hiver). A 15 ans, elle s’imposait chez les juniors, à 18 ans elle s’adjugeait le général du circuit Qualifiers (l'échelon inférieur) tout en prenant la deuxième place de son premier Xtreme. Plutôt précoce. «J’ai tout de suite constaté que j’étais proche des meilleures, qu’il ne me manquait pas grand-chose. Géraldine m’a beaucoup apporté. Elle a été mon guide, mais aussi mon modèle. Je rêvais de faire comme elle», explique Estelle Balet.

«Elle a tout pour réussir»

Pour la fille d’Eric Balet, directeur de Téléverbier, il manque encore une victoire à domicile, sur le Bec des Rosses. «Cette année, j’aurais vu ça comme un bonus, car je visais vraiment le sacre mondial, commente-t-elle. C’était le moment idéal pour ajouter cette ligne à mon CV, ça va booster mes contrats publicitaires.»

«Et lui ouvrir des portes, en quelque sorte. Elle a tout pour réussir dans ce domaine», poursuit Géraldine Fasnacht. Quand la Valaisanne espère-t-elle quitter la vitrine du Freeride World Tour afin d’atteindre l’objectif ultime: vivre de son sport et mener une existence rythmée par les tournages de films? «Il faut laisser les choses se faire naturellement. La saison prochaine, je serai à nouveau sur le Freeride World Tour, c’est une certitude. Pour le reste, il est encore trop tôt pour répondre.»

Créé: 29.03.2015, 17h46

L'interview décalée

«Je suis une grosse flemmarde»

Estelle Balet, plutôt… sage ou fêtarde?

Un savant mélange des deux! Je sais être sérieuse, professionnelle quand il le faut et, de temps en temps, j’aime m’amuser.

Blanc, noir ou gris?

Blanc et noir. Je suis bipolaire.

Romantique ou aventurière?

Aventurière. Le romantisme, c’est lourd.

Chiffres ou lettres?

Les chiffres et les statistiques, ça ne m’intéresse pas, je ne calcule jamais. Et au rayon lettres, je suis plutôt Closer que Shakespeare.

Canapé ou dehors?

Canapé, sans hésiter. Je suis une grosse flemmarde.

Exubérante ou secrète?

Ça dépend. Avec la presse, je préfère garder quelques aspects de ma personnalité secrets. C’est important.

Facile ou difficile à vivre?

Ouf! Très difficile à supporter. Je suis une vraie chieuse. En revanche, j’ai un peu d’humour et j’adore rire.

En l’air ou sur terre?

En l’air, pour l’adrénaline que l’on ressent quand on saute.

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