Fanny Smith: «C'est un accomplissement»

SkicrossQuatre ans après sa désillusion de Sotchi, la Vaudoise (25 ans) a décroché le bronze, vendredi à PyeongChang. Interview.

Fanny Smith, une jeune femme comblée.

Fanny Smith, une jeune femme comblée. Image: Keystone

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Fanny Smith, on a envie de dire enfin, non?
Oh oui! Mes troisièmes Jeux olympiques auront été les bons! J'ai réussi à me relâcher, j'ai vraiment dû me battre, alors cette médaille de bronze signifie beaucoup pour moi.

Quelles sont vos émotions?
Il y a un peu de tout. Énormément de joie. Toute ma famille est là, à part ma grand-maman, qui a dû éteindre sa télévision au moment de mon départ tellement elle a peur pour moi. D'ailleurs, c'est à elle que je dédie cette médaille. Mammy Betty, c'est une femme formidable, très forte, et (ndlr: elle pleure)... Et voilà...

Durant les quatre ans qui ont suivi votre désillusion des JO de Sotchi (élimination en demi-finale), qu'est-ce qui a été déterminant?
Ça a été très difficile de repartir, mentalement, après cet échec. J'ai ramé. Ensuite, mon entourage (ndlr: elle pleure à nouveau)... Pourquoi suis-je venue à parler de ma famille? Fallait pas (ndlr: elle sourit)... J'ai effectué beaucoup de changements, parce que j'en ressentais le besoin. Les gens autour de moi ont toujours cru en moi, ils m'ont encouragée dans mes choix. C'est grâce à eux si j'ai été capable de revenir au top.

Avez-vous pensé à Sotchi, aujourd'hui?
Jamais. Et c'est une grande réussite. Je suis restée sereine.

Cette médaille de bronze signifie-t-elle que vous pouvez désormais faire la paix avec les Jeux?
C'est un accomplissement. Dans ma vie d'athlète, dans ma vie personnelle, dans ma vie olympique. C'est un objectif, un rêve aussi, qui s'est réalisé.

Parvenez-vous à vous projeter dans le futur? Maintenant que vous avez obtenu le bronze, viserez-vous l'or à Pékin en 2022?
Il y a toujours mieux à faire. D'autant que je n'ai pas fait une course parfaite. Je suis très exigeante envers moi-même. Cette troisième place me comble, mais, derrière, ça continue.

Votre petite faute au milieu de la finale vous-a-t-elle fait craindre de terminer quatrième?
Elle m'a coûté beaucoup de vitesse, en tout cas. Je visais l'or, j'ai fait une erreur, ça arrive, mais j'ai dû revoir mes objectifs, ma tactique. C'est comme s'il y avait eu deux courses en une, en fait. Mais je me suis dit: «Allez Fanny, maintenant tu dois te bouger les fesses!» On m'a souvent reproché d'être trop gentille sur la piste. Là, quand j'ai fait cette faute, je n'ai pas baissé les bras. Au contraire, je me suis battue dur comme fer pour conserver ma troisième place. De toute manière, les autres ne se gênent pas pour jouer des coudes.

Derrière les deux Canadiennes, en or et en argent, vous étiez de surcroît à la lutte pour le bronze avec la Suédoise Sandra Naeslund, grande dominatrice de la saison. Vous l'avez du reste affrontée en quart, en demi et en finale, aujourd'hui...
Oui, mais c'est motivant. Et puis, on est tous des humains et elle avait la même pression que moi. J'avais aussi la conviction que je pouvais la battre, puisque je l'avais déjà fait auparavant.

Créé: 23.02.2018, 05h22

Une revanche sur tous les plans

La désillusion de 2014? Aux oubliettes. Médaillée de bronze, vendredi à PyeongChang, Fanny Smith a définitivement mis un trait sur sa terrible élimination en demi-finale à Sotchi. Prenant sa revanche sur les Jeux tout en signant une victoire sur elle-même. «Mes troisièmes JO auront été les bons! C’est un objectif, un rêve qui se réalise. Ce bronze signifie beaucoup pour moi. Ça avait été très difficile de repartir pour un cycle de quatre ans après mon échec en Russie. J’ai ramé. J’ai effectué des changements parce que j’en ressentais le besoin. Et je ne serais pas parvenue à revenir au top sans le soutien inconditionnel de mon entourage, lâche la Vaudoise de 25 ans avant de fondre en larmes. Toute ma famille est là... Sauf ma grand-maman, qui a sans doute dû éteindre sa télévision quand je me suis élancée tellement elle a peur. C’est d’ailleurs à «Mammy Betty» que je dédie cette médaille. C’est une femme formidable, si forte!»

Forte. Il faut l’être, pour rebondir dans le sport et en particulier en skicross, cette discipline qui ne pardonne rien. Fanny Smith l’a d’ailleurs été, vendredi. D’abord pour chasser les mauvaises pensées. «A aucun moment j’ai songé à Sotchi. J’étais sereine, relâchée, et c’était déjà une réussite en soi», livre la championne du monde 2013. Puis en accrochant les deux places qualificatives pour le tour suivant en quarts et en demi-finales. Deux séries qu’elle a partagé avec Sandra Naeslund, grande dominatrice de la saison (6 succès en 8 étapes).

Et enfin en résistant à la même Suédoise dans la lutte pour la médaille de bronze, derrière les Canadiennes Kelsey Serwa et Brittany Phelan en finale. «J’ai fait une erreur à mi-parcours qui m’a coûté de la vitesse et donc l’or olympique. A partir de là, j’ai dû revoir mon objectif et mes plans. C’était comme si une deuxième course commençait. Je me suis dit: «Allez Fanny, maintenant tu te bouges les fesses!» On m’a suffisamment reproché d’être trop gentille au cours de ma carrière. Et puis, je savais que j’étais capable de prendre le meilleur sur Sandra (ndlr: elle l’avait fait à Montafon, mi-décembre). Alors je n’ai pas baissé les bras. Au contraire, je me suis battue dur comme fer pour aller chercher la troisième place. Quitte à devoir jouer des coudes. De toute manière, les autres filles ne se gênent pas pour le faire.»

La Villardoue en avait encore fait l’amère expérience à Nakiska il y a un mois. Cette fois, elle a tenu le choc. «C’est un accomplissement dans ma vie d’athlète, dans ma vie olympique et dans ma vie personnelle.» Une revanche sur tous les plans.

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