«Estelle sera dans mon cœur à chacun de mes départs»

FreerideAnne-Flore Marxer retrouvera le World Tour samedi à Chamonix. Non sans ressentir un grand vide: celui laissé par Estelle Balet.

Anne-Flore Marxer (33 ans) débute sa 11e saison sur le circuit. Cet hiver sera forcément particulier pour la Vaudoise.

Anne-Flore Marxer (33 ans) débute sa 11e saison sur le circuit. Cet hiver sera forcément particulier pour la Vaudoise. Image: Keystone

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Lorsqu’on évoque la reprise de la saison de freeride, Anne-Flore Marxer affiche d’entrée des sentiments partagés. D’un côté, il y a l’excitation de retrouver les autres riders et les sommets enneigés, mais, de l’autre, persiste une certaine inquiétude. Celle de retrouver le circuit sans sa confidente et alliée de toujours, Estelle Balet. «J’appréhende de ne pas l’avoir à mes côtés, reconnaît sans détour la snowboardeuse vaudoise. Elle va tellement nous manquer. Estelle sera dans mon cœur à chacun de mes départs cet hiver.»

Il est difficile de ne pas revenir sur le grand vide que laissera forcément celle qui est encore championne du monde en titre. Lorsque Anne-Flore Marxer évoque la disparition de son amie, son souffle se fait court: «Chaque accident nous fait beaucoup réfléchir aux raisons qui nous poussent à pratiquer ce sport. Au sens de la vie, aussi. On réalise qu’elle est vraiment courte. A nous de profiter au maximum de la chance qu’on a de faire ce métier.»

Chez tous les riders du circuit, cette prise de conscience s’est inlassablement forgée au fil des couloirs et des «runs», sur les flancs de cette montagne qui donne tant, et parfois reprend. «Ce n’est pas la première fois que je perds un proche, avoue Anne-Flore Marxer. Et ce ne sera certainement pas la dernière non plus.»

Derrière ce discours, il y a aussi la présence constante du risque, partie inaliénable de l’équation. «On pratique ce sport parce qu’il nous fait vibrer, souligne la Vaudoise. Quand je suis en montagne, j’accepte le risque et l’idée qu’il puisse m’arriver quelque chose. Je dois aussi l’accepter pour ceux que j’aime, même si la mort d’Estelle m’a brisé le cœur. C’était un petit ange.»

Au-delà de l’amitié qui les unissait, les deux championnes s’étaient livré une bataille fantastique pour le titre mondial 2016. Tout s’était finalement joué sur une chute d’Anne-Flore Marxer sur son dernier saut à l’Xtreme de Verbier, véritable apothéose de la saison. «Cette finale était géniale, se remémore la Vaudoise. Je m’en souviendrai toute ma vie.»

Tout donner pour elle

Samedi, du côté de Chamonix, Anne-Flore Marxer s’amusera à deviner la ligne qu’Estelle Balet aurait choisie. «On en rigolera avec Marion Haerty, troisième rideuse de notre groupe. Ce cocon que nous formions va me manquer. Sans Estelle, cela ne sera forcément pas la même chose, regrette la snowboardeuse vaudoise. C’est aussi un peu pour elle qu’on donnera tout cette saison.»

Créé: 25.01.2017, 08h35

Les sensations plutôt que les résultats

«La rigueur, les calculs ou les entraînements ne me correspondent pas du tout.» Anne-Flore Marxer le concède volontiers, elle n’a pas l’âme d’une compétitrice. «C’est contre-productif de me mettre dans une salle de gym pour travailler. Le freeride se passe beaucoup dans la tête et dans les tripes. Ce qui m’intéresse, c’est cette sensation de liberté et de vitesse que m’offre le snowboard.»

Le style de la Vaudoise témoigne également de son approche particulière du freeride. «Je n’ai pas envie de courir après les points, je préfère aller chercher une belle ligne. Les vrais moments forts, ce sont les sensations qui me les amènent, et non les médailles. Je ne me mets pas de pression particulière. Mon but est de me faire plaisir.»

La recette semble fonctionner pour Anne-Flore Marxer, 2e du World Tour l’année dernière et sacrée championne du monde en 2011. Excusez du peu.

Mais plus que les résultats, ce sont les sensations ressenties qui lui donnent l’envie de continuer alors qu’elle a fêté hier son 33e anniversaire. «J’arrive encore à repousser mes limites à chaque «run». C’est important pour moi de sentir que je progresse encore. Il faut que je reste dans un état d’esprit de jeu et d’apprentissage.»

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