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FootballCoronavirus: le monde amateur à l'arrêt, entre crainte et incompréhension

En attendant les nouvelles directives de l'ASF, les équipes régionales prennent leur mal en patience. La plupart crie à l'exagération.

Jean-Luc Auboeuf

«Ce qui est en train de se passer, c'est qu'on interdit à nos enfants de pratiquer leur sport favori. Pire, on les incite à ne pas faire de sport.» Comme beaucoup, Didier Henriod fait partie des gens remontés à l'idée d'avoir dû observer un week-end blanc, sans que la moindre pelouse de Suisse n'abrite ne serait-ce qu'un seul match à se mettre sous la dent. Pour le coprésident du Lancy FC, cela revenait à annoncer la nouvelle à la trentaine d'équipes que compte le club de Marignac. «Tous n'ont pas compris, forcément. D'un côté, ils peuvent s'entraîner sans restriction. De l'autre, par contre, ils n'ont pas le droit de jouer. Avouez que c'est un peu confus comme situation.»

Confus, c'est le mot. Et dans ce contexte général des plus troubles, certains préfèrent ne prendre aucun risque. À l'image du FC Le Mont, qui a annoncé lundi après-midi suspendre la totalité de ses activités jusqu'à nouvel ordre. «On privilégie la sécurité. De toute façon, vous avez vu le temps? On n'est pas à un jour près. Et vu le niveau de certains, ce n'est pas un entraînement de plus ou de moins qui changera la face du leur carrière», se marre l'homme fort du club, Antonio Turiel.

«Plus sérieusement, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte qu'on ne maîtrise pas toujours, reprend le boss montain. Pour toutes les manifestations, même celles de moins de 1'000 personnes, on doit passer par l'État de Vaud dans l'optique d'évaluer les risques. Ça devient compliqué pour, au final, n'organiser qu'un seul match. Alors en attendant que la situation évolue, on a envoyé tout le monde à la maison.»

S'entraîner, oui. Mais aux risques et périls des équipes

L'Association suisse de football statuant lundi soir, en compagnie notamment de l'Offices fédéral du sport et de celui de la santé, de nouvelles recommandations pour les ligues régionales et interrégionales devraient être communiquées dans la journée de mardi. «Ce qui m'inquiète, c'est que l'ASF précise que les entraînements relèvent désormais de la responsabilité des clubs. Ça voudrait dire quoi, si d'aventure il devait se passer quelque chose que personne n'a envie d'imaginer?, questionne Phillipe Demarque, responsable juniors à Yverdon Sport et entraîneur du FC Champvent, en 2e ligue. On vient d'ailleurs de partir en camp à Malaga avec l'équipe. Juste avant la reprise: le timing était idéal. Sauf qu'en l'état, on va progressivement perdre les bénéfices apportés par cette semaine.»

Un réel manque à gagner

Pour ceux qui souhaiteraient braver la loi en cas de statu quo de l'ASF, la première difficulté consisterait à trouver un arbitre prêt, lui aussi, à se mettre en danger. Car les hommes en noir ont reçu le demande expresse, et ce dès vendredi, de ne pas entrer en fonction d'ici aux nouvelles directives.

«Ce qu'on en pense? Les avis sont partagés. Mais les opinions qui reviennent le plus sont sans doute celles qui font état d'une exagération, témoigne l'un d'entre eux. Le plus dommage, peut-être, c'est que certains arbitres profitent de cette période d'avant-reprise des championnats régionaux pour siffler un maximum de matches amicaux. C'est un bon entraînement et ça fait un peu d'argent de poche.»

Des conséquences financières mineures par rapport à celles qui pourraient toucher la Super League et la Challenge League, mais malgré tout bien réelles. «Il ne faut pas trop en faire: ces mesures ne vont pas nous mettre dans les chiffres rouges, souligne le Lancéen Didier Henriod. Malgré tout, on se doit de respecter nos dûs et de payer les joueurs de notre première équipe. Il n'est pas question de les mettre au chômage technique comme on a pu l'entendre au FC Sion, par exemple. Et cela pose un problème, sachant que l'argent qui sort des caisses doit bien y rentrer d'une façon ou d'une autre.» Par exemple via les bénéfices d'un repas de soutien, à défaut des recettes de la buvette et des billets de match vendus. Celui du Lancy FC est prévu le 20 mars et regroupera un demi-millier de convives. Enfin, s'il peut avoir lieu.

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