Fabio Aru est un maillot jaune qui a du sang-froid

CyclismeIsolé, l’Italien a défendu sa casaque de leader. Landa et Quintana reviennent dans le match. L’étape à Barguil.

L’Italien Fabio Aru dégage une force tranquille qui ne laisse pas d’impressionner.

L’Italien Fabio Aru dégage une force tranquille qui ne laisse pas d’impressionner. Image: EPA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Tour a pris ses jambes à son cou. Blessé dans son orgueil et dans sa chair – il a chuté à cinq reprises depuis le départ –, Alberto Contador a joué la fille de l’air dans la montée de Latrape, premier des trois cols de 1re catégorie escaladés vendredi. Flanqué de Mikel Landa, coureur lambda (façon de parler) d’une équipe Sky désireuse de redistribuer les cartes et d’inverser les rôles, l’Espagnol a secoué le Tour. Sans le livrer à toutes les convulsions. Sans en bouleverser la hiérarchie. Isolé – Fuglsang, blessé et malade, a été contraint à l’abandon –, Fabio Aru s’est comporté en solide leader. A Foix, le maillot à pois Warren Barguil a offert à la France un succès de prestige après lequel elle courrait depuis 2005 et une victoire de David Moncoutié.

Cette 13e étape courte (101 km) mais dense a tenu en haleine. Mais, une fois encore, les acteurs majeurs de la Grande Boucle ont davantage mis à profit les descentes que les ascensions. L’exemple de Froome l’an passé à Bagnères-de-Luchon a fait école. L’Ariège est une terre de courage et Landa, sacré meilleur grimpeur du dernier Giro et pressenti chez Movistar l’an prochain, a opéré un rapprochement au classement général. De même que Quintana, 8e à 2’05’’. Vous l’avez compris, l’incertitude règne en maître sur le Tour. En cyclisme, contrairement à ce qu’affirmait Jean de La Fontaine, elle n’est pas le pire des maux.

Risque calculé?
N’était-ce pas dangereux de laisser autant de champ libre à Landa? Le risque était-il calculé? «Il était à 2’55’’. Il a donc profité de la marge de manœuvre qui était la sienne», expliquait Aru avec la force tranquille qu’il dégage sur le vélo. «Je me suis concentré sur mes principaux rivaux. Je ne pouvais pas courir après tout le monde. Dans cette journée pleine d’émotions, j’ai su garder mon calme.» Un sang-froid qui ne laisse pas d’impressionner. Aru s’apparente un peu à un trait jaune dessiné dans le ciel azur de la Sky.

«On a joué un bon coup, assurait Froome, en regain de forme. Landa s’est replacé au général. On répétera l’opération tactique dans les jours à venir.» Reste que Landa n’a pas besoin qu’on lui offre la possibilité de s’émanciper. Il n’a pas les traits d’un Richie Porte ou d’un Wout Poels. Il sait qu’un coureur a – parfois – les pouvoirs qu’il s’arroge. «Comment Sky va gérer la situation? Je verrai en temps voulu», enchaîne Aru. Qui passe comme chat sur braise sur les questions brûlantes ou s’en amuse. «Comment ai-je vécu ma première nuit en jaune? Pas comme vous l’imaginez. Je n’ai pas posé le maillot sur le dossier de ma chaise ou à côté de la lampe de chevet. Je l’ai laissé dans le bus de l’équipe. Le staff voulait faire des photos! Et moi, j’ai dormi dix heures, sans problème.» La victoire sur le Tour est aussi une affaire de sommeil.

Calculs d’apothicaire
Romain Bardet regrettait, selon sa propre expression, les calculs d’apothicaire auxquels se sont livrés les principaux protagonistes de l’épreuve. «Il y a eu un gros marquage entre les favoris. A l’instar de Landa, des coureurs sont revenus dans le match. Les écarts se sont resserrés. C’est dommage. J’espère qu’on ne va pas s’en mordre les doigts.» D’autant que le Tour ou plutôt l’UCI a opéré une séance de rétropédalage. Certaines équipes s’étant trouvées, en raison de conditions de course particulières, dans l’incapacité de ravitailler avant l’arrivée à Peyragudes jeudi, le jury des commissaires a décidé d’annuler la pénalité de 20’’ infligée à Rigoberto Uran. Tout simplement. Le bénéfice pour le Colombien s’accompagne d’une perte de crédit pour l’organe faîtier du cyclisme.

Créé: 14.07.2017, 21h47

Le chiffres du jour

342



Soit le nombre de jours de course passés par Sylvain Chavanel (38 ans) sur le Tour de France, son 17e. Le Français se hisse ainsi sur le podium des coureurs les plus expérimentés de la Grande Boucle derrière Joop Zoetemelk (363) et George Hincapie (354).

Articles en relation

Le Mur de Péguère cristallise les craintes

Tour de France En 2012, des clous avaient été jetés sur les pentes de ce col. Le Tour y revient en ce 14 juillet, Fête nationale française et premier anniversaire des attentats de Nice. Plus...

Victoire française pour le 14 juillet

Cyclisme Warren Barguil a remporté vendredi la 13e étape du Tour de France entre St-Girons et Foix. Fabio Aru reste en jaune. Plus...

«Fabio Aru va mettre le feu au Tour»

Cyclisme Le Tour est parti sur les chapeaux de roues. Quels enseignements en tirer? Le Moudonnois Daniel Atienza analyse Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 23 janvier 2020
(Image: Bénédicte) Plus...