La famille Smith a crié, tremblé et pleuré de joie

SkicrossReportage au coeur du clan de Fanny Smith, médaillée de bronze aux JO de PyeongChang vendredi.

La famille Smith heureuse après la médaille de Fanny.

La famille Smith heureuse après la médaille de Fanny. Image: Jérôme Reynard

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Les larmes de joie ont remplacé les pleurs de tristesse. Dans l’aire d’arrivée, où Fanny Smith endosse un drapeau suisse au moment de célébrer sa médaille de bronze les bras levés vers le ciel. Et en tribune, où la famille de la Vaudoise exulte au grand complet. Que la désillusion de Sotchi semble d’un coup lointaine. Que la délivrance est belle, quatre ans après une terrible élimination en demi-finale. «On l’a enfin, cette médaille, lâche Fiona, la maman. Ma fille la mérite. Je suis si fière!»

«Un thriller»

On ramène Christophe, le papa, une décennie plus tôt. «On était dans une télécabine. J’avais prévenu Fanny de l’arrivée du skicross aux Jeux de Vancouver. Et il a fallu attendre trois JO pour vivre ce qu’on est en train de vivre. Mais c’est une sacrée récompense! On aurait préféré l’or, c’est clair. Reste qu’après la Russie, celle-là, on la prend!» D’autant que la matinée de vendredi n’a de loin pas été de tout repos pour les Smith. Sur la piste comme dans les gradins du Phoenix Snow Park de PyeongChang.

Avant les embrassades et la photo de famille d’après course, il y a eu du stress. Beaucoup de stress. A une heure des manches finales, notre téléphone vibre. «Super tendu. Ça va être un thriller!» L’image utilisée par Christophe Smith est plutôt parlante. «Cette discipline est tellement imprévisible! Tout doit marcher. Et il faut que la tête tienne le coup», poursuit-il lorsqu’on le retrouve en tribune. Pour la première fois aux Jeux olympiques, le grand frère de Fanny, Tibo, a fait le déplacement en compagnie de la benjamine de la fratrie, Lou, et de ses parents.

Système D

Les amis de la skieuse villardoue sont là. Le conseiller d’Etat Philippe Leuba aussi. Une banderole affichant un «Go Fanny Go!!!» est installée sur les rangées d’en-dessous. Les survêtements et bonnets à la gloire de la championne du monde 2013 sont de sortie. On interroge Tibo. Comment a-t-il bien pu franchir le contrôle de sécurité avec son drapeau suisse accroché à un immense mât. «C’est simple, j’ai «taupé» un piquet une fois à l’intérieur.»” Le système D est de mise. Pareil quand il s’agit de faire monter le désormais mythique Ernest Gigon, dit le Jurassien qui dort dehors, en possession d’un billet debout seulement. Avant le début des hostilités, le papa se retourne et interpelle une spectatrice. «Je vous avertis, je risque de grimper sur mon siège.»

Pas manqué. Huitièmes, quarts, demies. Christophe se lève. Une pile électrique. Il parle à tout le monde, dans tous les sens. Sans doute un moyen d’évacuer la pression. Un bénévole demande au clan Smith de s’asseoir. La requête n’est pas du goût de la maman, hystérique. On tremble mais ça passe pour Fanny. «Tout se joue à la glisse, sur cette piste, explique le père de famille. Elle préfère quand il y a davantage de mouvements. C’est une hyperactive. J’espère que son fart est le bon.» Le moment de la finale approche. La skieuse vaudoise a trois chances sur quatre de décrocher une médaille. Mais, à côté d’elle, il y a la Suédoise Sandra Naeslund, grande dominatrice de la saison, et deux redoutables Canadiennes.

Paralysés d’un coup

Lou, cloche autour du cou, et Tibo, corne de bouc dans la bouche, se serrent dans les bras. «Je n’ai plus de voix», lance le frère aîné. Il faut dire que la troupe villardoue n’a pas arrêté de crier de toute la matinée. «Allez Fannyyyyyyyy», «Hopp Suiiiiiiiiiiiisse»! Tout à coup, Christophe ne bouge plus. Lui et sa femme, les doigts croisés, semblent comme paralysés. La tension est à son comble. Leur fille est en course pour l’or. Une faute à mi-tracé et un frisson parcourt les gradins. Le titre olympique s’envole mais Fanny Smith ne lâche rien. Au coude-à-coude avec Sandra Naeslund, elle va chercher le bronze avec ses tripes. Les larmes envahissent les yeux de son papa. L’entourage est en liesse, «prêt à faire la fête toute la nuit.»

Créé: 23.02.2018, 13h41

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