«Personne n'aurait parié sur moi, je le sais bien»

Football vaudoisManuel Gonzalez a quitté Lausanne il y a cinq ans pour devenir responsable des ventes chez Constantin SA, la société du président du FC Sion. Rencontre avec un homme à nouveau heureux.

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Comme d’habitude, Manu Gonzalez court dans tous les sens à l’hôtel de la Porte d’Octodure, son lieu de travail. «C’est un hyperactif ce gars-là, il faut le canaliser», sourit Christian Constantin en posant un regard attendri sur lui. Le président du FC Sion a tendu la main au Lausannois un jour où rien n’allait, il y a un peu plus de cinq ans. «J’étais au fond du bac dans ma vie privée. Il m’a sauvé», avoue sans honte Manuel Gonzalez, qui a fait un peu les choses à l’envers il y a quelques années. «Oui, c’est vrai, j’étais un peu perdu. Mais j’ai toujours été un bon gars», glisse-t-il un peu plus doucement devant un café qu’il ne boira finalement pas, ayant été interrompu par deux téléphones et trois SMS.

Manu Gonzalez, tout le monde le connaît dans le football lausannois. «Hey, c’est que j’en ai fait, des promotions!» Avec Chile, de 4e en 2e ligue. Avec Azzurri, de 3e en 2e. Et avec Espagnol, de 3e en 2e aussi. «Je suis aussi allé à Dardania et à La Sarraz-Eclépens. Bon, j’ai été relégué avec Renens, c’est vrai, il faut le dire», admet-il. Et puis, il y a cette expérience à Chavannes-le-Chêne, où il était leader du championnat en 3e ligue avant de disparaître. «Je sais qu’ils ont une mauvaise image de moi là-bas, mais j’aimerais leur dire que je suis aussi déçu qu’eux, je les aimais bien, mais il y a eu les problèmes.» Les problèmes, donc, puis la renaissance en Valais. Grâce à «monsieur Constantin».

Christian Constantin: «Manu, c'est un avion de chasse!»

Reste une question centrale: comment donc le président du FC Sion s’est-il entiché d’un homme certes sympathique et avenant, mais avec lequel il n’avait aucune affinité avant de le rencontrer? La réponse vient de Christian Constantin lui-même: «Ce n’est pas pour le foot que j’ai recruté Manu. En fait, j’avais besoin de quelqu’un dans la vente. Et il apparaît qu’il est très fort dans ce domaine. Après, vu qu’il aime le foot, je lui ai trouvé une ou deux occupations. Mais c’est pour le boulot qu’il est là.» En clair? Normalement, «CC» n’aime pas donner de chiffres. Pour parler de Manu Gonzalez, il retrouve la mémoire. «L’an passé, il m’a vendu 90 appartements. Ca fait presque deux par semaine. A une moyenne de 750'000 francs, je vous laisse compter. Manu, c’est un avion de chasse pour la vente. Il faut être derrière lui constamment, le cadrer, mais il est efficace. La vente, tu l’as ou pas dans le sang, c’est comme un avant-centre. Si tu sais marquer des buts, tu peux jouer devant. Ca s’apprend pas. La vente, c’est ça.»

Manu Gonzalez a donc «ça». Et en plus il voue une dévotion sans faille à son patron. «Je le dis sans honte: je travaille pour quelqu’un que j’idôlatre. Ca aide à tout faire passer.» Genre les coups de téléphone au milieu de la nuit? «Ah ça, c’est pas un mythe. Travailler pour monsieur Constantin, c’est travailler pour quelqu’un de très exigeant, mais qui sait te récompenser. C’est pas du 8h-17h et congé samedi-dimanche! On fait des compétitions entre nous, à savoir qui vendra le plus. Il a gagné en 2018, il m’a dit que j’étais relégué, il s’est moqué de moi. Mais en 2019, je vais me venger, je vais gagner!».

«Je sais comment parler à un groupe»

Et à côté du boulot, de cette fonction de responsable des ventes de Constantin SA, Manu Gonzalez s’occupe un peu de football. «Enfin plus trop ces temps. Mais j’ai envie de recommencer.» Depuis son arrivée il y a cinq ans et demi à la Porte d’Octodure, il a été assistant de Joao Pinto en 1re ligue à Martigny et il a fait partie des staffs des M18 et des M21, mais aussi de… la première équipe! Quand Maurizio Jacobacci a été promu en Super League, il l’a en effet accompagné, restant avec Gabri également. «Bon, là, il a un pris un peu le courgeon», sourit Christian Constantin. Le boss le sait, les joueurs aiment bien «Manu», mais il le sent plus à l’aise avec les jeunes. «Il est bon dans le relationnel, il faut qu’il s’occupe des gamins. Il sait leur parler, les motiver. Dans ce domaine-là, il est bon», explique le président du FC Sion. «Je sais que je ne suis pas le plus grand technicien ou tacticien du football suisse, mais je sais comment parler à un groupe», approuve le principal intéressé, qui avoue très clairement que le canton de Vaud ne lui manque pas.

«Non, ça c’est clair. A Lausanne, les gens parlent trop, ils se réjouissent de ton malheur et attendent que tu te plantes. Ils te jugent beaucoup. En Valais, j’ai trouvé des gens sincères, des amis. Je ne veux plus partir. Je vous le dis, les Vaudois ont beaucoup à apprendre des Valaisans. J’aime revenir dans le canton de Vaud de temps en temps, mais ma vie elle est ici. Je ne quitterai plus jamais le Valais. Enfin j’espère!», dit-il aujourd’hui, fier de sa nouvelle situation. «Je sais ce que les gens pensent. Ils n’auraient jamais parié sur moi. Mais aujourd’hui, mon bureau est à côté de celui de monsieur Constantin. Alors je laisse parler. Et puis ils ont raison au fond. Qui aurait misé sur moi il y a six ans? Monsieur Constantin m’a redonné une situation, il sait qu’il peut compter sur moi jour et nuit. Il a fait des choses pour moi que personne n’a faites, notamment quand ma femme est partie il y a quelques années.»

«Dites-du bien de moi dans l'article, s'il vous plaît!»

L’architecte de Martigny le sait, il peut compter sur un collaborateur dévoué et il ne regrette pas de lui avoir tendu la main. Alors qu’il s’apprêtait à nous parler encore de son responsable des ventes, «CC» reçoit un SMS. Il sourit. Et nous le montre. «Monsieur Constantin, dites-du bien de moi dans l’article, s’il vous plaît, c’est pour les gens dans le canton de Vaud, c’est important!». Signé Manu Gonzalez, évidemment. Eternel inquiet, grand hyperactif, fou de football. Mais surtout un homme qui a eu une deuxième chance. Et qui a su la saisir.

Créé: 05.03.2019, 13h00

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