Bavois, l'âme en moins

FootballLe Stade Nyonnais a fait sombrer Bavois samedi aux Peupliers (2-5)

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Les derbys entre Bavois et le Stade Nyonnais avaient ceci de particulier et d'intrigant que, à chaque fois qu'ils se jouaient aux Peupliers, les Nord-Vaudois trouvaient toujours un moyen de s'en sortir. Un terrain aux airs de champ de bataille, un but venu d'ailleurs, un coup de pouce du destin: les Bavoisans ont toujours su faire mentir leur statut de «petit» pour se jouer du favori nyonnais. Et ce, surtout, grâce à une débauche d’énergie infinie et à un état d'esprit irréprochable qui leur permettaient de faire oublier presque n'importe quelle lacune. C'est simple, les Jaune et Noir s'étaient rendus trois fois sur le terrain du FCB en match officiel pour autant de défaites. À chaque fois un frustrant, mais pas illogique, 1-0.

Cette faculté de tendre un piège chez lui aux grosses écuries, Bavois en a même fait sa marque de fabrique. Sauf que samedi (défaite 2-5), à l'heure d'accueillir son rival de La Côte, les hommes de Bekim Uka ont négligé à peu près tous les ingrédients nécessaires à la recette de ses exploits, qui étaient presque devenus communs à force. Le sérieux, la discipline, l'envie... Et on doit avouer que, dans le contexte actuel, cela a quelque chose d'un peu inquiétant.

Parce que Bavois, désormais 13e, souffre depuis la reprise. Il y a eu ce début de championnat compliqué, ces deux victoires successives face à Carouge et Münsingen puis, à nouveau, une phase délicate qui dure depuis six matches (trois points engrangés). Et habituellement, c'est lorsqu'il se trouve dos au mur que le FCB est le plus fort. En ce sens, le derby de samedi était censé, à défaut de lancer sa saison, au moins permettre à l'équipe de souffler un peu au classement.

Jean-Michel Viquerat, le président, et Bekim Uka, l'entraîneur, le répètent à outrance depuis cet été: cette saison sera plus compliquée que les précédentes et penser que Bavois fera encore mieux que sa 8e place de l'an dernier serait une erreur. On veut bien. Mais dans ce cas-là, les Bavoisans n'ont pas le droit de se laisser marcher dessus ainsi sur leur terrain. Encore moins après avoir mené deux fois au score.

Il faut aussi voir derrière cette contre-performance le peu de solutions sur lesquelles Bekim Uka a la possibilité de rebondir. Andelko Savic a traversé le match comme un fantôme? On le pense, mais il était le seul centre-avant qualifié samedi. Les options pour animer les côtés manquent et la rengaine et à peu près la même à mi-terrain. Les absences et les blessures n'ont jamais fait le bonheur de personne, et ce constat est encore plus véridique aux Peupliers, où les alternatives sont un bien limité.

Ceci dit, il faut rendre sa part de mérite au Stade Nyonnais. Si les Stadistes n'avaient encore jamais réussi à rentrer du Nord vaudois avec les trois points, c'est aussi qu'ils arrivaient souvent un peu trop confiants dans l'antre bavoisanne. Un défaut qu'il est absolument impossible de leur reprocher sur ce match. Le 1-0 de la 2e minute? Une erreur de jeunesse plus qu'un excès de zèle. L'ADN de la première équipe a changé durant l'intersaison et c'est aussi sur ce genre de rencontre qu'on s'aperçoit du renouveau jaune et noir. Idriz Bega, Mergim Qarri et tous les Nyonnais ont disputé cette partie comme n'importe quelle autre, sans arrière-pensée, en cherchant simplement à montrer ce qu'ils savent faire. Et la seconde période s'est transformée en un festival tout à fait mérité. Quand le Stade joue ainsi, c'est beau à voir. Et il convient de s'incliner devant Ricardo Dionisio pour ce qu'il est en train de réussir à la tête de ce groupe. Des jeunes joueurs formés au club, du spectacle: cette équipe porte haut les couleurs de sa ville.

Bavois - Stade Nyonnais 2-5 (2-2) Terrain des Peupliers, 160 spectateurs. Arbitre: Anojen Kanagasingam. Buts: 2e Zali 1-0; 6e Bega 1-1; 23e Alvarez 2-1; 39e Nsiala 2-2; 48e Qarri 2-3; 69e Da Silva 2-4; 85e Gomes 2-5. Bavois: Enrico; Kurtic, Zali, Bühler, Dangubic (66e Ndebele); Beynié, Boillat (72e Bovay); Begzadic; Alvarez, Savic (74e Djalo), Gauthier. Entraîneur: Bekim Uka. Stade Nyonnais: Brenet; Londono, Kadima, Baron, Rugovaj; Da Silva (74e Gomes), Guyon, Stevanovic (66e Bamba), Qarri; Nsiala (66e Vieira), Bega (86e Hysenaj). Entraîneur: Ricardo Dionisio. Avertissements: Boillat (jeu dur, 38e ), Kadima (jeu dur, 51e ), Beynié (63e , jeu dur), Bovay (81e, jeu dur).

Créé: 07.10.2019, 10h43

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