Fabio Celestini: «J'ai connu des hauts et j'en suis fier»

FootballLe technicien vaudois a pris les rênes du FC Lucerne avec succès. Toute la question est de savoir combien de temps il va surfer sur la vague.

Jusqu'où Fabio Celestini emmènera-t-il le FC Lucerne?

Jusqu'où Fabio Celestini emmènera-t-il le FC Lucerne? Image: Keystone

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Fabio Celestini a débuté sa troisième expérience d'entraîneur en Suisse comme il avait commencé les deux premières: avec succès. Une victoire 2-3 à Zurich, une autre encore bien plus impressionnante et surprenante contre Young Boys (2-0), et le terne FC Lucerne du premier tour ne fait déjà plus partie des équipes à abattre en Super League. Comme au Lausanne-Sport, comme à Lugano, les débuts sur le banc de la Swissporarena de l'ancien international ont tout du conte de fées. La suite des deux premières histoires? Une apothéose, puis une fin abrupte. Il en parle mieux que nous. Interview.

Fabio, vous répétez qu'entraîner en Suisse allemande est une bonne opportunité pour vous. Pourquoi?

Parce que j'ai le sentiment que tant Lucerne que moi avons beaucoup à gagner de cette collaboration. J'arrive avec mes idées latines dans un univers suisse-allemand qui me plaît, avec qui je partage bon nombre de caractéristiques. Ce mélange peut donner quelque chose d'intéressant.

Vous pensez à quoi?

La hiérarchie, l'organisation, ce sont des valeurs auxquelles j'accorde énormément d'importance. Le FC Lucerne est un grand club, géré par des personnes compétentes. J'ai très vite pu m'en apercevoir.

En Suisse romande, Lucerne n'a pas exactement l'image d'un club sexy et reluisant.

C'est un avis que je ne partage pas. Vraiment pas. Je ne sais pas tout ce qui se dit partout, mais à l'instant où j'ai posé les pieds ici, je me suis rendu compte que je n'étais pas n'importe où.

Vous semblez vous y être vite adapté...

Nos deux victoires? C'est vrai qu'on ne misait pas forcément sur un début de tour à six points. Pas en jouant Zurich et Young Boys. Au premier match, on s'est surtout appuyés sur notre bonne première mi-temps. Mais c'est vrai, j'ai senti les joueurs très impliqués et solidaires. Ces deux succès, ils sont allés les chercher. Même s'il ne faut pas croire que l'équipe était éteinte avant mon arrivée.

Ce début de tour symbolise assez bien votre parcours d'entraîneur en Suisse, non? D'abord, tout se passe parfaitement, et puis, sur la fin, cela se complique.

Mais c'est ainsi pour tous les entraîneurs du monde! Si les 95% d'entre eux n'arrivent pas à la fin de leur contrat, c'est que les choses finissent presque toujours par tourner dans le mauvais sens, à un moment ou à un autre. Sauf que certains n'ont jamais connu de hauts. Pour ma part, je peux dire que j'en ai vécus, autant à Lausanne qu'à Lugano.

Une promotion en Super League et une qualification pour l'Europa League.

Je crois qu'on peut même parler de très hauts, à notre échelle. À Lausanne, avec Alain Joseph, on a redonné une identité au LS, parcouru plus de trois années mémorables. À Lugano, j'ai aussi vécu des choses extraordinaires. À mon départ, on s'est tombés dans les bras avec les gens du club, parce qu'on a tant traversé ensemble. Ce sont des expériences que je garderai gravées pour toujours, et dont je suis fier.

On insiste un peu mais, chez vous, ces phases de hauts et ces bas semblent particulièrement marquées.

Parce qu'elles font partie de la vie de quasiment tous les clubs suisses. Jusqu'à présent, j'ai coaché Lausanne et Lugano, pas Bâle et Young Boys. Mis à part ces deux-là, quelle équipe ne connaît pas cette alternance de périodes fastes et de moments délicats? Aucune.

Avec Lucerne, il y a moyen de frapper un nouveau gros coup?

Bien sûr, comme probablement partout en Suisse. Mais pour rester réaliste, c'est plutôt quelque chose qui s'envisagerait la saison prochaine, même si le temps n'est pas encore venu d'y penser. L'idée pour ces quatre prochains mois est de se sauver sans trop souffrir. On se rend bien compte que si un effondrement ne se produit pas devant, ce sera compliqué de revenir.

Pour fêter vos retrouvailles avec Francesco Margiotta, il a réalisé un match étincelant contre Zurich, alors qu'on connaît son caractère instable. On peut dire que vous êtes le coach qui murmure à l'oreille de Margiotta?

La seule personne qui murmure à l'oreille de Francesco Margiotta, c'est Francesco Margiotta. C'est un joueur qui fait tout tout seul, il possède toutes les clés. À Lausanne, j'ai vécu deux périodes de six mois où il était notre fer de lance offensif et à la fois l'homme qui mettait le plus de pression à l'adversaire. À tel point qu'on montrait des vidéos de lui comme exemple aux jeunes du Team Vaud.

Et une période nettement plus compliquée, aussi.

Oui, parce qu'il ne pensait plus au terrain. Il y avait eu ces histoires de transfert à la Juventus, sa volonté de retourner en Italie. Si bien qu'il a aussi fallu lui rappeler que, quelques mois plus tôt, on était venus le chercher en Serie C.

On a donc retrouvé le formidable attaquant qu'il peut être?

Seul lui le décide. S'il a choisi de se mettre au service de ses coéquipiers et de rester humble, alors oui. Pour vous dire, contre Zurich, il n'a pas seulement marqué et offert une passe décisive. Il a aussi couru 12 kilomètres!

Florian Vaney

Créé: 07.02.2020, 17h01

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