Chronique d’un samedi agité entre Yverdon et Stade-Lausanne

Football vaudoisLes deux meilleurs clubs de Promotion League ont fait match nul, 1-1, devant 1074 personnes à Yverdon. Avec une banderole et quelques discussions en coulisses.

Yanis Lahiouel et Allan Eleouet, les deux buteurs de samedi, au duel. Il y a eu du spectacle, mais aucun vainqueur.

Yanis Lahiouel et Allan Eleouet, les deux buteurs de samedi, au duel. Il y a eu du spectacle, mais aucun vainqueur. Image: Florian Cella

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Toute la «Section Lac» est terrifiée, en voyant Roland Ndongo lancer Quentin Gaillard en profondeur à la 93e du choc entre Yverdon Sport (2e) et le FC Stade-Lausanne-Ouchy (1er) samedi en Promotion League. Alors qu’ils ont chambré les Stadistes tout le match, les ultras yverdonnois ne peuvent pas s’imaginer le SLO venir finalement s’imposer sur leur pelouse et être officiellement sacrés champion. L’affront serait énorme, d’autant qu’YS s’est créé les meilleures occasions de la deuxième période. Les Nord-Vaudois ont bien failli inscrire le 2-1 à plusieurs reprises, mais voilà donc Quentin Gaillard seul face à Kevin Martin. Le gardien yverdonnois remporte son duel de manière très autoritaire, l’arbitre siffle la fin du match, les fans d’YS sont soulagés: le SLO n’est pas encore assuré mathématiquement de la première place. «Ils pourront fêter le titre plus tard. Mais pas ici», glisse, tout content, l’un de membres de cette «Section Lac» qui fait de plus en plus parler d’elle.

Une banderole polémique

Varujan Symonov avait des choses à dire à leur sujet, d’ailleurs. «Vous avez vu leur banderole? La semaine dernière à Colovray, je l’avais fait enlever», grince le directeur général du Stade Nyonnais, en visite à ce match. La banderole en question, «Vartan le skizo» (sic!), fait allusion au président nyonnais Vartan Sirmakes, venu apporter son soutien au SLO cet hiver. Les ultras d'YS n’aiment pas ce «mélange des genres» et l’ont fait savoir au moyen d’un message en (très) grand, apposé dans la tribune d’en face, fermée au public. Impossible de la rater. «C’est insultant pour M. Sirmakes, même s’il n’était pas présent aujourd’hui. Cela ne change rien. C’est un manque de respect qu’elle soit restée tout le match», grince Varujan Symonov. À quelques pas de là, le directeur sportif d’YS Serge Duperret dédramatise. «Il y a plus grave, non? Cette tribune est fermée, ce n’est pas nous, les dirigeants, qui leur avons donné l’accès. Les fans s’expriment, c’est leur liberté.» Les membres de la «Section Lac» calment le jeu: «C’est du chambrage, c’est tout. De l’humour. On n’a pas vraiment l’habitude de cette culture dans le canton de Vaud et on sait qu’on détonne un peu, mais ce n’est pas grave.»

Comme le match nul du SLO à Yverdon ne l’est pas pour ce qui est de son accession. «On aurait voulu gagner ici, mais on a treize points d’avance à cinq matches de la fin. La situation pourrait difficilement être plus agréable», calculait Quentin Rushenguziminega, une fois changé, bien après le match. Varujan Symonov, lui, «engueulait» très gentiment Quentin Gaillard pour son occasion ratée de la 93e. «C’est Roland Ndongo qui t’a lancé en profondeur, donc ça aurait été un but 100% nyonnais! On aurait pu dire que Nyon a tiré le SLO vers le haut», se marrait le directeur général, en référence au passé à Colovray des deux joueurs. Qui sont cependant tous deux arrivés à Vidy bien avant l’aide apportée par Vartan Sirmakes cet hiver. «Je sais, mais le symbole aurait été joli, non?» continue Varujan Symonov.

Un déménagement qui fâche

Si le SLO va monter sportivement d’ici aux prochains jours, son staff et ses joueurs attendent impatiemment le verdict en première instance (29 avril) pour la licence de jeu nécessaire pour évoluer en Challenge League. Ces derniers jours, des «anciens» du club lausannois se sont d'ailleurs manifestés en coulisses pour dire leur mécontentement quant à un éventuel déménagement à Nyon pour jouer en deuxième division. L’option de jouer au stade Juan Antonio Samaranch étant définitivement écartée (pour une question de coûts), le SLO a deux solutions: la Pontaise et Colovray. La Ville de Lausanne privilégie la solution nyonnaise, ce qui ne manque pas d’étonner certains supporters plus ou moins influents du SLO, qui ont expliqué en privé leur intention de ne pas en rester là. Charles Berney, président d’honneur du SLO, était au match ce samedi et il a accepté de donner son avis sur cette problématique. «L’identité du SLO, c’est Sous-Gare, c’est clair. Mais du moment qu’on ne peut pas aller à Vidy, et il faut malheureusement s’y résoudre, il faut être pragmatique. Ces anciens dont vous me parlez sont bien sympathiques, mais il faut avoir la réalité à l’esprit. Et la réalité, c’est sans doute qu’on devra aller jouer une saison à Nyon et essayer de maintenir le SLO en Challenge League. Pendant cette année, il faudra tout faire pour revenir à Lausanne. Sans oublier que si le SLO a pu continuer cet hiver, c’est en grande partie grâce à M. Sirmakes et qu’il faut lui en être reconnaissant.»

Créé: 23.04.2019, 12h39

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